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​À Saint-Denis, la députée Anchya Bamana alerte sur la « double peine » vécue par Mayotte


Citoyen
Mercredi 18 Février 2026

Accueillie par Jean Jacques Morel, Jean Max Nativel tête de liste RN aux municipales dans le chef lieu et Jean Yves Morel, candidat du mouvement à St Paul en déplacement à Saint-Denis et à l’invitation du député Joseph Rivière, la députée de Mayotte, Anchya Bamana, a dressé un constat alarmant de la situation dans son île. Elle a évoqué une « double peine » que subiraient aujourd’hui les Mahorais : une pression migratoire jugée incontrôlée et des tensions croissantes avec La Réunion.


Une situation aggravée par l’immigration et le cyclone Chido

Selon la députée, Mayotte traverse une crise profonde. « Mayotte est une île qui souffre énormément », affirme-t-elle. Elle dénonce une immigration illégale massive qui « gangrène » le territoire et met à mal des infrastructures déjà fragiles.
La situation se serait encore détériorée après le passage du cyclone Chido. Malgré les débats et les lois votées à l’Assemblée nationale en 2025, elle estime que les réponses de l’État restent insuffisantes face à l’ampleur des défis.

Pour Anchya Bamana, si la question migratoire n’est pas traitée à la source, notamment par un renforcement des moyens de la Marine nationale en haute mer afin d’empêcher les arrivées clandestines, « on ne reconstruira pas Mayotte ».

Des infrastructures saturées et une crise de l’eau
La députée souligne l’incapacité du territoire à faire face à l’augmentation de la population. « Nous n’avons même pas d’eau pour vivre », déplore-t-elle, évoquant les coupures d’eau imposées pour gérer l’insuffisance de la ressource.
Dans ce contexte, l’arrivée continue de migrants aggraverait la pression sur les services publics, les établissements scolaires, les structures de santé et l’ensemble des équipements collectifs.

Un « amalgame » dénoncé à La Réunion

Au-delà des difficultés internes à Mayotte, Anchya Bamana évoque également les tensions ressenties à La Réunion. Elle dénonce un « amalgame » qui ferait porter aux Mahorais la responsabilité de troubles observés dans certaines communes réunionnaises.
« Le Mahorais n’a jamais foutu le bordel », insiste-t-elle, rappelant que de nombreuses familles mahoraises vivent depuis longtemps à La Réunion sans incident. Elle cite son propre parcours familial, ses demi-frères et sœurs ayant étudié à Saint-Denis sans difficulté particulière.
Selon elle, ces généralisations nuisent aux relations entre les deux îles françaises de l’océan Indien et créent un climat de méfiance injustifié.
Une nouvelle étape institutionnelle pour Mayotte
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Députée depuis juillet 2024, Anchya Bamana rappelle avoir porté ces préoccupations tout au long de l’année 2025 au Parlement, notamment après le cyclone Chido.
Elle met en avant le vote d’une loi transformant Mayotte en département-région, une évolution institutionnelle qu’elle considère essentielle. Son objectif : que Mayotte dispose pleinement de ses services déconcentrés de l’État et qu’elle soit administrativement distincte de La Réunion.
Elle affirme vouloir travailler « en très bonne intelligence » avec les élus réunionnais, tout en défendant une plus grande autonomie administrative pour son territoire.

Une coopération déjà engagée entre les deux îles

L’élue rappelle également son expérience d’ancienne maire et son action dans la structuration des services sociaux à Mayotte. Elle cite notamment la mise en place des CCAS (Centres communaux d’action sociale) en 2016, une avancée récente à l’échelle du territoire.
Elle souligne la coopération existante avec La Réunion, notamment la formation de cadres mahorais à Saint-Pierre dans le cadre d’une convention signée avec l’ancien maire Michel Fontaine.

En résumé, le déplacement d’Anchya Bamana à Saint-Denis a été l’occasion d’un message clair : alerter sur l’urgence de la situation à Mayotte, réclamer des moyens renforcés face à l’immigration illégale, défendre la reconstruction du territoire après le cyclone et apaiser les tensions avec La Réunion en dénonçant les amalgames visant les Mahorais.

François Orré



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