sak ifé nout jordu ék nout demin

Messe sans latin


Citoyen
Mercredi 20 Mai 2015

"Sans le latin la messe nous emmerde!" chantait Brassens après la décision du bon pape Jean XXIII de remplacer la langue véhiculaire de l'église catholique par les langues vernaculaires de tous les fidèles. Il avait peur sans doute que le patrimoine culturel de l'humanité se trouvasse amputé des "de profondis" et autres "morpionibus".


On dirait que le même souci unisse les jacobins de droite et de gauche face au projet de réforme des collèges. Ayant étudié le latin depuis la sixième et le grec depuis la cinquième, pour finir prof de céfran, je dois dire que la connaissance de ces langues mortes ne m'a pas été inutile dans l'enseignement du français, de sa grammaire et de son foutue orthographe dont la complexité vient du souci des philologues et autres académiciens de préserver les traces des langues d'origine et même d'en rajouter, parfois de façon erronée.

Je dois aussi dire que la connaissance du latin et du grec m'a souvent été utile pour comprendre beaucoup de langues européennes, qui en sont imprégnées. Mais j'aurais préféré apprendre des langues vivantes, l'italien et le grec moderne, pourquoi pas, mais aussi le portugais, l'espagnol, l'arabe, le chinois... langues très utilisées au niveau mondial.

Cela me semblait plus utile et cela me le semble encore plus aujourd'hui, dans ce monde globalisé où nous vivons. A l'opposé, il ne faut pas délaisser l'étude, je dis bien "l'étude" et non pas  "l'apprentissage" du créole. L'enfant créole sait parler créole bien sûr, mais il confond le français, l'anglais,  l'argot, le créole, il mélange les niveaux de langage, c'est cela qu'il faut l'aider à maîtriser.

 Les jacobins hurlent aussi contre l'autonomie décisionnelle élargie des établissements. C'est pourtant une bonne chose, la décision partagée et toujours plus efficace que le diktat, à condition que ce soit vraiment de la démocratie évidemment. Pourquoi pas un parent d'élève président du Conseil d'Administration? Pourquoi pas un professeur président du Conseil Pédagogique? Pourquoi seul l'enseignement supérieur a-t-il le droit d'élire ses chefs d'établissement ?


jean-pierre espéret



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