sak ifé nout jordu ék nout demin

Jeanne BRÉZÉ


Culture - Kiltir
Samedi 4 Septembre 2021

bIOGRAPHIE


Jeanne BRÉZÉ

 

 

Jeanne Brézé est née à Saint-Denis le 30 avril 1961. Enfant précoce, elle écrit ses premiers vers à 8 ans. Déchirée par « l’omniprésence de l’absence »  de ses parents, elle mène une vie chaotique, marquée par la misère, la violence , les tentatives de suicide, rythmée par les séjours à l’hôpital psychiatrique . La poésie toujours présente dans sa vie, lui permet de « cracher sa plaie » ; La religion l’aide à surmonter ses angoisses à travers des lettres qu’elle adresse à Dieu.

Elle a été lauréate :

du Concours de Poésies et de Nouvelles de l’UDIR (Union pour la diffusion du livre réunionnais) en 1981

du concours Jean Albany en 1985,

du concours Terre des hommes en 1986.

Elle décède à Saint-Denis le 27 avril 2019 à 58 ans.

 

 

La place de son œuvre dans la littérature

« Je n'aime pas me plaindre, mais si jusqu'à présent, j'ai écrit des poèmes qui doivent choquer, bouleverser,déchirer le lecteur, c'est parce que je veux combattre cette misère ».

 

Je crache encore aujourd’hui

La misère de la case en torchis

A brûlure de la nuit

Déchirée par la lampe à pétrole » (Extrait de ….)

 

La cause des femmes lui tient à coeur. De nombreux poèmes décrivent le désarroi, le désespoir de la femme réunionnaise.

 

« Femmes frappées

Enceintes dans l’enceinte

Des poings musclés

Pour se montrer avides

De vide »

(Extrait de ...)

 

Bibliographie

- Le voile d'Isis , recueil collectif, UDIR, 1978 [Jeanne y publie ses deux premiers poèmes. La même année, elle publie deux autres poèmes dans « Créolie »]. .

-Je crache ma plaie , UDIR, 1983.

- Cœur Cyclone , Éditions Réunion, 1987.

- La sale gosse, UDIR, 1989. (récit autobiographique)

-Invitation, Éditions AMDV 1995 en collaboration avec des plasticiens  (roman)

-Visages verts avec Brigitte Latrille Association OGOR 1999

-Jeanne la folle, mystique, chrétienne Les révélations d’AZALÉES 2020

 

 

 

Parenthèse poétique


 

 

 

 

Je crache ma plaie

 

Je crache ma plaie

Je crache encore aujourd'hui

La misère de la case en torchis

La brûlure de la nuit

Déchirée par la lampe à pétrole

L'éclair saignant qui luit

A travers le trou de la tôle.

Je crache Le bain d'eau sale

Dans le cabinet puant

La serviette en goni

Et le savon pourri

Mais la douleur qui râle dans mes yeux d'enfant

Mais la brisure de mon coeur méprisé

Mais la flétrissure de mon honneur déprécié

Et je crache

Cambrée

La bagasse mâchée

L'andette grillée

La graisse du riz sec

Dans la moque tordue de la vie

Et le poc-poc éclate

Au toucher de mon cri

Mais le rictus affreux du suicide dans mes rêves

Mais l'atrophie glacée de ma chair abîmée

Mais la paille transie

Dans mon regard tranché

Mais la vie qui s'enfuit

Blessée

Blessée

Je pleure encore aujourd'hui

Caressée sans bruit

Par le velours de la solitude

Qui cerne ma plaie vive

Je pleure

Mais le bengali blessé tisse encore son nid

Mais le soleil brûle encore le mur de torchis

Z'enfant la misère vivra encore demain

 



Eric Boyer



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