inforeunion : Un regard Réunionnais - Ile de La Réunion - Océan Indien
Pour une info de qualité…

​Communisme : entre mythe révolutionnaire et réalité historique


Culture - Kiltir
Samedi 4 Juillet 2026

Le 16 mai 2026, quelques militants communistes se réunissaient à Saint-Denis. À cette occasion, Bruno Guigue publiait dans Témoignages un texte célébrant le communisme comme une « doctrine de l’émancipation » et « la grande force morale du XXe siècle ».


Une vision qui, pour ses détracteurs, relève davantage de la réécriture idéologique que de l’analyse historique.

Une lecture très sélective de l’Histoire

Dans son texte, Bruno Guigue présente le communisme comme un moteur de libération des peuples. Mais cette lecture oublie volontairement une part considérable du bilan historique des régimes communistes.

Car derrière les promesses d’égalité et d’émancipation, le XXe siècle a aussi vu émerger :

les goulags soviétiques ;
les purges staliniennes ;
les famines politiques ;
les polices politiques omniprésentes ;
l’élimination du pluralisme ;
la censure de la presse ;
des économies administrées souvent incapables de répondre aux besoins des populations.

Des réalités documentées par de nombreux historiens et qui ont marqué durablement des millions de personnes.

Le nazisme vaincu : une vérité plus complexe

Affirmer que « le communisme a libéré l’humanité du nazisme » est considéré par beaucoup comme une simplification historique abusive.

L’Union soviétique a certes joué un rôle central dans la défaite de l’Allemagne nazie, au prix d’immenses sacrifices humains. Mais rappeler ce fait sans évoquer le pacte germano-soviétique de 1939 revient à effacer une partie essentielle du contexte historique.

Avant l’invasion de l’URSS par Hitler en 1941 :

Moscou et Berlin avaient signé un accord de non-agression ;
des coopérations économiques existaient ;
l’URSS profitait du partage de la Pologne et de l’affaiblissement des démocraties européennes.

La victoire contre le nazisme fut avant tout celle des Alliés dans leur ensemble : États-Unis, Royaume-Uni, résistances européennes et Union soviétique.

Colonialisme : libération ou nouvel impérialisme ?

Bruno Guigue affirme également que les communistes ont accéléré la décolonisation. Historiquement, l’URSS a effectivement soutenu plusieurs mouvements indépendantistes.

Mais ses opposants rappellent que cette stratégie relevait aussi d’un objectif géopolitique : étendre l’influence soviétique dans le monde.

Derrière le discours anti-impérialiste, Moscou a également :

dominé l’Europe de l’Est ;
imposé des régimes satellites ;
soutenu des dictatures idéologiquement alignées ;
exporté sa sphère d’influence en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Pour beaucoup d’anciens pays du bloc soviétique, la chute de l’URSS fut vécue non comme une catastrophe, mais comme une libération.

La pauvreté vaincue… ou aggravée ?

Autre affirmation contestée : celle selon laquelle le communisme aurait sorti des millions de personnes de la misère.

Les critiques du système rappellent qu’une grande partie des pays communistes ont connu :

pénuries chroniques ;
rationnement ;
stagnation économique ;
faibles niveaux de vie ;
fuite massive des populations lorsqu’elles en avaient la possibilité.

L’exemple de la RDA reste souvent cité : à niveau culturel comparable, l’Allemagne de l’Ouest a largement surpassé économiquement l’Allemagne de l’Est.

Même constat pour plusieurs anciens pays du bloc soviétique qui ont connu une forte amélioration de leur niveau de vie après leur transition vers des économies plus ouvertes.

Quant à la Chine, souvent présentée comme une réussite du communisme, beaucoup soulignent que son décollage économique intervient précisément après les réformes de Deng Xiaoping, lorsque le pays introduit :

propriété privée ;
ouverture aux investissements ;
logique de marché ;
capitalisme d’État.

Autrement dit : la Chine aurait réussi en s’éloignant du modèle communiste classique.

Une utopie devenue mythologie politique ?

Le communisme conserve chez certains une dimension romantique : celle d’un idéal d’égalité universelle et de justice sociale.

Mais ses adversaires considèrent qu’entre la promesse théorique et la réalité historique, l’écart est immense.

Partout où le communisme a concentré tous les pouvoirs :

le pluralisme politique a disparu ;
l’opposition a été réprimée ;
la liberté d’expression limitée ;
l’économie rigidifiée ;
et les populations privées de libertés fondamentales.

Pour ses critiques, le communisme appartient désormais davantage au registre de la croyance politique qu’à celui d’un modèle crédible de société.

Comme une grande utopie du XXe siècle devenue, avec le temps, une mythologie idéologique que certains continuent encore de défendre malgré l’effondrement historique des régimes qui s’en réclamaient.

Jean Marc Bénard




      Partager Partager

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 31 Mai 2026 - 11:45 Bonne fête à toutes les mamans