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Sidaction : Ne crions pas victoire trop vite !


Citoyen
Samedi 6 Avril 2013


Sidaction : Ne crions pas victoire trop vite !
Les grands espoirs dans la recherche, les avancées thérapeutiques, l'amélioration de la qualité de vie des personnes séropositives, la transmission de la mère à l'enfant quasi nulle en cas de prise en charge adaptée, des résultats encourageants qui peuvent nous faire croire que nous n'avons plus besoin de lutter. Le Sidaction 2013 tire la sonnette d'alarme pour ne pas baisser la garder, afin de ne pas infléchir les comportements de prévention et ne pas perdre les acquis de 30 ans de combat solidaire.

Le Sidaction 2013 aura lieu les 5, 6 et 7 avril.

Le slogan de cette année est "Contre le sida, ne crions pas victoire trop vite".

Ne crions pas victoire trop vite, car nous n’en avons pas fini avec l’épidémie, bien au contraire. Le temps de la recherche n’est pas le temps des malades. Si nous avons connu des avancées considérables en matière de recherche, couronnées par de grands succès, les perspectives s’évaluent en dizaines d’années. Ce délai reste particulièrement long pour les malades.

L’exemple majeur est la recherche sur le vaccin, où des avancées prometteuses sont obtenues, sans que nous puissions toutefois envisager une disponibilité avant de très longues années.

Ne crions pas victoire trop vite car si nous avons obtenu de grands progrès, en termes préventifs et thérapeutiques, permettant d’améliorer le quotidien des personnes séropositives, de diminuer la transmission, voire, dans le cas de la transmission de la mère à l’enfant, de la faire disparaître avec un protocole très simple, les chiffres parlent d’eux-mêmes : la moitié des 34 millions de personnes séropositives dans le monde ne connaît pas leur statut et 7 millions de personnes qui devraient être sous traitement ne le sont pas.

Pourtant ces éléments sont fondamentaux : pour bloquer l’épidémie, il faut pouvoir mettre tout le monde sous traitement. Mais les discriminations restent fortes à l’égard des personnes séropositives, particulièrement les populations exclues, ce qui constitue un obstacle majeur à un contrôle de l’épidémie. Au contraire, dans certaines régions, comme l’Europe orientale ou l’Asie du Sud-Est, elle explose.

Les avancées de la recherche ainsi que certains objectifs politiques, déterminés afin de maintenir l’initiative et l’espoir, ont laissé penser que nous en avions fini. Au contraire, nous en avons encore pour de longues années au cours desquelles il ne faudra pas baisser la garde afin de ne pas infléchir les comportements de prévention, de ne pas diminuer l’effort.

Ce n’est pas terminé. Pour ne pas perdre ses acquis, la lutte contre le sida a besoin de financements, a besoin de ressources humaines, a besoin d’initiatives et d’engagement. Ne crions pas victoire, nous avons encore et toujours besoin de vous.


François Dupré, directeur général de Sidaction



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