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Visite de SARKOZY à La Réunion : le débat n’est-il pas faussé ?


Politique
Lundi 30 Mai 2016

27 mai 2016 : Nicolas SARKOZY arrive en tant que chef de parti à La Réunion. S’il est accueilli par une délégation d’élus de droite à Gillot, sa première visite est consacrée à Saint-André. Lequel maire « centriste » de la ville, après avoir accueilli François HOLLANDE en Août 2014, puis laissé entendre son soutien éventuel à Juppé, n’est pas à une contradiction près.


Les oublis de SARKOZY... un bilan « libéral » partagé !

A Saint-André et sur les ondes, M. SARKOZY ne se prive pas d’enfoncer le Président de la République (notamment sur les promesses non tenues du candidat HOLLANDE) en déclarant que celui-ci « a menti aux Réunionnais et que ces derniers n’ont pas voté pour lui pour mettre en place cette politique ». Sur ce point il n’a peut-être tort. Mais SARKOZY le chef du parti LR oublie quand même d’expliquer qu’une partie des orientations actuelles appliquées par le gouvernement émane de sa gouvernance d’avant 2012 et surtout des orientations arrêtées communément avec le PS en 2005 en faisant adopter, hors volonté référendaire et donc populaire, la constitution libérale sur l’Europe qui cadre toutes les décisions austères prises d’abord par la droite avant 2012 puis par l’actuel exécutif. Le bilan est donc un bilan partagé. Et cela l’ancien Président se cache bien de le rappeler. Ce qui n’est pas honnête !

 

Alors à la veille d’élections présidentielles et législatives il conviendrait que la population réunionnaise soit éclairée sur ces réalités de positionnement qui en réalité n’ont fait que renforcer au niveau national le camp « frontiste » représenté par le FN. Les dénis de démocratie successifs, et le mépris permanent des revendications citoyennes par l’ancienne et l’actuelle gouvernance ne peuvent qu’aboutir à une impasse. La vraie question qui doit être posée n’est elle pas celle du modèle de société pour l’avenir. Quel projet peut permettre de rompre avec une orientation libérale affichée par Les Républicains d’une part et voulue mais cachée par la social-démocratie (représentée par une partie du pouvoir socialiste) et ce sans tomber dans le populisme d’un FN aux aguets ?

 

Le débat n’est-il pas faussé ? Si le parti LR gagne l’élection présidentielle, elle aura les mains libres pour mener SA politique libérale. Si l’actuelle majorité exécutive gagne l’élection de 2017, elle sera aussi libre de poursuivre sur le même chemin qu’engagé depuis 2012 puisque confirmé par le vote d’une majorité. Un chemin libéral qui a les mêmes racines constitutionnelles que celui du parti LR… Alors notre devoir n’est-il pas d’éclairer l’opinion sur ces enjeux futurs ? 

 

Les limites d’un système… un nouveau projet redonnant l’espoir !

 

Seule une orientation véritablement progressiste, basée sur le respect de la démocratie, sur la justice sociale, l’égalité, la solidarité reste une alternative crédible. Une orientation consistant à changer de politique et à rompre avec cette mouvance libérale et paradoxale du pouvoir en place.

 

Quant à l’engagement des candidats déclarés ou futurs à la prochaine présidentielle il faudra bien qu’ils se positionnent sur le projet qu’ils entendent défendre dans les outremers et particulièrement à La Réunion, en tenant compte du diagnostic établi et du bilan des 70 ans de départementalisation. Sont-ils d’accord pour reconnaître les limites d’un système qui ne nous permet plus d’avancer et de régler les problèmes de fond exacerbés qui perdurent ? Dans ce cas quel est le nouveau projet de développement que ces candidats proposeront aux Réunionnais ? Parce que les réunionnais attendent des réponses concrètes. Et surtout un projet cohérent redonnant l’espoir d’un avenir meilleur pour tous !


Demain La Réunion



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