sak ifé nout jordu ék nout demin

RIEL DEBARS (1948-1999)


Culture - Kiltir
Samedi 4 Septembre 2021

BIOGRAPHIE


RIEL DEBARS (1948-1999)
Riel DEBARS est le pseudonyme de Jean-Pierre DAMBREVILLE qui a exercé une carrière d’avocat. Son pseudonyme est formé du nom du révolutionnaire québécois Louis RIEL. Il est un symbole de la résistance contre la domination anglaise au Québec. Debars vient de l’anagramme bardes.

Il est élève, puis collégien dans la ville de st Louis à la Réunion, il continue ses études en métropole.
Avocat, secrétaire général de mairie (La Possession, Ste Marie,) bâtonnier de l’ordre des avocats il a un parcours professionnel assez mouvementé.

Riel DEBARS est un poète engagé. Il parle de son île de manière « sombre et mélancolique »- « les interrogations debarsiennes » comme le dit Carpanin MARIMOUTOU, son ami privilégié , c’est de savoir la place de l’île dans l’univers et de celle faite à l’homme dans l’île.

 

 

La place de son oeuvre dans la littérature

Riel DEBARS fait partie de ses poètes qui présentent une facette de l’île non paradisiaque. Son propos porte sur l’identité de l’île, l’identité de ceux qui l’habitent, comment ils l’habitent..

Sa poésie est une invitation à un voyage dans l’envers du décor loin des clichés de l’île exotique « Au delà des regards paupières muettes j’écoute les îles que tu veux bien me nommer.. »

 

 

« Nous sommes de partout

Nous venons de nulle part »

 

Il dénonce l’asservissement de l’homme par une politique « perverse »

 

«...Nos paroles nous sont étrangères

nos chants sont des bêlements

nos ségas ventre bas

veulent plaire comme du folklore

nos maloyas papa le maire

veulent effacer les différences

dans un élan assimilateur... »

 

Bibliographie

-Préface de Fazèle de Carpanin MARIMOUTOU- 1978-réédité 2001

-Sirène de fin d’alerte -1979

-Jamaïque Jamaïque -1987

-Le lagon bleu du regard -1991

-Tropiques-1992

- Archipel de Cardamome -1998

 

 

Parenthèse poétique

 

Nous sommes de partout

nous venons de nulle part

nous cherchons une terre

dans un océan de pierres

nous cherchons un pays dans un avenir de barbelés

nous passons nous repassons

nous repassons nos rêves

à en perdre le fil

sur un écran de grisailles

un mur désert qui barre la route des lendemains

nous regardons le soleil

nous regardons la lune

ce n’est pas notre lune

ce n’est pas notre soleil

ce n’est pas notre jour

ce n’est pas notre nuit

notre bardzour est un obstacle

une barricade de cendres

 

Notre jour est la nuit

notre nuit est le jour

une vie couchée

un abîme de grisaille

un mélange de sable et de chaux

une muraille d’ossements

où se fracassent les oiseaux

nous sommes de partout

et nous sommes de partout

et nous ne sommes rien

nous sommes entre deux eaux

entre les mugissements du cyclone

et la moisissure des égouts

nos paroles nous sont étrangères

nos chants sont des bêlements

 

nos ségas ventre bas

veulent plaire comme du folklore

nos maloyas papa le maire

venlent effacer les différences

dans un élan assimilateur

nos prières d’opus dei

nous les vivons encens

 

Depuis le premier jour

depuis le jour de pierre

depuis l’heure tombale

depuis la dévoration du dernier dronte

depuis le jour de cendre

depuis l’asservissement du premier homme

cette île disparaît sous les coups

de sang

 

(extrait de Le Lagon bleu du regard)

 

 

 

 

 

 


Eric Boyer



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