"Ce nouveau projet de loi est issu, même s’il n’en reprend pas toutes les propositions, des Assises qui se sont tenues durant plusieurs mois sur l’ensemble du territoire national. Il a donc pour vocation d’apporter des réponses aux difficultés réelles que les précédentes lois n’ont pas su résoudre quand elles ne les ont pas tout simplement créées.
Ce texte qui, de manière inédite, réunit l’enseignement et la recherche, s’articule autour de trois grandes ambitions. D’abord, promouvoir la réussite des étudiants aux examens et atteindre enfin l’objectif déjà ancien de voir diplômés du supérieur 50% des jeunes d’une classe d’âge. Ensuite donner une nouvelle ambition à la recherche. Enfin définir une nouvelle architecture de l’enseignement supérieur et de la recherche.
La démocratisation de l’enseignement supérieur n’a pas tenu sa promesse d’égalité des chances. Au lieu de se résorber, les inégalités se sont entassées, un système de sélection qui ne dit pas toujours son nom s’est mis en place, les stratégies de contournement se sont perfectionnées et bien des parcours ont été choisis par défaut. Une véritable hiérarchisation s’est établie entre les différentes voies que propose l’enseignement supérieur où l’université n’occupe pas toujours la place la plus enviable. On constate d’ailleurs une certaine désaffection à son égard puisqu’elle accueille un pourcentage de bacheliers toujours moins important, notamment lorsqu’ils sont issus des filières générales.
De fait, l’université est le réceptacle des inégalités dans l’enseignement supérieur. L’échec dans le premier cycle, que nous déplorons tous, est surtout celui des étudiants inscrits à l’université. C’est là où les taux de réussite aux examens se sont le plus dégradés. Là aussi où les interruptions d’études sont les plus fréquentes.
La situation est connue. Les chiffres viennent d’être actualisés. Seulement 27% des étudiants de la promotion 2008 ont obtenu leur licence trois ans plus tard. Le Plan Réussite en licence n’a rien changé. Pire, les résultats sont même en recul de deux points.
Cette présentation globale se double pour la première fois de données chiffrées par établissement. Ainsi, il est non seulement possible de repérer de manière précise les initiatives porteuses d’améliorations et d’appréhender comment l’autonomie des universités s’est traduite dans le 1er cycle mais également d’évaluer l’ampleur des moyens que chaque établissement devra déployer.
Pour l’université de la Réunion, l’effort devra être important. En effet, l’indicateur qui mesure le taux de passage L1/L2 montre qu’à peine 20% des étudiants ont accédé en un an à la 2ème année. Pour 8 étudiants sur 10, la première inscription à l’université débute donc par un échec. Ce pourcentage est vertigineux. Il révèle aussi une dégradation préoccupante de la situation puisqu’en une décennie il a augmenté de dix points. De plus, au lieu de se résorber, l’écart avec la moyenne nationale (43%) a encore augmenté.
Une part de l’explication de ce chiffre est sans doute à rechercher dans les caractéristiques et le contexte de cette jeune université, créée il y a tout juste trente ans, et qui accueille un nombre important d’étudiants boursiers. Ces particularités sociales sont d’ailleurs prises en compte dans les évaluations officielles et elles aboutissent au calcul d’un taux simulé. Pour la Réunion, ce taux simulé est de 31,3%. En le rapprochant du taux de réussite réel ou brut (19,8%), l’écart est encore de 11,5 points. Il est urgent d’interroger de manière précise cet écart si l’on veut mettre un terme à la dégradation continue des résultats.
L’autre indicateur, celui qui mesure le taux de réussite en licence en trois ans, confirme cette inquiétante évolution. Le retard avec la moyenne nationale est de 10 points et l’écart entre le taux réel ou brut et le taux simulé de moins 6.
Plus qu’ailleurs sans doute, il est indispensable de briser, avant qu’il ne soit trop tard, le cercle vicieux qui menace notre université. Avec des résultats toujours plus défavorables, elle devient de moins en moins attractive aux yeux des étudiants et de leurs familles qui la désertent dès qu’une autre filière leur est accessible. L’université de la Réunion n’accueillerait plus, chaque année, que 2500 des 7000 bacheliers de l’académie. Parmi eux, on trouve une bonne partie des bacheliers issus des baccalauréats technologiques et professionnels, contraints de suivre les filières généralistes.
