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Surrémunération : légalement, Paul Vergès a raison, politiquement, sa stratégie est ailleurs


Édito
Vendredi 3 Août 2012

C'est vrai. Paul Vergès a raison. La surrémunération est illégale. La Cour des comptes le répète souvent dans ses rapports. Celui de Doliget l'a également publié. La classe politique locale - presque - dans son ensemble, de nombreux syndicalistes et tous les fonctionnaires le savent, l'indexe de correction est appelé à terme à disparaître. Définitivement. Et rien ne pourra être épargné.


Surrémunération : légalement, Paul Vergès a raison, politiquement, sa stratégie est ailleurs
Paul Vergès est un homme politique subtil. Sans aucun doute le meilleur qu'est connu notre île. Alors qu'il est privé de "ses pouvoirs" et de toute tribune, il ressort un vieux serpent de mer : la surrémunération. Il est temps selon lui de mettre fin à "des injustices et d'appliquer l'unité républicaine et l'unité nationale". Sur ce principe, il a raison. Mais pourquoi seulement maintenant ?

Pourquoi a-t-il reculé en 1997 alors que 20.000 fonctionnaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur surrémunération ? Si l'argent issu de la baisse de l'indexe de correction doit juste servir à financer une nouvelle gouvernance, ce calcul est mauvais, et à terme, cela va se retourner contre Paul Vergès, lui-même. En effet, le patron du PCR demande une révision de l'indexe de correction au nom de l'unité républicaine et de l'unité nationale. Si l'on applique ces deux principes, il faut supprimer toutes les formes de surrémunération à La Réunion, et toutes les primes aux Antilles.

Et c'est faire preuve d'incohérence que de demander que la partie de la surrémunération qui sera supprimée, soit épargnée et ce afin de financer la nouvelle gouvernance. Si cette proposition est mise en application, non seulement, ce n'est pas la fin d'une injustice, mais la création d'une nouvelle (mode de financement d'une collectivité). Là où Paul Vergès et le PCR se trompent (faussement sans doute) : aucune loi n'oblige le gouvernement à reverser la surrémunération, et cela sous quelle forme que ce soit aux collectivités locales de La Réunion.

C'est ce qui a été appliqué lors de la suppression des congés bonifiés et de l'indexation des retraites des fonctionnaires réunionnais. Comment peut-il en être autrement pour la surrémunération ? Paul Vergès n'ignore pas cette réalité politique. Sûrement pas un homme de sa dimension. Alors pourquoi ces propositions tarabiscotées et saugrenues ? Pourquoi crée-t-il cette énième diversion ?

Comme à son habitude, la stratégie de communication du patron du PCR/Alliance doit suffisamment embrouiller les esprits, et amener la population à aboutir au projet que le patron du PCR a déjà en tête depuis un moment (Assemblée unique et fin de toutes les surrémunérations...). Un peu comme lors d'un congrès du PCR où les motions sont écrits à l'avance, mais que tout est fait pour faire croire aux militants, aux secrétaires et de section et à la presse, que le texte final n'est rien d'autres qu'un projet porté par la population.

Paul Vergès a tort d'user et d'abuser de ces grosses ficelles. Car, son positionnement en ce qui concerne la surrémunération est juste et opportune. Mais également très opportuniste (trouver un espace pour exister et faire avancer les propositions communistes publiées avant l'élection présidentielle et des Législatives). Ils sont nombreux, les élus à avoir une vision similaire sur l'évolution de la surrémunération à La Réunion. Mais à vouloir jouer à fond la forme, c'est le fond qui risque de ne pas prendre forme…




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