sak ifé nout jordu ék nout demin

Saint-Louis : Le contrat de ville a été signé


Politique
Lundi 21 Décembre 2015

Dans le cadre du contrat de ville une signature a eu lieu le 16 décembre 2015 à Saint-Louis, Voici l'intervention de Patrick MALET, maire de Saint-Louis


Monsieur le Sous Préfet à la cohésion sociale,
Monsieur le Sous préfet d’arrondissement
Mesdames et messieurs,

J’ai l’honneur de co présider ce comité de pilotage du nouveau contrat de ville et du Programme de Renouvellement Urbain aux côtés des deux Sous Préfets à qui je souhaite la bienvenue. 

Je remercie particulièrement Mr Gervais Fontaine, Principal du collège Jean Lafosse qui a organisé notre accueil ici ce matin. Tenir ce comité de pilotage dans ces lieux revêt un caractère symbolique et un message fort que nous adressons à ce quartier du Gol et à l’ensemble de nos partenaires.

La politique de la ville redescend enfin sur les quartiers à la rencontre des habitants et des territoires. Après la déshérence et la dilution de l’ancien CUCS par manque de volonté politique, de vision et d’anticipation, je suis heureux de participer à la reconstruction du nouveau contrat de ville. 

Grâce au soutien financier de l’Etat, qui nous a accordé pour cette année un co financement des actions à hauteur de 80%, nous avons pu remettre en route l’équipe opérationnelle et recruter deux nouveaux chefs de projets. La coordonnatrice Bénédicte FAIVRE n’est désormais plus seule pour porter à bout de bras ce dispositif. J’ai par ailleurs délégué à deux élues, Mme M Doihoma pour St Louis et Mme Trottereau pour La Rivière la responsabilité et le pilotage politiques de la politique de la ville.   

Ainsi, la dynamique a repris pour préparer cette nouvelle génération de contrat de ville, à marche forcée et dans un temps très court je vous l’avoue.  

J’ai voulu que l’on redonne du sens à nos actions. Chaque euro dépensé doit servir à améliorer la vie de nos habitants en les incluant au cœur du processus de décision. Je constate que le cloisonnement des politiques publiques, le saupoudrage des financements, la multiplicité des acteurs sont parfois de nature à disperser et à éparpiller la cohérence de l’action publique avec au final peu de lisibilité et d’efficacité.

Je veux croire que ces temps sont révolus et je lance à tous un appel solennel pour que nous réapprenions à travailler ensemble. Votre présence nombreuse aujourd’hui est rassurante et de ce que j’en sais, la production de ce contrat de ville a nécessité la contribution de tous et je vous en remercie.

La situation alarmante de notre commune nous oblige à assembler nos énergies, à fédérer nos efforts pour plus d’intelligence collective. Actions de droit commun, politique de la ville, TFPB, programme de renouvellement urbain, tous ces leviers doivent avoir une seule finalité : amplifier notre action au bénéfice premier de la population et des quartiers. 

Notre ville est aujourd’hui sinistrée mais elle se relèvera. Saint-Louis s’est paupérisée au fil du temps et a fini par devenir une ville stigmatisée, caricaturée et blessée. Elle porte en elle les cicatrices d’un taux de chômage record à La Réunion, qui gangrène le climat social et attise les tensions.

La perte de vitalité économique, le délitement sur le plan social et la situation d'anomie dans laquelle se trouve la Commune produisent une image fortement dégradée de la ville et lui confèrent un positionnement totalement à part dans le paysage local.

La ville s’est développée au fil de l’eau sans cap ni horizon avec la formation de quartiers ghettos, repliés et sans perspectives pour ses habitants. Sans surprises, la nouvelle géographie prioritaire a gagné du terrain, touchant 05 quartiers et plus d’un tiers  de la population. 

Ainsi,  à titre d’exemple, 85% de la population vivant au Gol est couverte par la CAF. Le revenu fiscal médian mensuel par ménage est de 503€.

Dans ce contexte, on voit l’exaspération de la jeunesse désoeuvrée, de  la population désabusée et fataliste qui font preuve de plus en plus de défiance vis-à-vis des institutions. 

Avec une pression fiscale les plus élevées de France alors que seul un quart  des administrés est redevable à l’impôt sur le revenu, la Commune sous tutelle budgétaire doit à la fois résorber son déficit structurel mais aussi redonner un sens à son développement et œuvrer pour améliorer la vie des habitants.

C’est l’enjeu de notre mandat, mon combat au quotidien et le sens de mon engagement pour les Saint-Louisiens : lutter contre les inégalités et ramener de la cohésion sociale dans les quartiers. Je veux croire à un avenir meilleur pour ma ville et rompre la spirale de cette déchéance.

Pourquoi j’y crois en tant que maire ? Parce que je sais que cette ville regorge d’atouts mais qu’elle a besoin d’être bousculée pour se remettre debout. Ce choc doit provenir :
d’une politique volontariste désinhibée, 
de choix de développement sans tiédeur ni fadeur, 
de notre capacité à conscientiser la population pour lui rendre fierté, dignité et espérance,  
d’une ambition décomplexée pour être la porte d’entrée du Sud et reconquérir une place de choix sur la carte territoriale.

J’ai conscience qu’il nous faudra aussi et surtout une gouvernance politique et administrative sans bavures ni fractures, une organisation sans faille et un portage sans faiblesses. 

Je m’y engage car pour Saint-Louis, pour le Gol, pour le Sud et pour l’avenir, nous ne pouvons manquer ce rendez-vous qui nous est donné pour changer la donne.

Candidater la ville de Saint-Louis à l’ANRU a été une opportunité qu’il fallait absolument saisir. Réussir maintenant  à convaincre l’ANRU sur notre projet pour le Gol est un devoir pour moi et la responsabilité collective de mon équipe.

Du Gol des années 1700, terres fertiles de plantations de café, de riz, de  blé et de coton, cultivées par des centaines d’esclaves, au Gol sucrier des années 1800, il nous est permis de rêver au Gol de demain qui libérerait ce quartier des chaînes de son enfermement social et urbain.

Vous l’aurez compris, ce double programme du contrat de ville et du NPNRU, nous devons le réussir ensemble et avec le concours de tous, au nom de l’esprit de solidarité.

Messieurs les Sous Préfets, mesdames et messieurs, en cette période propice, je formule le vœu que Saint-Louis sorte du rouge et du fénoir, que Saint-Louis se sente soutenue et accompagnée par vous tous, que Saint-Louis redevienne une ville prospère où il fait bon vivre. 

Merci de votre attention. 


INFO REUNION



      Partager Partager

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 17 Juin 2022 - 11:41 Jean Jacques MOREL aime son Pays

Lundi 7 Septembre 2020 - 15:00 Alain BENARD : Candidat sur la 2e