inforeunion : Un regard Réunionnais - Ile de La Réunion - Océan Indien
Pour une info de qualité…

Claude Hoarau : La nouvelle carte cantonale de la Réunion, une avancée démocratique incontestable


Politique
Samedi 21 Décembre 2013


Claude Hoarau : La nouvelle carte cantonale de la Réunion, une avancée démocratique incontestable
Le gouvernement a transmis pour avis le 27 Novembre dernier à la Présidente du Conseil Général le projet de nouveau découpage cantonal dans le cadre de l’application de la Loi  qui conduit à une profonde transformation de la représentation des citoyens au sein des assemblées départementales de la République.
 
Le Conseil Général, dans sa séance du 12 Décembre, a émis un avis défavorable, et personne ne pouvait attendre autre chose, car depuis des dizaines d’années, c’est bien grâce à une représentation injuste et antidémocratique que la droite a le plus souvent dirigé le département.
 
Je regrette par contre, qu’elle ait été accompagnée par les élus du PCR, car la nouvelle loi met fin à une injustice qui a été dénoncée  à de nombreuses reprises par nos dirigeants.
 
Pierre VERGES ayant exprimé son point de vue dans une tribune libre, et ne partageant pas ce point de vue, il m’a semblé nécessaire de m’exprimer à mon tour.
 
Il faut dire tout d’abord qu’il s’agit d’appliquer la loi, et que ce que dit la loi ne peut être transgressé.
 
La disposition phare de cette loi, c’est l’installation de la parité absolue entre les hommes et les femmes au sein des assemblées départementales.
 
En effet, jusqu’ici, pour des raisons historiques, et malgré les proclamations des partis, si la représentation des femmes, au sein des assemblées a progressé, la preuve a été apportée que l’on était très très loin de la parité, principalement dans les scrutins uninominaux majoritaires à deux tours.
 
Par contre, il a été aussi prouvé que la loi pouvait la faire progresser par des dispositifs contraignants auxquels les politiques ont dû se plier : (Elections municipales, européennes et Sénatoriales là où on désigne 4 sénateurs et plus : le principe un homme, une femme.)
 
C’est donc par la loi que se réglera la représentation paritaire des hommes et des femmes dans les assemblées départementales de demain.
 
Dans tous les départements, les cantons actuels disparaissent. Ils sont remplacés par des cantons « bi-nominaux », c’est-à-dire des circonscriptions électorales qui désigneront à représentativité et à importance égale : un conseiller départemental et une conseillère départementale.
 
Chaque élu(e) aura un suppléant ou une suppléante appelé(e) à le remplacer en cas de disparition, d’incapacité ou de démission.
Dans les départements qui désignent actuellement un nombre pair de conseillers généraux, le nombre de cantons binominaux sera la moitié du nombre de cantons actuels.
Dans les départements qui désignent un nombre impairs d’élus cantonaux, le nombre de cantons sera de la moitié du nombre actuel plus un. C’est le cas de la Réunion : 49 cantons actuels donneront 25 cantons bi-nominaux.
 
Les principes étant posés par la loi, il  reste, par décret à déterminer les limites de chaque canton dans chaque département.
Le gouvernement a adressé aux préfets une circulaire dans laquelle il a défini les règles d’organisation de ces cantons.
1. Le respect du principe d’égalité des suffrages, ce même principe grossièrement foulé aux pieds depuis la loi de 1946.
2. Autant que possible respecter l’unité des communes.
3. Les limites cantonales peuvent ne pas respecter les limites des circonscriptions législatives même s’il est souhaitable qu’elles le fassent.
 
C’est le principe d’égalité du suffrage qui domine la construction des nouveaux cantons , selon des messages divers envoyés au gouvernement il y aura là-dessus une grand vigilance du Conseil d’état et du Conseil Constitutionnel.
La Réunion compte 821 125  habitants à la date du recensement.  Elle comptera 25 cantons bi-nominaux. La moyenne de ces cantons sera de 32 845.
Les nouveaux cantons devront avoir une population  comprise dans une fourchette  de 32 845 + ou – 20 %.  C’est-à-dire comprise entre 26 276 et 39 414 habitants.
Ce principe fait grincer les dents chez ceux qui, représentant des petites communes, ont pesé durant soixante ans sur le destin de toute la Réunion, alors qu’ils n’avaient pas la légitimité pour le faire.
Aux dernières élections cantonales, il a fallu :  7 339  voix à Cyrille Hamilcaro pour être élu conseiller général. A Cilaos : 1 473       voix ont suffi à Paul Técher.
Lorsqu’ils ont été élus au Conseil Général, Paul Técher, Olivier Rivière, Michel Dennemont, et Patrick Erudel, ont obtenu respectivement : 1473 voix, 1466 voix, 2 238 voix et 1 490 voix. Soit un total de 6 664 voix.
 
