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Jean-Luc Mélenchon (1) : "A La Réunion, l'Europe détruit aussi"


Invité(e)
Lundi 25 Avril 2011

Le député européen a fait un compte-rendu détaillé de son séjour à La Réunion sur son blog : http://www.jean-luc-melenchon.fr/. "C’est mon troisième séjour dans l’ile de la Réunion. C’est chaque fois le même vertige de la distance, du faible décalage horaire qui rend tout plus simple et fluide. Puis, sur place, c’est le choc de toutes ces différences dans le cadre si familier des enseignes, pancartes, signalisation communes à tous les départements français.


Jean-Luc Mélenchon (1) : "A La Réunion, l'Europe détruit aussi"
"J’ai tout de même ce pincement au cœur de regret que tout soit si uniformisé d’un bout à l’autre de cette planète que j’ai finalement pas mal parcouru. Cet aéroport, cette enseigne agressive, cette forme, cette couleur : ce pourrait être n’importe où ailleurs autant qu’ici. Je sais que ce ne sont pas seulement les choses qui ont été standardisées. C’est leur usage et pour finir ce sont leurs utilisateurs. Ce monde là nous a uniformisés. Le dedans est sans cesse sous la pression d’être conforme au dehors".

"La première fois j’y vins comme ministre de l’enseignement professionnel. J’en garde un souvenir précis. Pas seulement du fait de l’enchantement que me procure toujours un lieu où je séjourne pour la première fois. Il faut dire qu’a cette occasion là, on avait fait fort. Un survol en hélicoptère pour rejoindre le sud de l’ile m’avait frappé au ventre. On ne sort pas indemne d’avoir survolé un volcan. Il s’y ajoutait l’émotion de trouver la France si loin de l’hexagone et je ne veux pas le cacher. Je parle de la France pour désigner notre langue et notre usage républicain. Car pour le reste je suis bien capable de voir au premier coup d’œil quel incroyable mélange de cultures et de styles se noue sur ce territoire. Je n’en ressens que mieux la République qui les rassemble. On me trouvera sentimental. Je ne m’en cache pas. Mais après tout, mes émotions valent bien celles que nous infligent, à longueur d’années, les communautaristes de tous poils avec leurs névroses identitaires".

"A l’époque, j’avais aussi trouvé sur place, dans un lycée professionnel, un exemple de méthodes  pédagogiques spécialement remarquable. J’en ai fait ensuite cent fois le récit comme d’un modèle. L’exemple illustre la thèse selon laquelle il n’y a pas de contradiction entre l’enseignement professionnel et l’émancipation culturelle des élèves que cet enseignement accueille. Tout le contraire. Là, on avait organisé un cours rassemblant plusieurs disciplines autour de la réalisation de sculptures métalliques géantes. La difficulté venait de ce que ce parcours s’adressait à une classe d’élèves absentéistes. En fait la sculpture métallique géante n’était pas le problème mais la solution. Ce fut un succès total. La qualification professionnelle fut acquise dans le domaine concerné. Celui de la métallerie, si mes souvenirs sont bons. L’intérêt de l’affaire est que les jeunes avaient été conduits à réaliser leur apprentissage à travers un projet en apparence purement culturel. Le secret pédagogique de la démarche  est que la réalisation de l’œuvre mettait en jeu des dizaines de compétences qui une fois réunies font une qualification professionnelle. Résistance des matériaux, soudures, stabilité, peinture, autant de disciplines professionnelles, tout cela était appelé à la rescousse pour construire l’œuvre. Mais avant cela il avait fallu avoir l’idée de l’œuvre à construire. C’est pourquoi avaient été organisées des visites d’exposition. Elles furent d’abord subies par les élèves avant d’être réclamées et attendues avec une impatience digne d’une classe de Beaux Arts. L’absentéisme a cessé dans cette classe et le taux de réussite à l’examen dépassa les 80 %. Ce fut pour moi une éblouissante vérification de l’idée que je me faisais au sujet du lien entre apprentissage technique concrets et cultures considérées comme abstraites. La leçon vaut toujours"...




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