sak ifé nout jordu ék nout demin

L'hommage de Samuel Mouen à Stéphane Hessel


Citoyen
Dimanche 17 Mars 2013


C’est à moi qu’il revient l’immense honneur de vous dire les premiers mots.
Au nom de la délégation Réunion/Mayotte du Mouvement International des Indignés, je vous remercie de votre présence.
Merci à chacune et à chacun d’entre vous et soyez tous les bienvenus.
Il fait chaud : Il fait également chaud dans nos cœurs !
Je vais d’emblée entrer dans le vif du sujet en m’adressant à vous, Monsieur Stéphane HESSEL.
Ils sont là vos amis : Résistants, Militants des Droits de l’Homme, militants de la Paix et de la Justice, engagés de l’Humanitaire, acteurs Sociaux et autres...
L’Etat est également présent. Il ne manque que le corps diplomatique et les honneurs militaires.
Ils sont là les filles et fils d’immigrés et de déportés, des militants, partisans de vos neuf vies.
Elle est là, présente, la conscience morale de la Réunion, pour rendre hommage au plus célèbre ambassadeur de la France.
Ils sont tous là pour vous dire MERCI. Et à travers vous, MERCI à tous les pionniers de l’Organisation des Nations Unies.
MERCI à tous les artisans des colonisations, de la coopération.
Encore une fois, MERCI Monsieur HESSEL.
Vous êtes la simplicité même au service de l’engagement. Pourrions-nous tenir sans vous ?
Vous avez joué le match, le jouerons-nous après vous ? Vous nous manquez déjà.
L’Abbé Pierre disait : « c’est à vous d’être formidable. »
C’est à nous d’être formidable.
Vous êtes devenu une célébrité planétaire à travers le manifeste « INDIGNEZ-VOUS ! ».
Même si nous sommes nombreux rassemblés ici, l’hommage que nous vous rendons aujourd’hui ne ressemble en rien à toutes les indignations contre lesquelles vous vous êtes toujours élevées.
Votre œuvre de ce point de vue est tellement noble, importante, significative, exceptionnelle et particulièrement exemplaire que vous êtes rentré dans l’Histoire.
Que dire de votre cri: «  INDIGNEZ-VOUS ! », cri resté gravé dans la mémoire de chacun de nous.
Votre appel a été entendu : des millions d’exemplaires vendus. Le manifeste « INDIGNEZ-VOUS ! » est entré lui aussi dans l’Histoire.
Oui, Monsieur HESSEL vous avez à travers votre exemple, vos mots et vos actes,
sonné le tocsin de la prise de conscience à travers votre message.
La République, vos amis, mais également les adhérents et les sympathisants de vos combats ne se sont pas trompés de lieu pour vous le témoigner ici ou à Paris !
Vous êtes parti, brutalement, sans nous prévenir. Saurions-nous continuer votre action ?
Beaucoup de nos frères mourant ou subissant des indignations ne vous connaissent pas.
Vous n’êtes l’homme des médias.
Vous n’êtes pas l’homme de scène.
 Vous n’êtes pas  l’homme de théâtre :
Votre discrétion et votre simplicité ont toujours brillé.
 Devant vos compagnons de la Résistance, devant vos compagnons de route, modestement, à la place qui est la mienne, je déclare qu’une seule opinion doit exister entre les hommes :
LA VOLONTE DE FAIRE PERDURER VOS COMBATS !
Au nom des Indignés de la Réunion et de Mayotte sans exclusive, je lance un APPEL DE RESISTANCE contre l’extrême pauvreté qui tue les plus démunis et les plus fragiles.
Monsieur HESSEL, puisse votre exemple esquisser l’urgente stratégie de solidarité et d’entreprise qui nous fait parfois défaut.
Ne dormez pas. Où que vous soyez, continuez le combat pour que chacun de nous puisse venir en aide aux sans-abris, aux défavorisés, aux sans-papiers, aux demandeurs d’emplois, aux précaires, aux exclus et à tous les pauvres !
Où que vous soyez, restez éveillé plus que jamais, pour nous permettre de faire bouger les pouvoirs publics et que nos combats commencent à payer.
On a beaucoup dit, beaucoup écrit depuis que vous nous avez quittés, quand est-ce que l’on va agir concrètement ?
Enfin Monsieur HESSEL, ils sont là ici rassemblés quelques uns de vos fils spirituels qui vont prendre le témoin avec les Réunionnais.
Vous nous avez laissé le dessein pour le refus de se résigner.


LES INDIGNATIONS ?
Serions-nous à la hauteur de ce combat, au corps à corps, qu’il va falloir continuer ?
Il fait chaud dans nos cœurs, ce vendredi  15 mars 2013 !
La Réunion, si souvent capable de solidarité, a le droit de pleurer l’être cher que l’humanité vient de perdre.
Je formule le vœu que dans un prochain avenir elle puisse semer les plus belles promesses face aux indignations.
« Chacun fait ce qu’il veut de sa vie, les uns montrent comment la rendre ignoble.
Profitons de la leçon : Rendons la splendide ! » (Abbé Pierre)
Monsieur le Préfet,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président du Conseil Régional,
Madame La Présidente du Conseil Général,
Monsieur le Président de l’Association des Maires,
Madame et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Je termine par ce proverbe togolais :
« Ce que vous avez, on peut vous le prendre, ce que vous êtes, jamais ! »


Indignés



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