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​Le Vieux Marc du Sud : « Les mots peuvent diviser, la vérité rassemble »


Culture - Kiltir
Samedi 4 Juillet 2026

Assis face à l'océan, le Vieux Marc du Sud regarde les vagues défiler sans jamais se ressembler. Pour lui, les grandes questions méritent mieux que des slogans. Elles demandent du recul, de l'expérience... et un peu de bon sens.


En évoquant le débat autour du « privilège zorey », le vieux sage ne balaie pas la question d'un revers de main. Il reconnaît qu'il existe parfois des avantages, des préférences ou des mécanismes sociaux qui favorisent certains profils plutôt que d'autres. Mais il refuse les raccourcis.

Selon lui, parler de « privilège » donne l'impression qu'il s'agit d'une règle absolue, valable pour tous, dans toutes les situations, et imposée uniquement par les institutions ou les détenteurs du pouvoir. La réalité est plus nuancée.

Les préférences existent dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. Elles peuvent concerner un recrutement, un réseau professionnel, mais aussi les relations personnelles, les choix amoureux, les cercles d'amis ou les habitudes sociales. Elles ne sont pas l'apanage d'un seul groupe et ne vont pas toujours dans le même sens.

« Le vrai problème, ce n'est pas de savoir qui préfère qui, dit le Vieux Marc. Le vrai problème, c'est quand ces préférences ferment des portes au lieu d'ouvrir des opportunités. »

Pour lui, remplacer le mot « privilège » par « préférence » ou « avantage » permettrait d'aborder le sujet avec davantage de précision et moins de passion. Les mots comptent : ils peuvent éclairer un débat... ou l'enfermer dans des oppositions stériles.

Le Vieux Marc rappelle surtout que les Réunionnais partagent aujourd'hui des préoccupations bien plus urgentes : le coût de la vie, l'accès au logement, l'emploi des jeunes, la réussite scolaire, les transports ou encore les difficultés économiques.

« Si nous passons des semaines à nous demander qui est le plus réunionnais, conclut-il, nous risquons d'oublier de construire une île où chacun aura sa place, quelles que soient ses origines. »

Car au bout du compte, ce n'est pas l'identité qui remplit le réfrigérateur, paie le loyer ou crée des emplois. Ce sont les choix collectifs, les politiques publiques et la capacité des Réunionnais à avancer ensemble plutôt qu'à se regarder en chiens de faïence.

François Orré



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