Ainsi, la voix d’un électeur de Saint-Louis pèse quatre fois moins que celle d’un électeur de ces quatre petites communes. 
Au Conseil général ces quatre conseillers ont chacun une voix. Est-cela la démocratie ?
 
Sur ce chapitre, je voudrais rappeler que pour désigner des élus d’égale légitimité, l’Assemblée unique élue au Scrutin proportionnel intégral est la seule solution, c’est celle préconisée par le PCR
Mais puisque l’on nous impose    un droit commun  stupide et    inefficace,  essayons de garantir un minimum de légitimité aux élus.
C’est ce qui est prévu dans la nouvelle loi et le projet de décret présenté au Conseil Général ces jours-ci.
Il s’agit d’une avancée incontestable de la démocratie.
Que nous propose le projet de décret ?
 
1. Les communes de Saint-Denis, Saint-Paul, Le Tampon auront respectivement 4,3, et 2 cantons.
2. Les communes de Sainte-Marie, Saint-Louis, La Possession, Le Port constitueront 1 canton chacune.
Ainsi 13 cantons sur 25 sont formés d’une commune, ou d’une portion d’une seule commune.
Les 12 autres cantons sont organisés autour des autres grandes communes :Saint-Leu, St-Pierre, Saint-Benoît et Saint-André, et La Rivière.
3. Autour de St-Leu : Un canton Etang-Salé, les Avirons et une partie du canton du Piton St-Leu, et un canton Trois-Bassins et Saint-Leu moins une partie du Piton-saint-Leu
4. Autour de La rivière, devenue commune, un canton : La Rivière, Cilaos, Entre-Deux
5. Autour de Saint-Pierre :Saint-Pierre,  Petite Ile et Saint-Joseph formeront un bloc de 4  cantons : un autour de La Ravine des Cabris, un autour du centre ville et Terre-Sainte, un constitué de Grands Bois, Petite Ile et une petite partie de Saint-Joseph, et un pour la partie restante de Saint-Joseph.
6. Autour de Saint-Benoît : un canton Sainte-Anne, Ste-Rose Saint-Philippe, et un canton Saint-Benoît la Plaine des palmistes.
7. Autour de Saint-André : Un canton formé du troisième canton actuel et d’une partie du premier (Ravine Creuse, Rivière du mât les Bas, Cressonnière, Champ Borne  et chemin du centre), un canton formé du deuxième canton de St-André, de Bras-Panon et de Salazie, et un canton formé de Sainte-Suzanne et de cambuston.
 
J’ai bien entendu certains parler de charcutage ! Je propose que ceux qui s’engagent dans cette voix mettent sur la table des propositions alternatives. Bien entendu elles doivent se situer dans le cadre de la loi.
Chacun verra, alors qu’il n’y avait pas beaucoup de solutions autres.
 
Quand le gouvernement (de droite de l’époque) a fait trois cantons à Saint-André, Saint-Louis : même  population  a revendiqué un troisième siège : Virapoullé dirigeait St-André, et Je dirigeais Saint-Louis : on nous a refusé un troisième siège.
 
Pour ma part, je salue les propositions qui nous sont faites, et qui marquent un changement démocratique,  enfin la majorité des Réunionnais quelle qu’elle soit , se retrouvera à la tête du département. Cela a rarement été le cas depuis plus de soixante ans.
Tant de décisions ont été prises qui ont pesé sur le destin des Réunionnais, par des élus qui ne représentaient pas la majorité  ,que tous les démocrates doivent se réjouir, qu’enfin les élus du département auront une égale légitimité.
 
Cette nouvelle loi confère aux partis une responsabilité plus grande, Ils auront le devoir d’organiser leurs candidatures afin de maintenir une représentation des populations des petites communes.
Exemple :  A Saint-Benoît, le PS devra prendre en compte la volonté des électeurs de Sainte-Rose, et de Saint-philippe en désignant sur les quatre candidats qu’il choisira des représentants des petites communes.
A travers ce dispositif, la plupart des petites communes garderont des représentants au Conseil général, mais ces derniers auront été légitimés par un vote d’égale valeur de tous les électeurs du canton.
  Les aventures personnelles de maires élus dans des petites communes, et qui font chanter les autres car ils ont un pouvoir d’arbitrage, vont disparaître.
En disant à travers cette tribune, ma position sur cette question, je reste fidèle au combat pour la démocratie et en dehors de toute considération tactique ou partisane.
 
 

Claude HOARAU



      Partager Partager

Les commentaires

1.Posté par Les miracles existent le 22/12/2013 22:14
Bravo M. HOAREAU! Je suis agréablement surpris!!!

