Ayant suivi de très près la mandature Victoria qui s’est terminée par un échec en 2008, ce rapprochement improbable m’a immédiatement interpellé. J’ai voulu comprendre comment deux personnalités ambitieuses, aux rêves hégémoniques, pouvaient se retrouver pour tenter de battre une machine aussi bien huilée que celle d’Annette. Il m’a fallu du temps pour comprendre, mais après des semaines de réflexion en m’appuyant sur les déclarations des uns et des autres, je me suis fait ma propre analyse.
Je commencerai par la plus machiavélique, à savoir Nassimah Dindar. Celle qui prétendait être prête à conduire une liste d’union à condition que tout le monde se place derrière elle, n’a jamais voulu de la mairie de Saint-Denis. Elle, elle veut garder son canton et accessoirement si les conditions le lui permettent le conseil Général l’an prochain. Quitte pour ça à passer un pacte avec Gilbert Annette. Comme tous ceux qui l’ont écrit çà et là, je n’ai aucune preuve, mais tout dans son attitude démontre que cette femme qui est une véritable guerrière en campagne ne s’est jamais battue et qu’elle n’a jamais vraiment mobilisé ses troupes. Il était urgent d’attendre.
Par ailleurs, elle n’a eu de cesse tout au long de ces semaines de brouiller l’image de celui qui pouvait bouleverser tous ses plans, je veux bien évidemment parler de Michel Lagourgue. Par exemple, quand elle était interrogée, elle se trompait toujours de prénom.
Le deuxième homme de cette comédie humaine s’appelle René-Paul Victoria. Après avoir successivement perdu la mairie, la députation, le voilà encore au rendez-vous. Indéniablement ce sera le combat de trop. Les Dionysiens n’en veulent plus. Tout au long de la campagne, on sentait que sa personnalité déplaisait et que dès lors, le plus sage eut été qu’il rentre dans le rang. Hélas, son aveuglement a été le plus fort et l’on connaît le résultat. Aujourd’hui Victoria rime avec passé et nous devons nous tourner vers l’avenir.
A Saint-Denis, l’avenir pour la droite et centre pourrait s’appeler Michel Lagourgue. L’homme a fait une campagne honorable, sincère, trop peut-être. Aux propositions démagogiques, il a préféré un programme bien ficelé avec des éléments financiers réfléchis. Indéniablement le projet Lagourgue, à l’image de celui qui le portait, était crédible. Faut-il en conclure pour autant qu’il est l’homme du renouveau…
En politique comme dans bien d’autres domaines, confondre vitesse et précipitation est souvent source de grandes déceptions. Michel Lagourgue a réussi son entrée. En rugby, on dirait qu’il a marqué un essai. A lui de le transformer pour qu’en 2020, de nombreux Dionysiens aient envie de lui faire confiance pour gérer les affaires de la cité.