L’article 18 prévoit de leur donner (il faudrait dire de leur redonner) un accès prioritaire aux sections de techniciens prioritaires et aux instituts universitaires de technologie, à ces STS et IUT créés à l’origine à leur intention. Cette disposition, que nous saluons, risque toutefois de se heurter très vite au grand décalage entre le nombre de bacheliers concernés et les capacités d’accueil de ces filières. Il serait utile que cette disposition-phare s’accompagne, en liaison avec le rectorat pour les STS, d’une réévaluation de ces formations.
Au-delà des statistiques, nous ne devons pas perdre de vue le découragement, l’incompréhension et parfois la colère générés par des échecs qui se paient au prix fort, et peuvent jusqu’à déterminer un destin.
Ce projet de loi prévoit un certain nombre de mesures pour lutter contre l’échec à l’université. Qu’il s’agisse d’une orientation mieux adaptée des étudiants, d’une plus grande harmonisation entre le secondaire et le supérieur (le « -3/+3 »), ou d’une spécialisation moins précoce, elles ne peuvent qu’agir dans la bonne direction.
Mais, par-dessus tout, il est crucial de rétablir la confiance des étudiants, et plus généralement de la société dans l’université.
Cela passe bien sûr par la qualité des formations dispensées, et par leur invitation constante à comprendre et donc à interroger le monde.
Cela passe aussi par une meilleure compréhension d’un système qui s’est beaucoup complexifié au fil du temps. Le choc de simplification proposé dans le maquis des licences et masters est bienvenu.
Rendre l’université plus attractive, c’est aussi s’intéresser aux perspectives qu’elle offre. La reconnaissance du doctorat, que la France est le seul pays à négliger à ce point, ne peut que rejaillir sur l’ensemble des diplômes délivrés par l’université.
Programmer la résorption de la précarité qui est le lot d’un trop grand nombre de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche serait aussi un signal fort à la fois en direction des jeunes, et de la recherche, et de l’université.
La question de l’insertion professionnelle est forcément présente dans tous les esprits et conditionne souvent les choix. Cette préoccupation légitime ne doit toutefois pas conduire à proposer des formations régies par le court terme des marchés ou la conjoncture d’un moment. Créer ou, au contraire, supprimer une filière ou un cycle de formation est une décision encore plus lourde de conséquences quand il s’agit d’une des rares universités francophones de l’océan Indien.
Au début de cette semaine encore, des étudiants m’ont fait part de leur vive inquiétude. Ces jeunes terminent leur licence de chimie ou de physique en juin prochain et craignent beaucoup de ne pas pouvoir mener leur cursus à son terme. Non pas du fait de leurs résultats, non pas parce qu’ils n’auraient pas réussi, mais tout simplement parce que l’université de la Réunion où ils sont inscrits vient de décider de supprimer le Master Métiers de l’enseignement mention Physiques-Chimie qu’ils avaient l’intention de suivre. Pour ceux qui en ont les moyens (notamment financiers), la fermeture de ce master signifie quitter l’île et s’inscrire dans une université située en France continentale. Pour les autres, la fin de ce Master veut dire réorientation par défaut ou alors abandon de leurs études et de leur projet professionnel.
L’« ultrapériphéricité » de notre université oblige à veiller encore davantage à ce que l’offre de formations supérieures proposée aux étudiants soit aussi diversifiée que possible. Tout comme elle nous rend particulièrement réceptifs à l’ambitieux plan numérique des articles 6 et 16 dont la réussite passera nécessairement par une égalité numérique réelle entre les territoires.
Précisons dès à présent qu’en raison des surcoûts dus à l’éloignement, le débit dont dispose actuellement l’université de la Réunion est dix fois inférieur à celui de la plus petite université de France continentale.
Agir pour la réussite des étudiants suppose forcément une action soutenue pour améliorer leurs conditions de vie. Nous regrettons que ce texte n’aborde pas dès à présent cet aspect si déterminant. La précarité est le lot d’un nombre croissant d’étudiants, et le niveau de prise en compte de cette réalité conditionnera les objectifs de cette loi. Dans l’attente des résultats de la mission interministérielle, je veux simplement mettre l’accent sur l’épineuse question du logement étudiant. Dans l’académie de la Réunion, alors que la moitié des étudiants sont boursiers, et le plus souvent à l’échelon maximum, à peine 6% d’entre eux sont logés par le CROUS. Le retard accumulé depuis la parution du Plan Anciaux est considérable.
