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Huguette Bello et "le manger était tout cuit"


Politique
Vendredi 10 Mai 2013

"Bien que je ne sois au PCR  qu’un modeste militant, je ne peux m’empêcher de réagir à certains de vos propos rapportés dans le quotidien du lundi 7 mai 2O13. Vous déclarez, Mme Bello, que le PLR est né des dernières législatives, mais vous omettez de préciser combien de temps a duré sa gestation".


Huguette Bello et "le manger était tout cuit"
"En effet , je crois savoir que cela fait de nombreuses années que vous avez adopté, envers le PCR , un comportement  contestable, loin, mais très loin, de celui que l’on peut espérer d’un(e) militant(e) et cadre de parti. Il y a une décennie, sinon plus, que vous agissez en adversaire du PCR. Une posture qui a alimenté toutes les conversations.

Dois-je vous rappeler, par exemple, Mme Bello, l’épisode des Régionales de 2004 où, vous conduisant comme une adolescente,  vous avez piqué une crise - scène abondamment commentée par la presse – en raison de la présence de Mme Catherine Gaud sur la liste d’ouverture de l’Alliance conduite par Paul Vergès. Une place que vous estimez vous revenir de droit ! Mais de quel droit ?

 Coïncidence étrange à St-André, c’est votre second d’aujourd’hui au PLR qui boycottait également cette élection. Ce Monsieur a été vexé, par la présence sur cette même liste, et en position éligible (19e) d’Yvon Virapin, militant communiste de longue date.

Est-il besoin que je vous rappelle, ici, les élections européennes du 7 juin 2009  où Elie Hoareau n’a recueilli dans la commune dite "communiste" de Mme Bello que 23 % des suffrages, oui,  23% !!, alors que dans le même temps, il réalisait 66% à Ste-Suzanne, 60% au Port, 55% à St-Louis. Et à ce que je sache, Mme Catherine Gaud ne figurait pas sur la liste de l’Alliance des Outremers  conduite par Elie Hoarau. Alors comment l’expliquez-vous, Mme Bello ?

Je pourrais évoquer aussi le premier tour des régionales de 2010, le premier tour, et j’insiste bien ; il y a eu aussi les sénatoriales, et les attaques répétées, dans la presse, envers la direction du parti  où  Paul Vergès a été à chaque fois visé.

Député depuis 1997, pouvez-dire aux réunionnais, Mme Bello,  quels sont  les revendications ou dossiers importants de la Réunion et portés par le Parti communiste que vous avez défendus ou fait aboutir à l’Assemblée nationale au cours de vos 15 ans de mandature et votre appartenance au PCR ?  

Par ailleurs, vous croyez intelligente de déclarer que vous n’avez jamais été « un espér cuit », qui attend «  le manger tout cuit » !! Pourquoi Mme Bello, vous sentez-vous obligée de descendre aussi bas ? J’avoue que ces propos me font de la peine mais aussi franchement rigoler. Et, je ne dois pas être le seul. Et pour cause.

Avez-vous déjà oublié, Mme Bello, les conditions de votre élection en 1997, en tant que député de la deuxième circonscription ? Une circonscription que vous considérez  depuis – et  cela vous l’avez signifié au PCR - comme étant un territoire réservé ! Puisque vous semblez avoir la mémoire défaillante, je me propose de vous  les rappeler ici. Député sortant de cette circonscription où il a été brillamment élu le 16 septembre 1996, face à Margie Sudre, secrétaire d’état à la francophonie du gouvernement Juppé, Claude Hoarau était à coup sur de retrouver son siège. Et haut la main !

Mais à la demande de son parti, il s’en est allé avec fierté combattre JP Virapoullé dans la cinquième où il en sortira d’ailleurs vainqueur. Le PCR  et Claude Hoarau  vous laissent alors, ou plutôt, vous offrent  sur un plateau la deuxième circonscription. Et pour reprendre votre expression, "le manger était tout cuit" et moi, je dirais même "bien trop cuit". Ce sont donc dans ces circonstances que vous avez été, Mme Bello, élue le premier juin 1997.

Le PCR faisant de vous, la 1ere femme député de l’histoire de la Réunion ! Fonction  qui  vous a permise par la suite de remporter les municipales de St-Paul en 2008. Alors, à votre place Mme Bello, je ferais preuve de beaucoup d’humilité.

Enfin, Mme Bello, s’agissant de l’inégibilité de votre vice-président PLR, humaniste, vous reprenez ses mêmes arguments, délirants. Ce Monsieur ne  doit s’en prendre qu’à lui-même, et à son "cabinet très familial" grassement rémunéré, soi-dit en passant, par l’argent des contribuables.

