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Rolande Cazal, AFECT : "Le harcèlement mental, la violence faites aux femmes de 15 à 25 ans"


Édito
Dimanche 29 Janvier 2012

La présidente de l'Association féminine contre "tristesse, tyrannie, traumatisme" regrette le manque d'engagement des politiques dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Dans cette interview, si Rolande Cazal se félicite de la meilleur écoute des élus, elle déplore le manque de savoir-faire et d'ambition de ces responsables dans ce combat qui touche des femmes de plus en plus jeunes.


Rolande Cazal, AFECT : "Le harcèlement mental, la violence faites aux femmes de 15 à 25 ans"
Quelle est l’écoute des politiques quand vous êtes reçues ?
Les politiques semblent nous prêter une oreille attentive mais comme d’habitude, les actes ont du mal à se concrétiser dans les faits. Au fond, la problématique de la femme ne semble pas être leur priorité….à moins qu’un enjeu électoral se dessine.  Il n’en reste pas moins que l’écoute est tout de même meilleur qu’il y a quelques années : cela signifie qu’il y a malgré tout une augmentation de la prise de conscience.

Pourquoi avez-vous l’impression que les politiques sont déconnectés du dossier de violences faites aux femmes ?
Le politique est en fait sensibilisé sur le sujet de la violence, mais le problème est qu’il ne sait pas trop quoi faire pour enrayer ce phénomène. Alors il oriente sa démarche vers d’autres actions. Par conséquent, le politique ne surgit que lorsqu’il est confronté à un événement dramatique qu’il lui faut gérer. Au fond, le politique est prêt à agir mais seulement en terme de financement des actions et à condition qu’on lui apporte les projets clés en main, et bien entendu que cela lui serve politiquement parlant.

En terme politique vont-ils mieux privilégier le préventif ou le curatif ?
Les deux mon général ! Mais il est clair qu’à long terme c’est le préventif qui prime. Et compte tenu de la génération adulte actuelle qui est déjà fourvoyée dans des schémas de société trop bien ancrés, le salut viendra davantage de l’action sur les jeunes en scolarité première. Mais au préventif et au curatif il faut aussi rajouter le répressif : le préventif pour les jeunes et le répressif pour les adultes peu sensibles à la prévention.

Aujourd’hui quelles sont les violences faites aux femmes pour la génération de 15 à 25 ans ?
Sexuelles et physiques, mais aussi morales voire mentales : le phénomène du harcèlement prend trop d’ampleur.

L’évolution des violences faites aux femmes est plus lié à des comportements ou à l’environnement ou à la société ?
Ce n’est à priori pas une question de comportement. L’environnement et la société oui dans la mesure où personne ne se retrouve dans les évolutions de nos modes de vie qui exigent toujours plus de compétitivité et de savoir paraître. Si l’individu était moins exposé au stress il consacrerait davantage de temps et d’énergie à des valeurs profondes de sens et de respect mutuel. Dans les sociétés primitives les femmes ne sont certes pas adulées, mais elles ne sont pas non plus maltraitées !




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Les commentaires

1.Posté par MCB le 01/02/2012 11:54
La question est de savoir qu'est-ce qui amène le passage à l'acte?
La construction de l'individu se fait au sein de la famille, en regard des modèles parentaux, d'un système de valeurs. Un enfant qui vit dans un milieu carencé affectivement, livré à lui-même, sans repères, à qui personne ne dit: "Non!" peut traduire son mal-être à l'adolescence et à l'âge adulte, dans des passages à l'acte: harcèlement, vol, racket, viol ... La personne souffre de ne pas avoir été entendue. Ce qui fait défaut, c'est l'absence de parole, qui permettrait de désamorcer le passage à l'acte. Comment faire entendre aux politiques, que l'ouverture des espaces de parole seraient bénéfiques aux familles en difficulté, sans être obligé de multiplier les marches blanches qui ne sont en fait, qu'un rituel d'accompagnement du travail de deuil?

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