En ce qui concerne la recherche, qui constitue la deuxième ambition de ce texte, il me revient de souligner que l’agenda stratégique, qui sera inscrit dans la loi, doit aussi prévoir des thématiques en phase avec les priorités des établissements d’Outre-mer, comme par exemple les recherches dans le domaine maritime. J’insiste d’autant plus sur ce point que le 8ème programme-cadre européen intitulé « Horizon 2020 », dans lequel s’inscrira la stratégie nationale de la recherche, a, de manière surprenante, totalement fait l’impasse sur les océans.
L’université de la Réunion est le plus important établissement européen d’enseignement supérieur et de la recherche de l’océan Indien. Elle se trouve donc dans une zone qui se caractérise par des investissements massifs dans la formation, la recherche et l’innovation. Des accords de coopération ont déjà été signés, par exemple avec des universités indiennes, mais il est évident que les perspectives peuvent être bien plus larges.
De manière certes moins exclusive qu’en 2007, ce texte s’intéresse à nouveau aux questions de gouvernance avec une architecture renouvelée à bien des égards. Il s’attache aussi à combler les lacunes juridiques que l’application de la loi LRU a fait apparaître, notamment, vous vous en souvenez, Madame la Ministre, lors des élections à l’Université de la Réunion. Une procédure est proposée qui lie la destitution du président à la dissolution du conseil d’administration et, indirectement, à celle du conseil académique. Mais il est à craindre qu’appliqué au cas précis d’annulation des élections, cette procédure générale n’amène à substituer au vide juridique un trop-plein d’élections.
Plus généralement constaté, l’autre vide juridique concerne la parité. La diminution brutale, lors du dernier scrutin, du nombre de femmes élues à la présidence d’une université impose une réponse forte. L’obligation de présenter des listes paritaires strictes aux élections des conseils centraux est donc saluée, surtout si elle joue le rôle d’accélérateur de parité.
Ce projet de loi est le rendez-vous par excellence avec la jeunesse. Il est donc attendu par tous et sera apprécié tant sur ses effets immédiats que sur l’élan qu’il aura su impulser".
Ce texte qui, de manière inédite, réunit l’enseignement et la recherche, s’articule autour de trois grandes ambitions. D’abord, promouvoir la réussite des étudiants aux examens et atteindre enfin l’objectif déjà ancien de voir diplômés du supérieur 50% des jeunes d’une classe d’âge. Ensuite donner une nouvelle ambition à la recherche. Enfin définir une nouvelle architecture de l’enseignement supérieur et de la recherche.
La démocratisation de l’enseignement supérieur n’a pas tenu sa promesse d’égalité des chances. Au lieu de se résorber, les inégalités se sont entassées, un système de sélection qui ne dit pas toujours son nom s’est mis en place, les stratégies de contournement se sont perfectionnées et bien des parcours ont été choisis par défaut. Une véritable hiérarchisation s’est établie entre les différentes voies que propose l’enseignement supérieur où l’université n’occupe pas toujours la place la plus enviable. On constate d’ailleurs une certaine désaffection à son égard puisqu’elle accueille un pourcentage de bacheliers toujours moins important, notamment lorsqu’ils sont issus des filières générales.
De fait, l’université est le réceptacle des inégalités dans l’enseignement supérieur. L’échec dans le premier cycle, que nous déplorons tous, est surtout celui des étudiants inscrits à l’université. C’est là où les taux de réussite aux examens se sont le plus dégradés. Là aussi où les interruptions d’études sont les plus fréquentes.
La situation est connue. Les chiffres viennent d’être actualisés. Seulement 27% des étudiants de la promotion 2008 ont obtenu leur licence trois ans plus tard. Le Plan Réussite en licence n’a rien changé. Pire, les résultats sont même en recul de deux points.
Cette présentation globale se double pour la première fois de données chiffrées par établissement. Ainsi, il est non seulement possible de repérer de manière précise les initiatives porteuses d’améliorations et d’appréhender comment l’autonomie des universités s’est traduite dans le 1er cycle mais également d’évaluer l’ampleur des moyens que chaque établissement devra déployer.
