sak ifé nout jordu ék nout demin

L'ultralibéralisme, générateur de «la misère pour tous»


Politique
Jeudi 30 Janvier 2014

Le gouvernement américain ne peut que se réjouir de cette ouverture des marchés puisque lui-même espère conclure un partenariat de ce type avec l'Europe. L'Accord de Partenariat Transatlantique, l'APT -nouvelle mouture de l'AMI - Accord Multilatéral sur l'Investissement négocié secrètement par l'OCDE entre 1995 et 1997- qui est négocié depuis juillet 2013 dans le dos de tous les Etats membres de l'Europe, permettrait aux multinationales d'attaquer en justice tout Etat qui ne se plierait pas aux normes du libéralisme.


Le 18 octobre 2013 a marqué l'aboutissement des discussions du libre-échange entre le Canada et l'Union -Européenne.

Mais comment en est-on arrivé là ?

Faisons un petit saut dans le temps :

Souvenons-nous, en 1992, de la ratification du Traité de l'Union Européenne, plus communément connu sous le nom de Maastricht. L'Europe devait endiguer les maux que la France subissait depuis de longues années, déjà : le chômage et une croissance paresseuse. Ils nous présentèrent l'élargissement de l'Europe des 6 à celle des 12 comme la résolution incontournable aux problèmes économiques de notre pays. Plus d'emploi, plus de croissance, plus de justice sociale furent les crédos répétés à l'unisson ou presque par la droite et la gauche.

François Mitterrand, alors président de la République, quelques mois avant ce référendum, avertissait les Français qu'un NON à l'Europe serait un événement redoutable. La France, grâce à l'ouverture de ses frontières allait ainsi disposer d'un tremplin permettant le développement des échanges et la mettrait à l'abri des risques de conflits de toutes sortes.

http://www.ina.fr/video/I04181814  : interview de Mitterrand: un non à Maastricht serait un événement redoutable.

L'Europe, toujours selon le président Mitterrand, c'était pour répondre au besoin de sécurité, de paix et d'échanges demandés par les gens. Sans l'Europe, il y avait le risque de retourner aux rivalités nationales, terme renvoyant dans le conscient collectif à l'holocauste de la seconde guerre mondiale.

Pour ces raisons habilement consensuelles, les Français votèrent OUI (50,01 %, chiffre qui reflétait néanmoins une confiance mitigée) au référendum qui leur fut proposé.


http://www.france-politique.fr/referendum-1992.htm   : tableau des résultats du OUI au référendum.

En 1992, le projet Europe comptait depuis fort longtemps des eurosceptiques dont l'argument majeur résidait dans la crainte de la perte de la souveraineté des nations.

Et à la question sans ambiguïté du journaliste à François Mitterrand sur ce sujet, le chef de l'Etat fit cette stupéfiante réponse :

«  Non, non, non (…). L'Europe n'est pas encore une Nation, on peut très bien comprendre qu'on y tende mais il faudra du temps, changer les mœurs, les habitudes, la manière de penser, à nos successeurs de trancher le problème »

Mission accomplie quant au changement des mentalités, le mariage homosexuel et les Standards Européens de l'éducation sexuelle avec la théorie du genre en pierre angulaire étant passés par là.

Le président Mitterrand reconnaissait donc, à mots à peine couverts, que le projet européen donnerait bel et bien naissance à une Europe Nation, privant délibérément les peuples de leur souveraineté.

Ses successeurs n'ont eu de cesse de poursuivre cette déconstruction des Nations car une fois le processus engagé dans la voix européiste, sans frontière et mondialiste qui devait permettre à la finance d'engranger toujours plus de bénéfices, un retour en arrière était pour cette dernière et les oligarchies en place absolument inenvisageable.

La preuve en est qu'au NON des Français au référendum de 2005, nos gouvernants firent la sourde oreille.

