sak ifé nout jordu ék nout demin

"Ne pas frapper est un principe"


Citoyen
Mardi 11 Octobre 2016

Régulièrement l'opinion s'élève contre les violences faites aux Femmes, comment justifier alors les violences faites aux enfants, filles ou garçons ? Dans les 2 cas, l'objectif est de “corriger” la victime pour “son bien”. Pourtant si dans le cas des femmes tout le monde s'accorde à dire que cela est intolérable, quand il s'agit des enfants les avis diverges et on parle “d'éducation”. Pourquoi ?


 J'ai connu l'époque où le châtiment corporel était autorisé à l'école et parfois vivement recommandé par les parents. Le “coco lé dir” alors pour faire entrer les connaissances, il fallait taper sur l'enfant comme on tape avec le marteau pour faire entrer le clou. Les adultes considéraient qu'ils s'étaient acquittés de leur responsabilité, mais “c'est la faute à l'enfant”. Des études ont finalement montré que la violence n'a rien à voir avec le processus d'apprentissage, et ce fut interdit. Aujourd'hui aucun parent n'accepterait qu'un enseignant touche à un seul cheveu de son enfant, heureusement. 

Pourquoi cela serait-il différent entre un parent et son enfant ?
La sphère privée doit-elle être un espace de non droit ?
Tous les pédiatres français, psychologues et spécialistes de la question sont quasi-unanimes et jugent que “les châtiments corporels n'ont pas de valeur éducative et ont plutôt tendance à envenimer les relations parents-enfants”. Par ailleurs, le 20 novembre 1989, l'Enfant a été défini comme une personnalité juridique protégée par la Convention Internationale relative aux Droits de l'Enfant. La communauté internationale a décrété cette date, Journée Mondiale de l'Enfance. Certains pays ont choisi le 1er juin. Peut-être aurait-il fallu accorder plus de temps pour présenter le contenu de ces textes, et en débattre franchement, car il s'agit bien de former des Citoyennes et Citoyens conscients de leurs actes. 

Si les pouvoirs publics et les autorités judiciaires passent leur temps à juger et non à éduquer la société, qui est responsable quand ça dérape ? Il est insupportable d'entendre à la télévision, un jeune député Réunionnais faire l'apologie de la violence faite à un enfant. On parle d'Education, cela ne peut pas  rimer avec la violence, car frapper un enfant pour qu'il “comprenne” n'a pas de sens et au contraire ne crée pas les conditions les meilleures pour sa réussite. 
La société civile n'échappe pas non plus à son rôle. Les associations qui militent pour mettre fin à la violence faite aux femmes devraient réagir, car devant un adulte, une petite fille ou un petit garçon, est un être tout aussi vulnérable qu'une femme l'est devant un homme. Porter atteinte à un Être est une violation des droits de l'Homme. Ne pas frapper est un principe, encore plus si les victimes sont des enfants. 

Julie PONTALBA



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Les commentaires

1.Posté par Gérard Jeanneau le 18/10/2016 21:29

Décidément la dame qui a fouetté délicatement les jambes de son fils remue ciel et terre. Le juge, tout remué et obnubilé par la video qui a eu un succès incroyable; s'est empressé de la mettre en garde à vue, c'est-à-dire au cachot pendant 24 heures pour mieux éplucher l'affaire, un juge apparemment converti au credo de mai 68 : "il est interdit d'interdire". Une violence autrement plus violente que celle qu'a subie le jeune homme, tout proche d'être majeur. Que l'on aille visiter le petit local et on se rendra compte que le cachot du juge est à peu près le même que celui qu'on pouvait apprécier au temps de l'esclavage. Et dans le sillage de la première sentence du juge - car c'en est une, ne nous voilons pas la face - on trouve des commentaires qui dépassent l'entendement. La dame, aux yeux de beaucoup, est le sosie de la Thénardier qui a malmené Cosette. Pour peu, c'est la peine capitale qu'on lui infligerait, la suprême violence.

Et pourtant la sagesse populaire clame son bon credo : "qui bene amat, bene castigat". Oui, bien châtier ne devrait pas faire rugir le commun des mortels. Bien châtier une faute grave - et non vénielle - c'est corriger avec modération, sans blesser, sans vociférer, calmement, et au besoin, ajouter à l'enfant rebelle et entêté : "plus tard tu comprendras, plus tard, tu me remercieras de t'avoir remis dans le bon chemin". Ce écrivant, je crois voir des doigts se lever ici et là; et je crois entendre : "C'est ce qui m'est arrivé quand j'étais un petit rebelle".

Les soixante-huitards devraient comprendre qu'il y a des degrés dans la violence, que donner un petit soufflet du revers de la main n'est pas donner le rude coup de poing du boxeur. Il y a violence et violence. Et se faire douce violence, c'est ce qu'on s'administre à soi-même, par exemple, quand on consomme une grosse part de gâteau alors qu'on a la belle silhouette du tonneau.

Attendons de savoir de quelle cuvée sera le juge qui donnera ... l'estocade finale !

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