Pour l’université de la Réunion, l’effort devra être important. En effet, l’indicateur qui mesure le taux de passage L1/L2 montre qu’à peine 20% des étudiants ont accédé en un an à la 2ème année. Pour 8 étudiants sur 10, la première inscription à l’université débute donc par un échec. Ce pourcentage est vertigineux. Il révèle aussi une dégradation préoccupante de la situation puisqu’en une décennie il a augmenté de dix points. De plus, au lieu de se résorber, l’écart avec la moyenne nationale (43%) a encore augmenté.
Une part de l’explication de ce chiffre est sans doute à rechercher dans les caractéristiques et le contexte de cette jeune université, créée il y a tout juste trente ans, et qui accueille un nombre important d’étudiants boursiers. Ces particularités sociales sont d’ailleurs prises en compte dans les évaluations officielles et elles aboutissent au calcul d’un taux simulé. Pour la Réunion, ce taux simulé est de 31,3%. En le rapprochant du taux de réussite réel ou brut (19,8%), l’écart est encore de 11,5 points. Il est urgent d’interroger de manière précise cet écart si l’on veut mettre un terme à la dégradation continue des résultats.
L’autre indicateur, celui qui mesure le taux de réussite en licence en trois ans, confirme cette inquiétante évolution. Le retard avec la moyenne nationale est de 10 points et l’écart entre le taux réel ou brut et le taux simulé de moins 6.
Plus qu’ailleurs sans doute, il est indispensable de briser, avant qu’il ne soit trop tard, le cercle vicieux qui menace notre université. Avec des résultats toujours plus défavorables, elle devient de moins en moins attractive aux yeux des étudiants et de leurs familles qui la désertent dès qu’une autre filière leur est accessible. L’université de la Réunion n’accueillerait plus, chaque année, que 2500 des 7000 bacheliers de l’académie. Parmi eux, on trouve une bonne partie des bacheliers issus des baccalauréats technologiques et professionnels, contraints de suivre les filières généralistes.
L’article 18 prévoit de leur donner (il faudrait dire de leur redonner) un accès prioritaire aux sections de techniciens prioritaires et aux instituts universitaires de technologie, à ces STS et IUT créés à l’origine à leur intention. Cette disposition, que nous saluons, risque toutefois de se heurter très vite au grand décalage entre le nombre de bacheliers concernés et les capacités d’accueil de ces filières. Il serait utile que cette disposition-phare s’accompagne, en liaison avec le rectorat pour les STS, d’une réévaluation de ces formations.
Au-delà des statistiques, nous ne devons pas perdre de vue le découragement, l’incompréhension et parfois la colère générés par des échecs qui se paient au prix fort, et peuvent jusqu’à déterminer un destin.
Ce projet de loi prévoit un certain nombre de mesures pour lutter contre l’échec à l’université. Qu’il s’agisse d’une orientation mieux adaptée des étudiants, d’une plus grande harmonisation entre le secondaire et le supérieur (le « -3/+3 »), ou d’une spécialisation moins précoce, elles ne peuvent qu’agir dans la bonne direction.
Mais, par-dessus tout, il est crucial de rétablir la confiance des étudiants, et plus généralement de la société dans l’université.
Cela passe bien sûr par la qualité des formations dispensées, et par leur invitation constante à comprendre et donc à interroger le monde.
Cela passe aussi par une meilleure compréhension d’un système qui s’est beaucoup complexifié au fil du temps. Le choc de simplification proposé dans le maquis des licences et masters est bienvenu.
Rendre l’université plus attractive, c’est aussi s’intéresser aux perspectives qu’elle offre. La reconnaissance du doctorat, que la France est le seul pays à négliger à ce point, ne peut que rejaillir sur l’ensemble des diplômes délivrés par l’université.
Programmer la résorption de la précarité qui est le lot d’un trop grand nombre de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche serait aussi un signal fort à la fois en direction des jeunes, et de la recherche, et de l’université.
La question de l’insertion professionnelle est forcément présente dans tous les esprits et conditionne souvent les choix. Cette préoccupation légitime ne doit toutefois pas conduire à proposer des formations régies par le court terme des marchés ou la conjoncture d’un moment. Créer ou, au contraire, supprimer une filière ou un cycle de formation est une décision encore plus lourde de conséquences quand il s’agit d’une des rares universités francophones de l’océan Indien.
