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Eric Fruteau, l'itinéraire d'un communiste honni et aujourd'hui "banni"


Édito
Mardi 22 Janvier 2013

Le PCR a commencé à prendre ses distances avec Eric Fruteau, à l'issue de son élection au Conseil général en 2005. Son accessit à la mairie de Saint-Denis a confirmé le fossé qui s'est creusé entre le vainqueur de Jean-Paul Virapoullé, l'ennemi de toujours des communistes, et le PCR canal historique. Le maire de Saint-André qui a rejoint Huguette Bello au PLR, sera le principal adversaire du PCR aux Municipales de 2014.


Eric Fruteau, l'itinéraire d'un communiste honni et aujourd'hui "banni"
Eric Fruteau a réussi là où à échouer Paul Vergès, Ary Payet, Laurent Vergès, Yvon Virapin et Claude Hoarau (une fois vainqueur aux Législatives de Jean-Paul Virapoulé). Sa performance aux Municipales de 2008, a surpris La Réunion. Et cela sans un appui franc et massif de tous les communistes. Eric Fruteau méritait tous les honneurs de son parti pour avoir repris à la Droite, un bastion dirigé en son temps par Raymond Vergès. Il n'en fut rien. Au contraire, il est tout de suite tombé en disgrâce.

Eric Fruteau a espéré une évolution. Seulement, sa volonté de défendre ses idées pour La Réunion au cours des réunions du Comité central, l'a peu à peu isolé. Peu ou pas écouté dans son camp, le maire de Saint-André a fini par espacer sa présence lors des discussions au sein de son parti. Le PCR ne l'a même consulté lors des Régionales de 2010.  Deux ans plus tard, il a reçu l'investiture de son parti au dernier moment pour être candidat PCR dans la cinquième circonscription. C'était pour les Législatives.

La candidature de Jean-Hugues Ratenon, proche du parti, son élimination dès le premier tour, et la bérézina des communistes à la députation, ont élargi le fossé entre le communiste de toujours et le parti communiste réunionnais. Comme Paul Vergès avant lui, Eric Fruteau s'est mis en congé du PCR. Il voulait obliger son camp "à une profonde autocritique". La "profonde" autocritique a commencé sans lui. "Pas une fois, il n'a été invité", a dit un de ses proches.

Eric Fruteau en a eu assez d'être le "z'enfant bâtard". Par loyauté vis-à-vis des communistes fidèles au PCR canal historique, le maire a longtemps repoussé l'échéance. Puis, il a accepté l'évidence : il n'a plus sa place au PCR. Cette conclusion a été une déchirure pour ce communiste de conviction, qui très tôt a été très actif au sein de la section PCR de Saint-André. Le conseiller général a tout appris aux côtés de son père.

C'est aussi pour lui qu'il aurait aimé continuer le combat contre les inégalités et les injustices sociales sous la bannière PCR. Samedi 19 janvier, le PCR a mis un terme et ce de manière officielle, à l'histoire entre lui et Eric Fruteau. Désormais, le maire de Saint-André sera l'un des adversaires, "l'un des traîtres à abattre" pour le PCR, lors des prochaines municipales. En quatre ans au parti communiste, Eric Fruteau est passé du statut de "fils prodige" à celui de "fils maudit".

L'itinéraire naturel pour ceux qui sont "honnis" puis "bannis"...




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