La refondation du PCR sera difficile. Car, c'est le président François Hollande, soutenu depuis les primaires par Paul Vergès et le PCR qui est au pouvoir, avec au Parlement une majorité confortable. Si le PCR "s'est souvent servi de la misère et de la détresse des plus faibles" pour exister et étendre son influence sur La Réunion, jusqu'à devenir le premier parti politique de l'île, le parti communiste réunionnais a toujours su entretenir une stratégie de communication simple. Entre victimisation, culpabilisation et paternalisme.
Paul Vergès dans son discours fondateur du PCR, a fustigé l'héritage post-colonial : les salaires de misère, le manque de respect, l'atteinte à la dignité. Et l'absence de perspectives d'avenir. Et, en ce mois de mai 1959, il avait raison. Son diagnostic de la situation économique, politique et sociale, était juste. La Réunion avait besoin "d'un chef emblématique" pour aller à la bataille "du respect et de la dignité". Il y avait un terreau fertile pour faire pousser et grandir l'idéologie communiste ou celle de Paul Vergès.
Paul Vergès a investi tous les champs de bataille : les champs de cannes, les usines sucrières, le Port et ses dockers, les cheminots, le personnel communal, le BTP… Chaque élection locale ou nationale, chaque fête de Témoignages, chaque premier mai, chaque grève des planteurs, chaque charge des forces de l'ordre… nourrissait l'idéologie du PCR et donnait plus de dimension à l'aura de Paul Vergès. Tantôt la bataille politique (statut de La Réunion), tantôt la bataille identitaire (égalité sociale), tantôt politique (L'Europe dans l'océan Indien), alimentait les dessins d'un leader communiste, devenu omnipotent puis mégalomane.
Ce que La Réunion a longtemps pris pour des victoires historiques, ont été parfois des tours de passe-passe. Ce que La Réunion obtenait d'un côté, il le perdait de l'autre (Fasso - CAF, SMIC, défiscalisation - assiettes d'imposition, Couverture sociale, CMU - Mutuelles…). Les négociations, accords ou connivences avec le pouvoir en place, de Gauche ou de Droite, n'étaient plus cachés. Le pouvoir, l'argent facile (celui des contribuables et des plus pauvres), la prétention, l'arrogance et la condescendance, ont perverti ceux qui s'étaient toujours promis de défendre les travailleurs, les planteurs, les plus faibles…
Peu à peu, les défenseurs des "plus démunis" sont devenus à leur tour "commandeur, gros blancs, et patron". Les fastes des fêtes et des voyages, les effluves des champagnes payés par l'argent des cartes d'adhésion au PCR et les soutiens réclamés par Témoignages, ont enivré la plupart des élus communistes. A La Réunion "le petit peuple continuait à se satisfaire des vaches maigres et de son pain noir. Emprisonnés en haut de leur pyramide, et dans leurs certitudes de poursuivre leur croisade contre la misère et l'injustice sociale, et leur assurance que les "camarades" ceux qui votent, sont toujours "aux ordres", le PCR devenu autiste, n'a plus entendu les suppliques et la colère du peuple.
C'était déjà le cas aux Législatives de 2007, aux Régionales de 2010, aux Sénatoriales de 2011. Et maintenant aux Législatives de 2012. Le PCR va devoir ressortir l'épouvantail de la refondation, brandit à l'issue de chaque défaite depuis 2010. Cette fois-ci, le parti communiste réunionnais n'a plus le choix. Sinon ce parti historique, au coeur de tant de batailles, mourra au profit du mouvement "Pour La Réunion" de Huguette Bello. Ce sera aux militants communistes de décider...
Paul Vergès dans son discours fondateur du PCR, a fustigé l'héritage post-colonial : les salaires de misère, le manque de respect, l'atteinte à la dignité. Et l'absence de perspectives d'avenir. Et, en ce mois de mai 1959, il avait raison. Son diagnostic de la situation économique, politique et sociale, était juste. La Réunion avait besoin "d'un chef emblématique" pour aller à la bataille "du respect et de la dignité". Il y avait un terreau fertile pour faire pousser et grandir l'idéologie communiste ou celle de Paul Vergès.
Paul Vergès a investi tous les champs de bataille : les champs de cannes, les usines sucrières, le Port et ses dockers, les cheminots, le personnel communal, le BTP… Chaque élection locale ou nationale, chaque fête de Témoignages, chaque premier mai, chaque grève des planteurs, chaque charge des forces de l'ordre… nourrissait l'idéologie du PCR et donnait plus de dimension à l'aura de Paul Vergès. Tantôt la bataille politique (statut de La Réunion), tantôt la bataille identitaire (égalité sociale), tantôt politique (L'Europe dans l'océan Indien), alimentait les dessins d'un leader communiste, devenu omnipotent puis mégalomane.
Ce que La Réunion a longtemps pris pour des victoires historiques, ont été parfois des tours de passe-passe. Ce que La Réunion obtenait d'un côté, il le perdait de l'autre (Fasso - CAF, SMIC, défiscalisation - assiettes d'imposition, Couverture sociale, CMU - Mutuelles…). Les négociations, accords ou connivences avec le pouvoir en place, de Gauche ou de Droite, n'étaient plus cachés. Le pouvoir, l'argent facile (celui des contribuables et des plus pauvres), la prétention, l'arrogance et la condescendance, ont perverti ceux qui s'étaient toujours promis de défendre les travailleurs, les planteurs, les plus faibles…
Peu à peu, les défenseurs des "plus démunis" sont devenus à leur tour "commandeur, gros blancs, et patron". Les fastes des fêtes et des voyages, les effluves des champagnes payés par l'argent des cartes d'adhésion au PCR et les soutiens réclamés par Témoignages, ont enivré la plupart des élus communistes. A La Réunion "le petit peuple continuait à se satisfaire des vaches maigres et de son pain noir. Emprisonnés en haut de leur pyramide, et dans leurs certitudes de poursuivre leur croisade contre la misère et l'injustice sociale, et leur assurance que les "camarades" ceux qui votent, sont toujours "aux ordres", le PCR devenu autiste, n'a plus entendu les suppliques et la colère du peuple.
C'était déjà le cas aux Législatives de 2007, aux Régionales de 2010, aux Sénatoriales de 2011. Et maintenant aux Législatives de 2012. Le PCR va devoir ressortir l'épouvantail de la refondation, brandit à l'issue de chaque défaite depuis 2010. Cette fois-ci, le parti communiste réunionnais n'a plus le choix. Sinon ce parti historique, au coeur de tant de batailles, mourra au profit du mouvement "Pour La Réunion" de Huguette Bello. Ce sera aux militants communistes de décider...











