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Yanis Payet : "Ces sur-rémunérations sont justifiées par la cherté de la vie outre-mer"


Dans la presse
Dimanche 22 Septembre 2013

"Les fonctionnaires ultramarins, de l'Etat et les titulaires de la fonction publique territoriale, bénéficient de nombreux avantages issus d'une époque où il fallait rendre le départ de métropole attractif. Ces sur-rémunérations sont justifiées par la cherté de la vie outre-mer".


Yanis Payet : "Ces sur-rémunérations sont justifiées par la cherté de la vie outre-mer"
"A La Réunion, un fonctionnaire touche un traitement indiciaire brut majoré de 25% (hors congés bonifiés). S'y ajoute un complément dit "temporaire" de 10% avec un indice de correction 1,138 (53% en tout) sans compter d'autres avantages comme l'indemnité temporaire de retraite (ITR) dite aussi "sur-pension".

A la demande d'Yves Jégo, ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, l'INSEE a réalisé une comparaison des prix entre les DOM et la métropole en 2010. L'étude conclut que les prix sont supérieurs de 13% en Guyane, 9,7% en Martinique, 8,3% en Guadeloupe et 6,2% à la Réunion.

On est loin des 53% de sur-rémunérations perçues par les fonctionnaires quand bien même certains douteraient de la sincérité de cette étude...

Dans un tel contexte, on ne sera pas surpris qu'il est 10 fois plus attractif pour un jeune d'aller travailler dans la fonction publique que d'essayer de développer son entreprise. Or, pour le développement de la Réunion, il faut des entreprises...

Par ailleurs, si les sur-rémunérations entretiennent la consommation, une partie du pouvoir d'achat est recyclée sur la métropole sous forme d'importations ou d'épargne. Et les propos d'Arnaud Bellamy-Brown, le directeur de l'Iedom Réunion (institut d'émission d'outre-mer) interrogé sur les niveaux d'épargne viennent corroborer cette affirmation : "Dans notre lettre de mars 2013, nous avons relevé une augmentation de 250 millions d'Euros l'an dernier. En revanche nous ne pouvons pas savoir qui est à l'origine de cette hausse.

Nous savons également que les banques ont accordé moins de prêts pour l'acquisition de biens immobiliers déjà bâtis. Il y a clairement un ralentissement de l'économie lié à une prudence de la clientèle dans le contexte actuel.

Enfin, notre société est de plus en plus en plus éclatée, entre secteur protégé, secteur exposé à des salaires inférieurs et chômeurs. Et les disparités de revenus conduisent logiquement nos acteurs économiques, au nom du profit, à orienter leurs produits en termes de prix vers des consommateurs détenteurs de pouvoir d'achat. C'est une simple loi économique : celle de l'offre et de la demande.

Dès lors, dire que les prix baisseront à la Réunion sans table ronde sur la question des disparités de revenus est une belle fable. Et notre politique fiscale ne fait qu'accentuer le problème.

Ces sur-rémunérations conjuguées aux défiscalisations diverses et mal orientées, entretiennent la flambée des prix au détriment d'une classe moyenne déjà asphyxiée par la pression fiscale et des bénéficiaires de minima sociaux condamnés à s'endetter à coups de crédits revolving pour suivre la cadence des prix imposée par le secteur protégé.

Mais depuis quelques temps, nous constatons que ceux qui sont censés traiter la problématique des prix se focalisent volontairement sur ses effets mais jamais ses causes. Et le bouclier Lurel illustre bien cette approche. Mais quand la plupart des juges au débat sont aussi les parties, nous nous attendons pas à autre chose qu'une mascarade...

Il est bien sûr hors de question que ces 800 millions d'euros de sur-rémunérations quittent notre économie. Mais ils peuvent très bien alimenter un fonds d'épargne au profit de nos fonctionnaires et d'investissements dans l'économie locale.

La Réunion, assise sur un volcan social vit pleinement son allégorie de la caverne et par-là même s'inscrit dans le déni de réalités.

Compte tenu de la nécessité pour notre économie de trouver de nouveaux relais de croissance et de la spécificité de notre tissu économique (98 % de nos entreprises sur les 38 000 sont des TPE, c'est-à-dire des entreprises de moins de 11 salariés).

Compte tenu aussi de l'assèchement du crédit dans le contexte actuel, on pourrait imaginer un fonds d'investissement de proximité (FIP) pour accompagner nos entreprises sur des secteurs ciblés et étudiés par des professionnels. Les sommes allouées par les investisseurs (ici les sur-rémunérations des fonctionnaires ultramarins) seraient bloquées entre 7 et 10 ans et rémunérées en fonction des résultats des entreprises.

Par ailleurs, il existe sur ce type de dispositif des avantages fiscaux attractifs sur les entrées et sorties de capital au-delà d'une certaine durée. Les FIP présenteraient par ailleurs d'autres avantages. Ils permettraient d'injecter de l'argent dans des entreprises locales non cotées en bourse ; d'accompagner les TPE dans leur développement ; de favoriser l'investissement donc l'emploi...Il s'agit bel et bien d'un dispositif où investisseurs, entreprises, salariés et chômeurs, seraient gagnants".

Union démocrate



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Les commentaires

1.Posté par ndldlp le 22/09/2013 11:23 (depuis mobile)
la sur rem doit financer la.continuite economique Reunion/mère patrie sans que ne soit exclus l obligation poir les. groupes metro de faire repercuter sur leur perimetre nationale les surcouts lies a lapprovisionnement de la Reunion.

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