sak ifé nout jordu ék nout demin

Faouzia Vitry (ACMM) répond à Emeline Vidot (UFR)


Citoyen
Mercredi 6 Novembre 2013


Madame, En tant que jeune militante féministe et présidente d’une association récente regroupant des femmes, de différentes cultures, de différents milieux sociaux dont le seul objectif est de participer à la vie sociale de la famille en général et de la femme réunionnaise en particulier en mettant à contribution nos compétences et nos expériences, je n’ai pas pu rester insensible au mauvais procès que vous avez fait à l’encontre de la présidente du Conseil général dans la presse.

A priori vous êtes la seule réunionnaise à ignorer l’engagement de Nassimah Dindar d’abord  en tant que féministe engagée et ensuite depuis 2004 où elle est devenue Présidente du Conseil général.

Au moment où les valeurs se perdent, nous sommes tous d’accord pour dire que la jeune génération a un besoin crucial de modèles.

Pour ma part, l’envie de m’engager, l’envie d’être utile, l’envie d’apporter ma petite pierre à l’édifice pour participer à la construction d’un monde meilleur vient de mon histoire personnelle, et ensuite du fait d’avoir eu la chance de voir à l’œuvre des modèles tels que Thérèse Baillif, Nassimah Dindar, …

Ne vous déplaise, la cause des femmes est un cheval de bataille de Nassimah Dindar.

Eh oui Madame, depuis son élection en 2004, la Présidente le Conseil général a fait de ce combat une de ses priorités alors que la loi ne lui impose nullement. Chaque année, la collectivité quelle préside consacre ainsi 5 millions d’euros à la lutte contre les violences faites aux femmes, pour ne citer que ce sujet sans avoir besoin de le clamer sur tous les toits ni sur tous les blogs ou médias.

Ayant commencé son militantisme au sein d’associations de femmes, aux côtés de personnalités reconnues, son engagement politique n’a été que le prolongement de ce militantisme associatif, et c’est pourquoi au sein du Conseil général, elle œuvre tous les jours pour l’amélioration des conditions de vie des femmes : la lutte contre les violences, dont je parlais, mais aussi un plan ambitieux pour augmenter l’offre de places de crèches ou en assistantes maternelles, l’augmentation des aides pour leur permettre de poursuivre des études via les bourses départementales,  ou encore des dispositifs et des conventions spécifiques pour les aider à créer des entreprises.

D’autant moins, Madame la Secrétaire générale de l’UFR, vous avez certainement remarqué qu’elle était parmi les seuls quatre élus présents aux Assises présidées par M Chérèque, aucun élu de la mairie de Saint-Paul n’était présent. Vous avez dû vous sentir bien seule !!!

En effet, comme la Présidente Dindar l’a dit, le combat de l’UFR est rétrograde.

Car si l’UFR fut un mouvement avant-gardiste, il est resté sur des paradigmes qui n’ont jamais évolué et sont maintenant totalement déconnectés de la réalité.  De mouvement initialement féministe, l’UFR s’est peu à peu transformé en mouvement uniquement politique, voire politicien, et la manière dont vous abordez les réels problèmes que rencontrent les femmes est toujours empreinte de ce biais politicien.

 Je n’en prendrai qu’un seul exemple, illustrant parfaitement ce point de vue. Votre présidente a toujours soutenu l’élaboration d’une loi-cadre sur les violences intrafamiliales, et elle a à juste titre harangué le gouvernement à ce sujet quand elle était députée de l’opposition. Il y a un an, le 24 novembre 2012, vous faisiez une conférence de presse critiquant les marches blanches organisé par le CEVIF dont je suis la Vice-présidente et annonçant, aux côtés d’une députée socialiste, la rédaction prochaine de cette  loi cadre. Depuis, qu’y a-t-il eu de changé, alors que vous êtes en capacité de faire ?

Comment alors ne pas légitimement penser qu’il ne s’agit que d’une posture politicienne, animée d’aucune réelle volonté ?

Pendant ce temps, loin des grands discours, le Conseil général a notamment financé entre autres deux nouveaux postes d’assistantes sociales dans les commissariats et gendarmeries et mis en place, avec le CEVIF, un réseau d’agents de cohésion familiale qui interviennent dans les collèges.

Je vous invite donc, Madame, plutôt que de faire partager les propos de Madame DINDAR à l’ensemble des réunionnais, à partager votre propre bilan !!!

Mais sans doute cela sera-t-il trop court pour justifier d’un courrier de lecteurs…

Association citoyenne main dans la main



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Les commentaires

1.Posté par Baswa le 09/11/2013 13:21
D'accord ou pas d'accord sur des sujets divers avec l'UFR, semble conforme à la liberté de penser et de s'exprimer.
Dire que l'UFR est rétrograde peut paraître rétrograde. L'Histoire de l'UFR ne remonte pas à 2004. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Cependant, l'attitude et le contenu de l'intervenante laisse le lecteur à sa réflexion sur ce tapage pré-électoral en faveur de la Présidente du Département, certainement candidate aux élections municipales de Saint-Denis.
Madame Dindar est une femme certes, très respectable. Est-elle, pour autant, positionnée différemment de ces collègues élus mâles ? Elle fait les mêmes tractations, n'hésite pas à trahir ses électeurs et ses militants pour flirter avec des opposants et se maintenir au pouvoir. Elle butine de parti en parti.
Au fait, a-t-elle des alliances avec Paul Vergès et le PCR? Ce qui pourrait expliquer cette attitude contre l'UFR de Huguette Bello, la principale cible politique du PCR.
Il est vrai que ces positionnements, défendus par la Présidente de l'ACMM, sont propres à toutes et tous les alimentaires et privilégiés de ce système néocolonial et féodal.
Ils n'ont rien à proposer que de se vautrer dans le pouvoir et les privilèges.
La Réunion, son peuple et sa jeunesse n'ont rien à espérer de tels ou telles individu(e)s, qu'ils soient du sexe féminin ou masculin.

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