sak ifé nout jordu ék nout demin

Aline Murin-Hoarau : "Le ministre a dit, nous n'allons fermer aucune classe"


Invité(e)
Dimanche 15 Mai 2011

La conseillère municipale de Sainte-Suzanne en charge des affaires scolaires, et le conseil municipal, sont solidaires des parents d'élèves de l'école José Barau, et ce depuis le début de leur mouvement. La conseillère régionale a apporté son soutien plus actif cette semaine aux manifestants qui sont la suppression de classe à Deux-Rives. Interview.


Aline Murin-Hoarau : "Le ministre a dit, nous n'allons fermer aucune classe"
Quelles sont les conséquences de cette décision concernant l'école José Barau ?
C'est une  décision lourde de conséquences quand on fait une photographie et une radiographie de la situation économique et sociale de ces quartiers sensibles : le  chômage en est le cancer social. Faut-il rappeler que nous sommes dans une une cité, un quartier populaire, un écart (DeuxRives, centre-ville) sensible : l'école reste le partenaire privilégié pour renforcer la cohésion sociale, notre vivre ensemble. L'école est une seconde famille avec qui on partage dans la solidarité, la fraternité et l'égalité les connaissances. L'école est le lieu qui détecte les problèmes qui affectent l'enfant et sa famille.

Quelles sont les craintes des parents pour leurs enfants et des élus pour le quartier ?
La principale crainte demeure dans le maintien du dialogue de sourds du rectorat. C'est du mépris  face à une population qui a bloqué pendant une semaine l'école alors que leurs enfants ont une évaluation nationale à la rentrée. Leur seul mode d'expression pour faire entendre leur voix a été le blocage. C'est dire leur désespoir mais aussi leur détermination, car pour ces parents, l'école joue un rôle fondamental dans la réussite sociale de leurs enfants. A aucun moment l'inspecteur de l'Académie s'est déplacé pour les entendre. Eux même confrontés aux difficultés qui handicapent leur quotidien, ils souhaitent un avenir meilleur à leurs enfants sans chômage, sans illettrisme, sans violence intrafamiliale… La fermeture d'une classe va aggraver les difficultés dans leur quartier.

Que reprochent les parents et les élus au Rectorat ?
Son manque de dialogue et d'écoute, une incompréhension après l'intervention judicieuse et de la députée Huguette Bello le 3 mars 2011 à l’assemblée nationale. Elle  est intervenue sur la suppression des postes dans l'académie de la Réunion. Son intervention bien musclée a juste suscité l'intervention immédiate de Luc Chatel, ministre  de l'Education en ces termes : "Malgré cela, compte tenu des difficultés de l'île de La Réunion, nous n'allons fermer aucune classe, aucun collège, aucun lycée... Nous allons même faire plus, madame la députée. Parce qu’il y des problèmes de lecture ou illettrisme à La Réunion, nous avons décidé de généraliser l'accompagnement éducatif dans toutes les écoles de l'île, c'est à dire l'accueil de tous les élèves après seize heures pour du soutien scolaire et des activités sportives et culturelles". C'est sûr, il y a quelqu'un qui ment. Et ce ne sont pas les parents inquiets pour l'avenir de leurs enfants.

Quelles alternatives proposez-vous au Rectorat ?
Nous souhaitons éclaircir la situation pour comprendre ce qui se passe véritablement. Comment s'y retrouver lorsque le ministre nous annonce aucune fermeture et le Rectorat reste rigide et sourd à nos demandes. Nous n'acceptons guère ces méthodes d'assimilation qui consiste à faire peur en nous menaçant de faire intervenir les forces de l'ordre car il y aurait entrave à la liberté de travail en bloquant l'école. Quelles autres armes ou moyens ont les parents pour faire face à la décision arbitraire du Rectorat de fermer ces classes sans concertation ?

Si le Rectorat n'entend pas les parents et les élus, quelle suite pourrait-il y avoir à ce mouvement ?
Les parents vont renforcer leur mobilisation. ils vont multiplier les actions. Il vont mettre en avant la rigidité et surdité du Rectorat. En tant qu’adjointe aux affaires scolaires, soutenue par la maire Yolande Pausé et le conseil municipal, nous sommes aucune équivoque avec les parents responsables soucieux de l'avenir de leurs enfants. En ce qui concerne la réduction de moyens dans l'Education nationale à La Réunion, j'invite la classe politique réunionnaise à se mobiliser pour dire non à ces suppressions de plus  de 37 classes à la rentrée prochaine.

Jismy Ramoudou



      Partager Partager

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 27 Décembre 2013 - 01:00 Carburants : plus de 1000 emplois en danger