sak ifé nout jordu ék nout demin

« Il n’y a plus de majorité »


Politique
Mercredi 11 Mai 2016

Le passage dans l'hémicycle de la loi "Travail" avait quelque chose d'ubuesque. Et même d'inquiétant dans une certaine mesure.
D'abord, la méthode d'élaboration du texte a été contestée par les partenaires sociaux, qu'ils représentent les chefs d'entreprise ou les salariés. A tort ou à raison, de toute part la crispation de chacun sur ses positions est manifeste et l'on accuse le gouvernement de ne pas avoir dialogué avant de rédiger.


Communiqué de presse

Par ailleurs, ce texte a été annoncé comme décisif dans la libération des entreprises et des salariés, afin de favoriser l'emploi. Un dessein difficile à réaliser compte-tenu des limites que s’est imposé le gouvernement dans les sujets à aborder.
Ces derniers mois, et malgré les mouvements en défaveur de ce projet de loi, jamais le président de la République ne s'est adressé aux Français afin d'expliquer la démarche du gouvernement et l'objectif poursuivi. Cela a d'ailleurs contribué à nourrir beaucoup de fantasmes.

Enfin, comment ne pas être circonspect face à certaines incohérences, notamment quand elles ne sont pas accompagnées d'explications.
Je l'ai déjà dit, l'absence de mesures favorables aux TPE et PME et leur facilitant le quotidien est incompréhensible. Ce sont ces entreprises qui sont les plus nombreuses, ce sont ces entreprises qui maillent le mieux le territoire national et ce sont aussi ces entreprises qui sont accablées de contraintes, subissent des effets de seuil, sont davantage imposées que les grands groupes.

Cette loi « Travail » cristallise les clivages grandissants qui existent au sein même de la majorité depuis plusieurs années. Qu'il y ait un débat idéologique à gauche et une mutation de la gauche, c’est une chose. Mais ce débat ne doit pas prendre en otage l'action du gouvernement et donc la politique de la nation. Les divergences atteignent un tel niveau aujourd’hui que le gouvernement ne semble plus en mesure de faire passer que des textes consensuels et sans ambition.

L'examen des amendements du texte a été rendu impossible par l'absence d'une majorité calée sur la vision du gouvernement dans l'hémicycle. Celui-ci a donc eu recours à la réserve de vote, un outil constitutionnel, certes, mais révélateur d’un malaise profond.

Chacun campant sur ses positions, en plus de la réserve de vote, le gouvernement a eu recours à l'article 49-3 de la Constitution afin de forcer le passage du texte face à l’évidence : aucune majorité n’existait sur ce projet de loi. Le 49-3 est une arme contre les siens.

C’est un échec du dialogue, un échec de la procédure parlementaire et un échec pour la démocratie.

J’ai affirmé à plusieurs reprises que les intentions du gouvernement apparaissaient souvent louables mais qu’il n’avait pas les moyens de son action. J’avais refusé l’idée de voter la motion de censure suite à l’adoption de la loi Macron en ayant recours à l’article 49-3 compte-tenu de ma bienveillance pour ce texte et la vision proposée même s’il avait été considérablement raboté.

Aujourd’hui, force est de constater que le gouvernement et une partie de la majorité se sont enfermés dans une guerre de position au détriment du pays. L’année qui s’annonce ne doit pas être une année perdue. Pour cette raison et afin d’éviter l’enlisement, j’envisage sérieusement de voter la motion de censure qui sera présentée aux votes.

Thierry ROBERT



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