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"Le remaniement de l'alinea 5 de l'article 73 : une mascarade institutionnelle !"


Politique
Mercredi 26 Juin 2013

"Le Fonds monétaire international vient de nous rappeler la tendance mondiale. " Ce qui était jusqu’à maintenant une reprise à deux vitesses, rapide dans les pays émergents et les pays en développement, mais plus faible dans les pays avancés, devient une reprise à trois vitesses".


"Le remaniement de l'alinea 5 de l'article 73 : une mascarade institutionnelle !"
"Les pays émergents et les pays en développement continuent d’afficher une croissance vigoureuse, mais, dans les pays avancés, il semble y avoir une divergence croissante entre les États-Unis, d’une part, et la zone euro, d’autre part. Nos prévisions en témoignent.

La croissance dans les pays émergents et les pays en développement devrait atteindre 5,3 % en 2013 et 5,7 % en 2014. Aux États-Unis, la croissance serait de 1,9 % en 2013 et de 3,0 % en 2014. Par contre, la croissance dans la zone euro atteindrait –0,3 % en 2013 et 1,1 % en 2014.
 
Sans remettre en cause son statut de Département français et de région européenne ultrapériphérique, la Réunion a les moyens de relancer sa machine économique. Faut-il encore qu'une volonté politique l'y accompagne et la fasse sortir de ce débat qui est plus une mascarade institutionnelle qu'une solution d'avenir pour notre île. Je parle de la suppression de l'alinéa 5 de l'article 73 de la Constitution (l'amendement Virapoullé).
 
Rappelons à nos lecteurs que le PIB se décompose comme la somme des consommations, des investissements, des dépenses publiques et de la différence exportations - importations. La demande se résume dans la consommation et les dépenses publiques.
 
Force est de constater que les leviers consommation et investissements ont nettement ralenti ces derniers temps pour raison de crise économique et financière. Par ailleurs, notre modèle d'économie de comptoir a laissé très peu de place au volet export. Je rappelle que la Réunion importe 4,2 milliards d'euros de biens et en exporte 282 millions d'euros...Notre balance commerciale est structurellement déficitaire. Dans un tel contexte, il ne faut pas s'étonner que sur des segments de marchés étroits, plus il y a de concurrence, plus l'accès aux crédits d'entreprise devient difficile pour nos 98% de petites et moyennes entreprises sur un parc de 38 000 entreprises.

Et les outils de défiscalisation dont l' île bénéficie ne font qu' accentuer ces effets pervers. Et même pire, notre économie de comptoir a créé trois sociétés : les catégories socio-professionnelles supérieures qui défiscalisent et libèrent du pouvoir d'achat, la classe moyenne qui s'asphyxie par la charge fiscale qui pèse sur elle et les bénéficiaires de minima sociaux qui s'endettent à coups de crédits revolving pour suivre la cadence des prix imposée par les CSP+. Les disparités de revenus sont une cause majeure de la hausse généralisée des prix à la Réunion. De fait, nul doute que les prix continueront à grimper car les acteurs économiques (monopoles ou non) ne baisseront pas leurs prix tant que la demande existe. C'est une simple loi économique !
 
Or, compte tenu des grands mouvements commerciaux sur l'échiquier mondial et avec ses atouts démographique, culturel, économique, institutionnel et géographique, la Réunion a l'opportunité d'inverser son modèle de développement en réorientant ses outils fiscaux et sociaux, et particulièrement sur son volet export.
 
A cet effet, notre île peut se doter d'un instrument fondamental de développement, de stimulation d'activités en demandant à l'Europe le statut de zone franche pour l'export en concordance avec les traités européens.
 
C' est un outil de stimulations des activités dans notre région. Notre isolement géographique rend nécessaire l'application d'un traitement de faveur par l'Union Européenne. Le régime juridique et fiscal d'une telle zone a pour objectif de promouvoir et d'attirer les investissements étrangers dans notre région afin de stimuler notre volet export et par-là même trouver de nouveaux relais de croissance.
 
Avec des incitants  fiscaux, sociaux, commerciaux, ne menaçant point les finances publiques et protégeant la production locale, contrairement à ceux de certains outils de défiscalisation ou de zones endogènes dites "franches", La Réunion présenterait de sérieux atouts pour un décollage économique et démocratique.
 
La Réunion, dans la République et dans l'Europe, est une réelle opportunité pour le développement durable, faut-il encore vouloir rompre avec notre modèle d'économie de comptoir, sortir du nombrilisme et de l'inertie, et surtout, avoir une vision pour les générations futures.

Yanis Payet, président de l'Union démocrate 



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Les commentaires

1.Posté par J.Claude Barret du MAR/LPLP le 26/06/2013 08:34
Monsieur, une zone franche affranchirait les entreprises qui s'engouffreraient dans la brèche, de toutes les charges sociales, le code du travail serait bannis, ainsi que les syndicats. Nous venons de voir ce qui s'est passé au Bangladesh, où il n'y avait aucune règlementation du travail des ouvrières, plus de 1300 ont été les victimes de ces patrons avides de bénéfices. C'est ce que vous voulez pour la colonie, ou les patrons qui s'installeraient, seraient les nouveaux esclavagistes du 21ème siècle. Dans ces zones franches, le code du travail aurait-il encore droit de cité, quelles serait la place des syndicats? Les travailleurs de ces zones auront-ils droit à une retraite demain, ou seront-ils usés jusqu'au cercueil, jusqu'à la tombe. Les travailleurs réunionnais ne peuvent retourner en esclavage après 165 ans d'une abolition officielle.

2.Posté par celuiquimonte le 26/06/2013 10:18
Une zone franche n'interdit pas le droit du travail. Ca concerne juste les taxes. Ou lé pièg Bayoune. Pren ton retrète don.

3.Posté par Yanis Payet le 26/06/2013 14:45 (depuis mobile)
Monsieur, pour votre information il y a déjà des zones franches à La Réunion, est-ce-que pour autant le droit du travail ou le dialogue social est banni ???

4.Posté par Jean-Claude OTTO-BRUC le 26/06/2013 19:57
La Réunion Zone Franche a été, et reste, l'une des propositions phare du programme de MARINE LE PEN lors de sa dernière campagne Présidentielle 2012. Le développement de l'emploi, donc la réduction du chômage seront les fruits de sa mise en application. L'esclavagisme économique c'est aujourd'hui que nous le subissons !
Jean-Claude

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