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Municipales 2014 : Eric Fruteau, inéligible, n'a pas encore dit son dernier mot


Politique
Jeudi 23 Mai 2013

La Cour européenne des Droits de l'Homme peut-elle se transformer en une Cour de cassation française, pour "casser" une décision du Conseil constitutionnel et/ou "juger inégalitaire" le système juridique national ? C'est l'exercice de style auquel la soumet le maire de Saint-André, Eric Fruteau, et ce dans l'optique d'une annulation de la procédure qui a conduit au rejet de son compte de campagne.


Municipales 2014 : Eric Fruteau, inéligible, n'a pas encore dit son dernier mot
Eric Fruteau a-t-il eu droit à un "procès équitable et égalitaire" dans le cadre de l'examen de son compte de campagne par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) ? Deux points importants. Le premier Eric Fruteau n'attaque nullement la décision du Conseil constitutionnel qui a prononcé son inéligibilité pour un an (du 12 avril 2013 au 11 avril 2014). Le deuxième, le maire de St-André ne remet pas en cause - non plus - les textes de loi, mais la procédure et le traitement réservé à son dossier.

Pour ce faire, l'édile saint-andréen utilise le socle de la loi : les Droits de l'Homme (articles 6, 7, 8 et 10). Article 10 : "Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial…" C'est le point précis sur lequel le maire de Saint-André fonde sa requête devant la Cour européenne de Droits de l'Homme. Selon Eric Fruteau, il n'a pas eu droit au même traitement que les autres députés. Il tente d'introduire ainsi un doute raisonnable. Une suspicion d'un possible "détournement" ou "manipulation" de loi.

Ainsi dans son exposé à la presse hier, le premier magistrat de la ville "considère qu'il y a rupture d'égalité dans le traitement des candidats qui se sont présentés aux Législatives" 2012.  "Mon dossier complet a été déposé le 7 février 2013, il n'a été jugé que le 12 avril 2013". L'intéressé voit dans ce long délai entre ces deux dates, le non-respect du principe d'égalité devant la justice. L'édile parle même de "discrimination". Il est vrai qu'une décision prise avant fin février 2013, lui aurait permis d'être candidat à sa succession aux Municipales 2014. Ce qui n'est plus le cas.

Dans sa saisine de la Cour européenne des Droits de l'Homme, Eric Fruteau dénonce aussi un système juridique français également "inéquitable" sur la forme. "Pourquoi pour d'autres élections, le défendeur a droit à un débat contradictoire et pas dans ce cas précis ?" Il y a selon lui, "rupture en droit, car ni recours, ni appel, n'est possible". Le maire de Saint-André explique qu'à aucun moment il n'a pu faire valoir, en personne, sa bonne foi. Il n'a pas pu se défendre...






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Les commentaires

1.Posté par Jako le 23/05/2013 07:26
Il faut utiliser toutes les ficelles pour freiner hémorragie de militants, toujours si prompt à quitter le navire dès qu'il donne des signes de coulage !!! Dur dur pour toi mon frère. Bon courage.

2.Posté par Saint André y ronfle le 23/05/2013 07:49
En espérant que cette épisode te fera descendre de ton piédestal ...


3.Posté par Jean pierre le 23/05/2013 09:08
Voilà un lien du site du Conseil Constitutionnel

235 candidats ont vu leurs comptes de campagne rejeter pour les législatives 2012.
Donc 5 candidats pour la Réunion, on peut voir en fin de tableau la date de la première décision du conseil est de 25 janvier 2012, et le dernier date du 24 mai 2013 Le Maire Eric Fruteau est en milieu de tableau et la dernière décision pour la Réunion la circonscription 1 date du 24 mai 2013. Le Conseil Constitutionnel examine les dossiers dans l’ordre d’arriver finalement c’est une injustice pour les 234 candidats restants ? Le Maire de Saint-André veut réorganiser le fonctionnement du Conseil Constitutionnel. Alors que le Maire n’arrive pas à gérer les affaires courantes de cette semaine dans sa commune en tant que président de la Cirest la grève de la Sepur depuis 8 jours et en tant que Maire le débordement des égouts au Chemin de l’Etang depuis 8 jours.
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/documentation/dossiers-thematiques/elections-legislatives-2012/contentieux/contentieux-des-elections-legislatives-2012-saisines-cnccfp-comptes-de-campagne.135696.html
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4.Posté par ANIN le 23/05/2013 16:00
Il n'est effectivement pas normal que la date de l'inéligibilité soit déterminé uniquement par la date de délibération du Conseil constitutionnel, car il suffit que le conseil laisse trainer certains dossiers pour pénaliser ou non certains élus dans les élections à venir, c'est un peu s'ériger en décideur alors que seul le suffrage universel doit trancher ce genre de débat ! par ailleurs n'oublions pas qu'il n'y a même pas eu fraude, que c'est le candidat adverse qui a prétendu que bulletin municipal a servi pour la cause des législatives ! en fait la sanction est disproportionnée par rapport à la faute ! et tout bon citoyen devrait se méfier de ce type de décision qui ne donne pas une bonne image d'une institution comme le Conseil constitutionnel, d'autant qu'il n'applique même pas sa propre jurisprudence, car le même cas un autre élu n'a même pas eu de peine d'inéligibilité (Maurice >Leroy) !! c'est pas très beau tout ca M DEBRE président du CC.

5.Posté par ... le 24/05/2013 00:13
Monsieur RAMOUDOU,

Merci de faire votre métier d'information et de ne pas laisser fleurir l'idée qu'un recours devant la CEDH pourrait emporter annulation de la décision du conseil constitutionnel. En effet, la nature supraétatique de la cour ne lui permet pas d'abroger des dispositions légales internes aux Etats, ou des décisions rendues par les juridictions nationales. En revanche, on dit que les arrêts de la cour ont "une portée individuelle limitée à une compensation pécuniaire". En d'autres termes, s'il y a violation par un Etat d'une disposition de la convention européenne des droits de l'Homme et de sauvegarde des libertés fondamentales, seule une compensation par le paiement de dommages et intérêts est possible. Alors l'espoir uns ou la crainte des autres, reposant sur l"idée que la CEDH pourrait changer la donne à propos de l'inégibilité de M. FRUTEAU, ne sont pas fondés.

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