Au début de cette semaine encore, des étudiants m’ont fait part de leur vive inquiétude. Ces jeunes terminent leur licence de chimie ou de physique en juin prochain et craignent beaucoup de ne pas pouvoir mener leur cursus à son terme. Non pas du fait de leurs résultats, non pas parce qu’ils n’auraient pas réussi, mais tout simplement parce que l’université de la Réunion où ils sont inscrits vient de décider de supprimer le Master Métiers de l’enseignement mention Physiques-Chimie qu’ils avaient l’intention de suivre. Pour ceux qui en ont les moyens (notamment financiers), la fermeture de ce master signifie quitter l’île et s’inscrire dans une université située en France continentale. Pour les autres, la fin de ce Master veut dire réorientation par défaut ou alors abandon de leurs études et de leur projet professionnel.
L’« ultrapériphéricité » de notre université oblige à veiller encore davantage à ce que l’offre de formations supérieures proposée aux étudiants soit aussi diversifiée que possible. Tout comme elle nous rend particulièrement réceptifs à l’ambitieux plan numérique des articles 6 et 16 dont la réussite passera nécessairement par une égalité numérique réelle entre les territoires.
Précisons dès à présent qu’en raison des surcoûts dus à l’éloignement, le débit dont dispose actuellement l’université de la Réunion est dix fois inférieur à celui de la plus petite université de France continentale.
Agir pour la réussite des étudiants suppose forcément une action soutenue pour améliorer leurs conditions de vie. Nous regrettons que ce texte n’aborde pas dès à présent cet aspect si déterminant. La précarité est le lot d’un nombre croissant d’étudiants, et le niveau de prise en compte de cette réalité conditionnera les objectifs de cette loi. Dans l’attente des résultats de la mission interministérielle, je veux simplement mettre l’accent sur l’épineuse question du logement étudiant. Dans l’académie de la Réunion, alors que la moitié des étudiants sont boursiers, et le plus souvent à l’échelon maximum, à peine 6% d’entre eux sont logés par le CROUS. Le retard accumulé depuis la parution du Plan Anciaux est considérable.
En ce qui concerne la recherche, qui constitue la deuxième ambition de ce texte, il me revient de souligner que l’agenda stratégique, qui sera inscrit dans la loi, doit aussi prévoir des thématiques en phase avec les priorités des établissements d’Outre-mer, comme par exemple les recherches dans le domaine maritime. J’insiste d’autant plus sur ce point que le 8ème programme-cadre européen intitulé « Horizon 2020 », dans lequel s’inscrira la stratégie nationale de la recherche, a, de manière surprenante, totalement fait l’impasse sur les océans.
L’université de la Réunion est le plus important établissement européen d’enseignement supérieur et de la recherche de l’océan Indien. Elle se trouve donc dans une zone qui se caractérise par des investissements massifs dans la formation, la recherche et l’innovation. Des accords de coopération ont déjà été signés, par exemple avec des universités indiennes, mais il est évident que les perspectives peuvent être bien plus larges.
De manière certes moins exclusive qu’en 2007, ce texte s’intéresse à nouveau aux questions de gouvernance avec une architecture renouvelée à bien des égards. Il s’attache aussi à combler les lacunes juridiques que l’application de la loi LRU a fait apparaître, notamment, vous vous en souvenez, Madame la Ministre, lors des élections à l’Université de la Réunion. Une procédure est proposée qui lie la destitution du président à la dissolution du conseil d’administration et, indirectement, à celle du conseil académique. Mais il est à craindre qu’appliqué au cas précis d’annulation des élections, cette procédure générale n’amène à substituer au vide juridique un trop-plein d’élections.
Plus généralement constaté, l’autre vide juridique concerne la parité. La diminution brutale, lors du dernier scrutin, du nombre de femmes élues à la présidence d’une université impose une réponse forte. L’obligation de présenter des listes paritaires strictes aux élections des conseils centraux est donc saluée, surtout si elle joue le rôle d’accélérateur de parité.
Ce projet de loi est le rendez-vous par excellence avec la jeunesse. Il est donc attendu par tous et sera apprécié tant sur ses effets immédiats que sur l’élan qu’il aura su impulser".











