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Jean-Paul Virapoullé est-il le seul obstacle à l'union de toute la Droite ?


Édito
Dimanche 18 Septembre 2011

Le congrès de l'Union a consommé la rupture entre d'un côté Jean-Paul Virapoullé, et de l'autre, La Réunion en confiance de Didier Robert. Un résultat mitigé de la Droite aux Sénatoriales, pourrait avoir des conséquences néfastes à quelques mois des Présidentielles et surtout des Législatives 2012. Qui en portera la responsabilité ?


Jean-Paul Virapoullé est-il le seul obstacle à l'union de toute la Droite ?
Une grande partie de la Droite tente de pousser Jean-Paul Virapoullé vers la sortie (ou la retraite) depuis la défaite du sénateur sortant aux Municipales 2008 à Saint-André. Quatre années consécutives, l'ancien député de l'Est qui représente un "passé politique dépassé" selon un des intervenants d'hier, a subi des revers électoraux.

A contrario, Didier Robert qui incarne la relève et le renouvellement de la classe politique, a enregistré une série de succès jusqu'aux Régionales de 2010. Il a su profiter de l'usure du pouvoir de l'Alliance, pour succéder à Paul Vergès à la Région Réunion. Un triomphe pour le jeune premier et une revanche après la perte du Conseil général en 2008.

Cette frénésie et cette euphorie n'ont pas résisté à un an et demi de mandat à la pyramide inversée, et à des Cantonales médiocres. "Nous savions que nous prenions des risques en présentant des candidats neufs et inconnus à ce scrutin. Mais le renouvellement de la classe politique passe par aussi par des tentatives infructueuses", a expliqué Didier Robert.

Cette déconvenue aux Cantonales n'avait rien d'infâmant si l'on place ce vote, dans le contexte d'une politique gouvernementale de "casse sociale", cette contreperformance exprimait une impatience, celle de la population, et l'agacement d'une partie de la Droite, face à l'omnipotence de Didier Robert.

Chaque déplacement du président, chaque voyage ou mission pour le tourisme de la Région Réunion, chaque embauche surtout si elle était tamponnaise, avait le même effet que la MCUR, le tram-train ou le népotisme de la majorité régionale précédente. Didier Robert a quelque sorte, redorer du moins en partie, le blason de Jean-Paul Virapoullé. Et celui d'André Thien-Ah-Koon revenu sur la scène politique.

La Droite est aujourd'hui dans un confit de générations bien entretenu par une partie de la Droite qui ne veut pas voir Didier Robert "s'accaparer tous les pouvoirs". La participation de Jean-Paul Virapoullé ou ses représentants aux différents scrutins, maintient un semblant d'équilibre qui permet à des élus de jouer sur plusieurs tableaux. Ce sera aussi le cas pour ces Sénatoriales.

Le soi-disant conflit de générations masque avant tout l'incapacité de la Droite à se (re)structurer, à optimiser ses outils, à reconnaître ses compétences, à hiérarchiser ses valeurs individuelles, à déléguer les prérogatives, à "prioriser" ses projets pour La Réunion, et à se positionner par rapport aux échéances électorales à venir (surtout pour les Municipales et la collectivité territoriale de 2014).

Alors, Jean-Paul Virapoullé est-il le seul obstacle à l'union de toute la Droite ? Le sénateur sortant est la concrétisation d'une longue pratique politique que beaucoup d'élus ne veulent pas voir disparaître, tant que cela leur permet de conserver leur "pré-carré". Leur pouvoir. Et tout ce que cela leur apporte.

Jean-Paul Virapoullé tout comme Paul Vergès, révèle une autre peur : qui après eux (en terme de dimension politique) pour défendre La Réunion. "Comme eux, nous prendrons le temps d'acquérir les connaissances et les outils pour devenir efficace", a répondu Michel Fontaine.

Avec ou sans Jean-Paul Virapoullé, la Droite - quasi - unie, a-t-elle aujourd'hui la maturité pour appliquer le schéma pratique et efficace pour son devenir ? La réponse sera l'un des enseignements des Sénatoriales du dimanche 25 septembre…




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