Par ailleurs,  à St-André, qui  sont ceux qui ont combattu dans les pires conditions, depuis 1957 ? Qui ont affronté les Virapoullé et les nervis durant des décennies ? Et vous, où étiez-vous, Mme Bello ? Quand est-ce, au cours de votre parcours politique au PCR, êtes-vous venus user vos escarpins aux cotés des camarades de St-André ? En toute modestie, Mme Bello, je me devais de vous faire  ces quelques remarques".

Paul - Saint-André



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Les commentaires

1.Posté par jason bourne le 10/05/2013 08:56
saint-paul n'est pas communiste ( les résultats aux différentes élections le montrent) par contre st-paul est pro-bello

personne du pcr n'aurait pu prendre la ville à part elle

2.Posté par RIPOSTE le 10/05/2013 09:40
Ca cogne dure entre communiste !

3.Posté par Baswa le 11/05/2013 08:13
La polémique médiatisée fait apparaître un malaise profond au PCR.
A la limite, cela ne regarde que les militants de ce parti. Malgré tout, le passé historique du mouvement ouvrier réunionnais, les luttes anticoloniales, pour les droits sociaux, pour l'égalité, la reconnaissance de la culture créole, ne peuvent pas laisser insensible l'opinion, le citoyen créole, ou résident, qu'il soit de droite, de gauche ou du centre.
Depuis la naissance du PCR en 1959, en pleine guerre froide, deux camps se sont affrontés, souvent très violemment.
D'un côté, les gaullistes, représentés par Michel Debré, portant le drapeau tricolore, de l'autre, les communistes autonomistes et le drapeau rouge marqué du marteau et de la faucille.
Les campagnes électorales et les élections ont été violentes et frauduleuses. Les autonomistes ont été extraordinairement courageux. Ils ont payé durement leur engagement. Moralement, physiquement, voire tragiquement, face à un pouvoir colonial, soutenu par l'Occident, affolé de l'invasion soviétique dans la zone Océan Indien, tout aussi coloniale.
Bref, cet affrontement a crée des haines et des passions. Celui qui changeait de camp, était un traitre, désigné à la vindicte populaire.
La perte de confiance des peuples aux Républiques Démocratiques dirigées par les marxistes de la 4e Internationale, la victoire en France, le 10 mai 1981, de la gauche socialiste de la 3e Internationale, puis de l'effondrement de l'URSS, a amené le PCR a adopté une nouvelle stratégie.
Enivré par ses victoires municipales de 83, de la Région, du Département, de ses députés élus à l'Assemblée Nationale, des dispositions financières énormes, le PCR devait reconsidérer son positionnement et ses alliances, afin de ne pas perdre ses conquêtes politiques et financières.
Il se désolidarise du PCF, son précieux allié, qui lui a offert un Député Européen en 1979, en appelant à voter pour Mitterrand au premier tour des élections présidentielles de 88. Sidère le candidat Lajoinie et les communistes français, mais aussi bon nombre de communistes réunionnais par cette manœuvre. Manœuvre qui consistait à masquer sa perte de vitesse dans l'électorat et à récupérer les voix reportées sur le candidat socialiste.
Puis toujours dans le schéma, de garder des pouvoirs, le PCR optait pour des "Alliances" avec des adversaires farouches et historiquement anti-communistes primaires. La plupart, renommés pour avoir utilisé des violences.
Au fur et à mesure, des militants, des élus, osaient s'opposer au Parti et refuser ces nouveaux alliés, issus, pour la plupart de la bourgeoisie, méprisant le peuple d'en bas, préférés et choisis sur des listes électorales conduites par le PCR.
Cette stratégie désorientait la base, qui attendait un Congrès, dont le dernier datait de 1980. Le slogan de son Secrétaire Général, à la veille de la victoire de la gauche en France, était: " Camarades, plus que jamais l'Autonomie Démocratique et Populaire est à l'ordre du jour".
Huguette Bello a été aussi une des victimes de ce combat. Elle a vu ses camarades tabassées par les nervis. Elle a participé à des campagnes harassantes et dangereuses, tenu des bureaux électoraux explosifs dans des ambiances électriques encaissant les menaces et les injures.
Ses mandats sont des mandats de candidate du PCR, certes, mais c'est une récompense à son engagement, comme bon nombre de ses camarades du parti.
C'est une différence incomparable à celles et ceux qui ont été élus sans avoir jamais levé le petit doigt en faveur du peuple réunionnais.
Les fossoyeurs du parti sont ces élus aristocrates, les nouveaux amis des dirigeants communistes. Ils n'hésiteront pas à quitter le navire en cas de défaites, si ce n'est pas déjà fait. Ce sont des alimentaires orgueilleux et privilégiés, ils ne sont pas nés pour lutter.
Malheureusement pour le PCR, l'adversaire n'est plus l'aristocratie, c'est leurs anciens camarades de combat qui ont le toupet de dire NON à la collaboration.

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