La démocratie est devenue, comme les citoyens s'en rendent compte chaque jour, une parodie de démocratie, puisque les décisions de plus en plus majeures sont prises à Bruxelles et Washington de la manière la plus antidémocratique qui soit par des gens que le peuple n'a pas élus.

L'Europe devait donc nous assurer l'emploi et la croissance, alors que depuis 1975 le taux de chômage et de demandeurs d'emplois ne cesse de croître et que la croissance n'est toujours pas au rendez-vous.

1975 : Taux de chômage 3%. Nombre de demandeurs d'emplois 689.000.
1981 : Taux de chômage 6,9 %.Nombre de demandeurs d'emplois 1 million 673 000.
1995 : Taux de chômage 10,2 %. Nombre de demandeurs d'emplois : 2 millions 600 000

Et en 2013, dans une Europe à 28 -Roumanie et Bulgarie ayant pour le moment des statuts particuliers- la France connaît un taux de chômage  de 10,9 % et presque 5 millions d'inscrits à Pôle emploi.

Plus l'Europe grossit, plus le nombre de frontières ouvertes augmente...moins il y a de travail et plus le chômage s'amplifie tandis que les salaires des grands patrons continuent d'afficher une santé indécente.

Pour exemple, Bernard Charlès, dirigeant de Dassault Systèmes a vu sa rémunération, entre 2011 et de 2012, augmenter de 36 % passant de 10,9 à 14,9 millions d'euros annuels tandis que cette même année 60.000 entreprises mettaient la clé sous la porte.



http://www.franceinfo.fr/economie/les-salaires-des-grands-patrons-continuent-d-augmenter-1202721-2013-11-05

Eh bien, malgré ces constats accablants qui infirment tous les propos tenus sur une Europe pourvoyeuse d'emploi, de croissance et de justice sociale, malgré l'examen attentif et lucide, chiffres à l'appui, que plus il y a d'Europe, plus les TPE et PME sont durement touchées pour ne pas dire sacrifiées, Eric Peters, conseiller du président Barroso de la Commission Européenne annonce, sans rire, que l'accord de libre échange entre le Canada et l'Union Européenne est une bonne nouvelle pour la croissance et l'emploi en Europe !



http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/10/30/l-accord-de-libre-echange-canada-union-europeenne-montre-la-voie_3505296_3232.html

La suppression des frontières qui a permis la libre circulation des biens, des services, des personnes, et des capitaux a engendré pour le marché du travail une concurrence déloyale entre les travailleurs. Et un afflux massif de travailleurs étrangers qui a pour conséquence de tirer les salaires vers le bas.

C'est ainsi que l'ouverture des frontières qui permet aux entreprises d'embaucher des étrangers présente un avantage de taille : les charges sociales dont doit s'acquitter l'employeur correspondent au montant de celles du pays d'origine. Il pourra même, sans aucun scrupule, demander à ses ouvriers français de former leurs homologues des Pays de l'Est avant de les licencier et de leur proposer de se délocaliser ...en Roumanie ou en Hongrie pour un salaire horaire d'à peine 3 euros. Bel exemple de moralisation du libéralisme.

Si l'Europe, qu'on nous a dépeint comme un eldorado, laisse sur le bord du chemin 5 millions de chômeurs, 2 millions de travailleurs pauvres vivant avec environ 800 euros par mois, 2,5 millions de personnes touchant le smic et, dans un autre registre mais tout aussi inquiétant, 223.000 jeunes -en 2011- qui sont sortis du système éducatif sans aucun diplôme, alors, on ne voit pas par quel miracle les accords passés et à venir -sans qu'on nous demande notre avis sur le sujet- réussiraient là où l'Europe a échoué.

Qui plus est, le Traité Transatlantique, conjointement à l'accord de partenariat Transpacifique -le TPP- formeraient un empire économique capable de dicter ses conditions hors de ses frontières.

