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Cindy Dijoux (MJS) : "Et qui est-ce qui occupe les emplois précaires ? Les jeunes !"


Invité(e)
Mercredi 26 Octobre 2011

La présidente du Mouvement des jeunes socialistes de La Réunion a répondu à notre interview. Le sujet : l'emploi des jeunes. Son intervention est longue et détaillée. Nous proposons son interview en trois parties. La première fait un historique de la situation actuelle, elle pointe aussi du doigt les différentes politiques gouvernementales. Entretien.


Cindy Dijoux (MJS) : "Et qui est-ce qui occupe les emplois précaires ? Les jeunes !"
Quel est le regard du Mouvement des Jeunes socialistes sur l'emploi ?
La question de l’emploi est une question cruciale pour nous. Nous commencé par cette thématique en premier. La situation des jeunes dans notre pays était dramatique avant cette nouvelle crise économique. Ça fait 30 ans que ça se dégrade. Ça fait 15 ans qu’on dit, attention, les jeunes générations vont connaître une situation inédite en temps de pays, en vivant moins bien que leurs parents.

Les jeunes sont plus que jamais les premières victimes ?
On était déjà ceux qui subissaient l’emploi le plus précaire, ceux qui subissaient le plus le chômage, ceux qui ne voyaient pas leurs qualifications reconnues et pour qui, quel que soit le niveau de diplôme, le SMIC consistait un horizon indépassable. En 1993, déjà le combat contre le smic-jeunes, les émeutes de 2005, les mobilisations contre le CPE en 2006, la formidable mobilisation électorale des jeunes en 2007.

Les politiques sont devenus autistes ?
À chaque fois les jeunes crient pour leur avenir et à chaque fois, après leur mobilisation, les gouvernements s’en détournent. Et on en revient, comme une fatalité, à chaque fois, au sentiment que pour les jeunes, c’est "no future" : 20% de chômage des jeunes ; 7 points de plus que la moyenne des pays de l’OCDE ; 50 % dans certains quartiers. C’est une responsabilité de long terme. Mais si la gauche a sa part de responsabilité, la droite a quand même fait très fort ces dernières années.

Qui est le plus responsable la Gauche ou la Droite ?
C'est dans ce contexte déjà si particulier d'existence des jeunes que notre génération a dû subir de plein fouet la crise économique. Et là, pour le coup, la politique de la droite a tout simplement été catastrophique. Ce n'est pas simplement que Nicolas Sarkozy n'ait pas vu venir la crise ; c'est que ses choix politiques ont tout simplement ajouté de la crise à la crise.

La crise a été un déclencheur ?
Dans tous les pays en Europe, de gauche comme de droite, et on sait à quel point il y en a de droite, qu’est ce qu’on a fait avec la crise ? Les entreprises ont commencé par arrêter les heures supplémentaires, ensuite elles n’ont pas renouvelé les contrats précaires, elles ont eu recours au chômage partiel. Et enfin seulement, elles ont détruit des emplois en CDI.

Pour vous, Sarkozy s'est trompé ?
Partout en Europe sauf en France. Nicolas Sarkozy a fait un choix unique. Il a subventionné la montée du chômage. Un contre-temps total cette loi sur les heures supplémentaires ! Ça coûte 4 milliards d'euros par an en exonérations de cotisations sociales. Et ça a un effet immédiat : on commence par casser de l’emploi. Et quels emplois trinquent les premiers ? Les emplois précaires.

La précarité, c'est la vraie descente aux enfers ?
Et qui est-ce qui occupe ces emplois précaires ? Les jeunes ! Qui donc se sont retrouvés les premiers aux chômages ? Les jeunes ! Qui verront les premiers terminer leurs droits aux chômages et qui se retrouveront sans rien ? Les jeunes ! Et qui quand ils se retrouvent sans rien et qu'ils n'ont même pas 25 ans n'ont pas le droit au RSA ? Les jeunes et encore les jeunes.

Les premières victimes de la crise, ce sont aussi les jeunes ?
C'est cela le choix de la droite depuis 8 ans, mettre les jeunes en première position : Les premières victimes du chômage avant la crise ; les premiers à être licenciés pendant la crise ; et les premiers à subir la longueur de la crise. On s’en passerai bien ! Mais surtout on s’en rappellera.

Quel est le bilan de Sarkozy ?
On se rappellera de ce bilan, et de ces tristes records parce que nous avons le droit au gouvernement de tous les records. Record du déficit sans aucun investissement. Record de l'augmentation du nombre de chômeurs en un an depuis la seconde guerre mondiale. Record du montant des cadeaux fiscaux aux 1% les plus riches de la population.




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