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​L'ÉCOLOGIE OUI : Mais pas pour l'Outre-mer !


Politique
Jeudi 28 Mai 2015

Incroyable ! Ces dernières semaines, le gouvernement français a pratiqué la discrimination écologique en s’activant en coulisses à Bruxelles pour exclure les régions ultrapériphériques de l’application d’une nouvelle directive européenne visant les limites maximales d’émission de certains polluants : dioxyde de soufre, dioxydes d’azote et particules dans l’atmosphère en provenance des installations de combustion de taille moyenne.


Comment les écologistes français peuvent-ils accepter, sans se contredire, qu’une directive européenne ayant pour but d’améliorer la qualité de l’air, de protéger la nature et les écosystèmes fragiles ainsi que d’améliorer de manière générale la qualité de vie des habitants ne soit appliquée que sur le continent en privant les citoyens ultramarins des régions ultrapériphériques de ses effets positifs ? 

La manœuvre gouvernementale qui consiste à exclure les citoyens ultramarins de ce nouveau cadre législatif européen, est habile puisqu'elle s’est faite sous le couvert d’arguments techniques. Les arguments avancés par la France et en réalité EDF sont fondés sur les difficultés de mise en œuvre de ces normes dans des régions îliennes. Mais comment dès lors expliquer que la France n’ait pas demandé la même exclusion pour les îles bretonnes et pour la Corse ? D’évidence, cette exclusion n’est qu’un prétexte pour éviter à l’Etat français et à l'EDF de procéder aux investissements rendus nécessaires, par la mise aux normes de ces installations.

L'hypocrisie gouvernementale atteint un certain paroxysme quand le gouvernement français fait appel à l’article 349 pour obtenir cette exclusion alors que l’Article 349 du Traité de Lisbonne avait été pensé pour autoriser des mesures positives et non régressives. Il y a donc là détournement assumé de l’Article 349 du Traité de Lisbonne par l’Etat. Personne ne semble l'avoir remarqué ou vigoureusement dénoncé. 

Nous avons critiqué souvent ici-même l'incohérence de l'imposition de normes européennes  sur des territoires souvent tropicaux et d'une autre culture mais ici ce qui nous choque, c'est que l'écologie, le bien commun socialiste, aurait deux poids et deux mesures et qu'ainsi les ultra-marins n'auraient pas le droit à l'air pur. C'est de la mauvaise foi manifeste comme l'est la mise aux normes des installations de traitement des eaux usées à Mayotte repoussée ad vitam aeternam par la France pour nombre de petites communes mahoraises ou reportées récemment pour la Polynésie française, la France ayant là encore détourné l’utilisation de l’article 349 à des fins régressives pour ne pas avoir à investir.

Comme quoi les beaux discours ultra-marins du gouvernement ne sont en fait le plus souvent que des discours électoraux et machiavéliquement calculateurs.

 

Michel Lhomme



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