La dictature européenne cède petit à petit la place à la dictature mondialiste. Pour preuve, certains traités commerciaux déjà en vigueur donnent le ton. L'an passé, l'OMC (l'Organisation mondiale du commerce) a infligé à l'Union Européenne des pénalités de plusieurs centaines de millions d'euros pour son refus d'importer des OGM.(organismes génétiquement modifiés)

Le Grand Marché Atlantique, sous d'aussi sombres auspices, est la voie royale d'entrée dans la Grande Misère Totale pour la cohorte des travailleurs français pendant que les multinationales dicteront leurs lois aux Etats qu'elles pourront poursuivre devant les tribunaux si elles s'estiment lésées par des législations contrevenant à leurs profits.

Mais, après nous avoir mis devant le fait accompli, nos élites oligarchiques continueront de nous dire que le Traité Transatlantique, c'est ...plus d'emploi, plus de croissance, plus de justice sociale.

Ben voyons !

Marianne-974



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Les commentaires

1.Posté par Bruno Bourgeon, Nouvelle Donne le 30/01/2014 15:24
Bravo, bel article, bien documenté. Je vous invite à lire la conférence que j'ai tenue le mardi 28 janvier dans le cadre de notre association altermondialiste aid97400, sur le site suivant : http://aid97400.lautre.net, et vous trouverez nombre d'arguments sur lesquels nous devons nous appuyer pour s'opposer à ce grand marché transatlantique. De plus, ce thème doit être central pour les élections européennes prochaines, car il menace tous les pays européens et tous les états américains, ainsi que toutes les régions européennes, y compris La Réunion.

2.Posté par Ben voyons le 30/01/2014 15:57
Ca y est, le Fn 974 a honte d'apposer sa signature ? un peu de courage les gars, enfin OTB tient une plume!

3.Posté par Front National 974 le 31/01/2014 14:49
MERCI MARIANNE POUR CET EXCELLENT ARTICLE et, contrairement à ce que prétend le poste 2 " loin d'avoir honte "de votre démonstration je serais plutôt fier d'y apposer ma signature si cet article sortait de ma plume (laissons à César ce qui appartient à César !). Au Front National nous dénonçons depuis longtemps cette Europe malfaisante, destructrice d'emploi, de Nations...et j'en passe. Mais ce qui nous attend avec encore plus d'ouverture au mondialisme organisé avec la complicité du système UMPS (y inclus leurs " râteaux " PC, UDI, EELV....) est éminemment plus grave: " C'EST L'ESCLAVAGISME ET LA SOUMISSION AU GRAND PATRONAT PLANÉTAIRE ET AUX MARCHES FINANCIERS DIRIGES PAR UNE POIGNÉE DE MILLIARDAIRES XXL ainsi que leurs valets surpayés pour servir d'adjudants (l'élite politique).....NOUS VOILA REVENUS A LA FÉODALITÉ ! Il faudra à nouveau que les " serfs " se réveillent.
JCOB

4.Posté par Bruno Bourgeon, Nouvelle Donne le 31/01/2014 16:01
Désolé, (...), mais EELV est l'un des partis avec le FdG, au Parlement européen, les plus actifs contre le Grand Marché Transatlantique. Où l'on ne voit guère les députés de la droite nationale de chaque pays se manifester, en particulier lors du vote proposé en novembre par le Parti Vert Européen, pour geler les négociations de ce Grand Traité, au motif qu'il apparaissait difficile de négocier avec un état qui nous espionnait (cf Affaire Snowden, relayé par Der Spiegel). La motion du PVE a été repoussée par 2/3 de voix contre (dont l'ensemble des socialistes libéraux ou démocrates, dont fait partie le PS) contre 1/3, soit l'ensemble des voix du FdG et de ses amis européens et du PVE). Mais pas le droite nationale à ce moment. Vous faites hélas encore de la désinformation, (...), et vous perdez ainsi en crédibilité. Les avis EELV et PS ne sont pas les mêmes sur ce dossier, et vous le savez.

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