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Pourquoi des Réunionnais ne sentent plus concernés par le développement de leur île ?


Politique
Dimanche 7 Juillet 2013

Le Réunionnais est-il devenu, à l'instar de certains politiques, un simple consommateur compulsif ? Un alimentaire régulier des minima sociaux et un habitué des centres commerciaux ? C'est sans aucun doute oui pour une partie de la population allaitée au RMI, sevrée aux revenus de transfert et éduquée à profiter de tout ce que l'Etat providence peut leur donner. C'est vrai que le système fait tout pour que le citoyen ne soit pas en état de revendiquer, protester ou manifester. Une forme de pervers consensus. Un cercle vicieux. Très vicieux.


Pourquoi des Réunionnais ne sentent plus concernés par le développement de leur île ?
Il y a parmi les deux dernières générations de Réunionnais, un pourcentage qui n'a, ni la culture du travail, de l'effort et du sacrifice, ni celle du combat syndical ou politique. C'est ainsi. Car, le système en premier, l'a voulu ainsi. Une société de consommation est plus rentable, qu'un monde économique en activité dans un grand nombre de secteurs. C'est pour cela que ce soit en métropole ou à La Réunion, le pouvoir économique avec la complicité des politiques de tous bords, a fait exploser la solidarité des corporations. Quand, ce n'était pas la mort de certaines d'entre elles.

Le seul leitmotiv de tous : c'était et c'est toujours l'argent. Personne n'est parvenue à s'y opposer. Tous solidaires ont fait de travailleurs aguerris, protestataires, prompts aux luttes sociales… des moutons gavés de produits pas chers, vendus par caisses, tout le temps en promo, même si parfois de mauvaise qualité, et nocifs à la santé. Surtout à la santé mentale. "L'économie a enlevé les chaînes aux pieds des plus pauvres et de la classe moyenne, pour les mettre à leur cerveau. Et cela avec la complicité d'un grand nombre de politiques et de syndicalistes".

Les mêmes qui à chaque manifestation vilipende ces "patrons qui licencient et qui ne pensent qu'à faire des profits". Les politiques participent à la mise sous "curatelle économique" de la population. L'Etat est en première place. Car, il s'agit avant tout de démanteler les différentes corporations, et de casser toutes résistances aux desseins économiques de ceux qui n'ont qu'un leitmotiv : des profits à tous prix.

Des Réunionnais n'ont pas échappé à cette stratégie. Le système sait diviser pour mieux régner, pour imposer ses décisions et valider des procédures avant tout profitables à leurs chiffres d'affaires et bénéfices. Des procédures qui font préférer leur RMI puis le RSA, au travail payé au SMIC. Des mesures qui incitent à faire des enfants, à l'oisiveté soutenue par les revenus de transfert, et au travail au noir. De la main d'œuvre pour les CDD, les contrats aidés et la précarité. Et des clients modestes ou surendettés, assidus et fidèles aux entreprises du secteur marchand.

Ces Réunionnais ne peuvent plus avoir une culture du travail ou des luttes sociales. Ces Réunionnais élevés dans un confort matériel et social souvent de mauvaise qualité, en ont fait un monde satisfaisant pour eux et leur famille. Pourquoi vont-ils mettre en jeu ce bonheur que d'autres jugent artificiel ? Pourquoi vont-ils se battre pour ceux qui votent, travaillent et tirent le diable par la queue ? Pourquoi doivent-ils se sentir concernés par le devenir et le développement de leur île, alors qu'ils se sentent exclus de ce développement, et qu'ils ne croient plus en leur avenir. En l'avenir de leur île ?




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Les commentaires

1.Posté par afaka. le 07/07/2013 17:27
Bien écrit Jismi
Mais je ne comprends pas ton illustration qui n'a rien à voir avec la pensée des communistes qui a très souvent entretenu cet assistanat.

Oui les politiques sont en grande partie responsables de cette léthargie dans laquelle croule les Réunionnais moutons.
Oui les politiques sont responsables de ce manque d'audace réunionnais face aux problèmes qui nous empoisonnent aujourd'hui.
On nous a habitué à faire la proskynèse , à nous taire et subir.
Notre histoire est également le résultat de cette société de consommation et d'acceptation de tout ce qui vient de l'extérieur.
Zafer La Réunion lé pa bon, zafer déhor lé plu gadiamb

Alors il serait grand temps de briser ces chaînes coloniales et post-coloniales utilisées par certains partis locaux.
L'heure de l' émancipation solidaire a sonné pour nous libérer de cette société endormie victime de cette politique dictée par Paris.
Nous avons besoin de ¨Paris. Personne ne réfute et surtout pas moi l'identité française comme européenne. C'est une fierté et une richesse.
Mais j'habite sous les cieux tropicaux avec des problèmes bien spécifiques à mon île.

Quelques exemples:
Ici, il ne neige pas. Chez nous, il y deux saisons.
Notre île exigu demande un moyen de transport obligatoire pour relier et se rendre dans les différentes villes littorales et rurales.
- La voiture hélas reste un outil indispensable pour se déplacer. Comment alors réfléchir à un mode de déplacement efficace et solidaire?
Le train train aurait pu répondre à cette problématique mais il était trop incertain et surtout ne reliait pas toutes les communes de manière équitable.
- Nous achetons tout de l'extérieur comme nos tomates, notre oignon, notre riz...
Alors soyons courageux pour dire que la canne sur subventionnée doit laisser une place à une culture diversifiée qui engloberait nos produits que nous consommons au quotidien.
- Dans chaque discours politique on nous sort le fort taux de chômage et d' illettrisme.
Certes une raison supplémentaire pour réclamer des sous à l’État.
Mais cette plaie ne sera pas guérie en profondeur car on refuse de la soigner avec les médicaments locaux.

Qu'on arrête de nous imposer un modèle copié sur la France et l'Europe.

Une plus grande liberté dans notre gouvernance nous permettra de mieux répondre aux problèmes rencontrés dans chaque foyer réunionnais. Une gouvernance qui rassemble les compétences , les idées de tous et non une gouvernance qui sert le pouvoir pour le pouvoir.
Rendons aussi le pouvoir au peuple. On l'a tellement oublié, aujourd'hui il s'oublie lui même.
Afaka

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