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Réforme du rythme scolaire : "De bonnes intentions pour un autre éventuel enfer ?"


Édito
Vendredi 25 Janvier 2013

La Refondation de l’École à La Réunion se déclinera-t-elle uniquement comme d’habitude à la mode pyramidale hexagonale dite jacobine ou sinon, l’autorité académique utilisera-t-elle sa possibilité de flexibilité locale afin de mettre en place un projet académique adapté au contexte spécifique de notre territoire ? soit donc un véritable projet éducatif écologique, conçu en fonction des ressources et contraintes locales ?


Réforme du rythme scolaire : "De bonnes intentions pour un autre éventuel enfer ?"
S’il est heureux que le politique s’approprie enfin aujourd’hui du plurilinguisme local, (merci aux militants d’hier … un peu usés… et d’aujourd’hui… passablement usés), il serait aussi propice, enfin… si nous voulons vraiment réduire l’illettrisme… il serait propice que l’institution académique décide de stopper sa politique de « oui au créole à l’école », mais je fais pratiquer la « politique de rien faire ou de laisser faire » et organise véritablement un enseignement global de 2 à 18 ans et plus pour  une véritable égalité des chances de toute notre jeunesse.

Mais mon propos était aussi d’aborder le sujet brûlant de la réforme sur les rythmes scolaires.  Il est vrai que ce gouvernement  a du tempérament et on le félicite déjà pour la future loi du Mariage pour Tous, du vote des Étrangers, etc.  

Cependant, s’agissant des rythmes scolaires, Monsieur le Ministre V. Peillon se rend-il compte qu’il y a des remaniements plus urgents notamment en terme d’amélioration des conditions de travail, en terme de dialogue à retrouver face à une profession échaudée par  ces dix  dernières années marquées par des réformes destructrices  et une forte dégradation des conditions d’exercice du métier d’enseignant ?

Si l’on revient sur ce projet de loi de refondation de l’école, oui, il peut être une bouffée d’air avec la future création des 60 000 postes,  la nouvelle impulsion de l’École Maternelle, (qui sollicite d’énormes moyens humains et financiers : personnel compétent, locaux   adaptés, formations d’excellence… QUI VA PAYER ? ),  mais cependant  c’est avant tout la confiance et l’encouragement qu’il faut établir entre son gouvernement et le monde enseignant, voire les parents qui eux aussi ont eu très peur pour leur École durant cette dernière décennie : rappelons nous les menaces de disparition des RASED (réseau d’aides spécialisées.)

Refondation : donc alors quelques pistes :
- formation continue des enseignants en capacité de la porter
- un partenariat sans risque de territorialisation des métiers de l’enseignement entre les institutions locales pour une véritable éducation globale et partagée
- formation de tous les autres personnels
- définition claire du rôle des RASED
- réduction de l’effectif des classes
- rénovation des écoles (ici, ce sont souvent des rectangles hideux non conçus selon notre climat)
- réflexion sur le calendrier climatique à La Réunion
- priorité à la rénovation didactique par la recherche
- création d’ESPE dynamiques et efficaces
- réflexion sur la place des Parents
- réflexion sur l’avenir des lycées
- organisation véritable des projets éducatifs territoriaux
- réflexion sur la refonte du système d’évaluation des élèves, comprenant à la fois les évaluations nationales et les évaluations dans les classes
- mise en place d’un véritable socle commun autour de la Culture et des Arts
- idem pour le sport scolaire
- enseignement des langues régionales, etc…

Aujourd’hui, notre école est le reflet de notre société qui ne va pas bien, oui la refonder est indispensable mais ce n’est pas la ½  journée qui changera nos mauvais résultats nationaux.  Les rythmes scolaires de l’élève devraient tenter de correspondre aux rythmes biologiques de l’enfant.  Et quel gouvernement aura le courage de le faire ? L’écologie éducative c’est pour quand ?

Comme l’écrit Philippe Meirieu, ce projet de loi prouve plutôt d’une volonté de « réparation, négociations, bonnes intentions ». La preuve est le manque d’ambition de son but final : « le service public d’ÉDUCATION, se donne comme objectif LA RÉUSSITE SCOLAIRE » !!!

C’est toute cette cohérence éducative qui doit se poser comme LA priorité de ce PROJET DE  LOI encore en cours de réflexion donc d’aménagement.  Nous ne pouvons plus nous permettre de douter de l’école de demain : cette future loi d’orientation se doit de nous en donner une vision claire.

Yvette Duchemann



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