2.Posté par Bèzman dan la cour le 23/12/2013 19:08
Voilà ce que Pierre Vergès (que Claude Hoarau aurait tenu dans ses bras quand ti Pierre était un marmaille) a écrit sur son blog. Ça apparaît comme une réponse à la position du père de l'héritier néo-Rivièrois. Et tournent les violons (lol).
"Avant toute chose, constatons que les conseillers généraux, toutes tendances confondues (Opposition de Droite, Modérés, PLR, PCR-Alliance, et même PS, en la personne de Daniel Huet, élu de Saint-Benoît), ont rejeté le projet de découpage. Seuls quatre élus PS ont voté pour.
Première remarque : personne n’a contesté le bien-fondé de l’application de la parité homme-femme au sein de la future assemblée départementale.
Tout juste a-t-il été évoqué l’adage “charité bien ordonnée commence par soi-même” pour signifier qu’il aurait été plus convaincant pour le législateur de commencer par diminuer par deux le nombre de circonscriptions législatives dans chaque département afin d’aboutir à la parité à l’assemblée nationale.
Deuxième remarque : personne n’a contesté le bien-fondé d’un re découpage cantonal. Bien sûr dans le but d’avoir des populations par canton tendant à un équilibre égalitaire, mais pas dans un but égalitariste.
Il est donc vain de s’abriter derrière cet argument pour tenter de justifier le projet de découpage du gouvernement socialiste et de ses relais locaux.
Troisième remarque : si une telle passion anime les élus concernés, c’est parce qu’ils tiennent à ce que le département garde une influence sur les affaires de notre Île, notamment sur la politique sociale à mener.
Beaucoup n’osent imaginer ce que deviendrait cette politique dans l’hypothèse d’une assemblée unique dirigée par quelqu’un comme Didier Robert.
Quatrième remarque : il faut saluer la position de la présidente Nassimah Dindar qui s’est engagée à annexer à la décision de rejet du projet soumis pour avis les propositions alternatives.
Dommage que le gouvernement n’ait pas daigné consulter les élus locaux, le département notamment, avant de proposer quoi que ce soit.
Et de s’appuyer sur les socialistes locaux et ses relais n’atténue pas ce manquement à l’engagement présidentiel de rompre avec l’attitude de son prédécesseur.
Quoique le premier secrétaire de la Fédération Socialiste, Philippe Leconstant, ait déclaré n’avoir pas été informé du contenu de ce projet de découpage (sic).
Cinquième remarque : la déclaration du même Leconstant selon laquelle du temps où Charles Pasqua était ministre de l’intérieur du gouvernement Chirac, des nouveaux cantons avaient été créés en dehors de toute logique démocratique n’est pas un argument recevable.
En effet, cela signifierait que ceux qui n’ont pas protesté à l’époque seraient définitivement disqualifiés pour s’opposer à un projet actuel, même si ce projet est lui aussi injuste. Drôle de conception de la démocratie.
Sixième remarque : dans les propositions alternatives évoquées lors de cette séance plénière, il a été question de respecter l’exigence d’une représentation démographique plus juste.
Mais il a été également question de la nécessaire prise en compte du fait rural insulaire, avec des populations très importantes par rapport à ce qui existe dans les territoires ruraux et de montagne en France hexagonale.
Sur la base du nombre d’habitants. Pas du nombre d’électeurs, car à ce petit jeu, on va finir par contester un élu, et une élue, d’un futur canton selon que les électrices et les électeurs se seraient mobilisés à hauteur d’un peu plus de 50 %, pendant que dans un autre canton la participation aurait été de 70 voire 80 % !
Septième remarque : ce projet se situe dans le droit fil de la stratégie socialiste de régler le compte de la représentation rurale.
On le retrouve dans la volonté de créer des métropoles autour de l’exercice de la coopération intercommunale.
C’est ainsi que la commune de Saint-Paul revendique la moitié de la représentation de l’assemblée communautaire du TCO.
C’est évidemment la première étape avant la conquête des communes voisines par le biais de représentants “affidés” aux dirigeants Saint-Paulois.
Pour ce qui est des futurs élus départementaux, il est évident que l’intérêt de Saint-Benoît par exemple est de faire élire l’opposant de Sainte-Rose, grâce à l’appoint des électrices et électeurs bénédictins, afin qu’il envisage aux prochaines municipales de briguer le poste de maire.
À ce tarif-là, l’argument avancé d’une personne – une voix devrait conduire à n’avoir qu’une assemblée regroupant les compétences du département et de la région, et qu’une commune… voire aucune pendant qu’on y est.
C’est faire fi de l’histoire administrative qui a pesé sur la politique économique et d’aménagement du territoire, et a permis de contenir l’exode rural.
Alors, évolution oui, dissolution et fusion non !"

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter