sak ifé nout jordu ék nout demin

"Vers une sécurité alimentaire à La Réunion"


Dans la presse
Jeudi 28 Février 2013

"Autosuffisance, souveraineté, autonomie, ou sécurité alimentaire ? Ce dernier mot colle plus à la réalité réunionnaise. L’essentiel est de dépendre le moins possible d’intrants, de limiter au maximum l’empreinte carbonée des denrées en augmentant la part locale de la production".


"Vers une sécurité alimentaire à La Réunion"
"Ceci passe par le soutien de l’agriculture maraîchère versus la canne. Quelques constats (sources : ministère de l’agriculture 2011) :
- La canne représente 57% de la surface agraire. Les exploitations cannières s’élargissent et bénéficient à peu de propriétaires. Les rendements en sucre, grâce à la recherche, sont excellents.
- Les surfaces bio augmente de 12.3% d’un exercice à l’autre en métropole, elles sont de 381 ha, 556 ha si on y ajoute les terres en conversion, soit 0.9% de la terre arable, à La Réunion.
- Le chiffre d’affaires (CA) de l’agriculture réunionnaise est de 384 millions d’euros, dont 130 pour la canne, y inclus 110 d’aides publiques, soit 1/3 du CA, mais véritablement 20 millions, soit 5% du CA si l’on exclut les subventions, pour 3/5 de la terre. De plus, l’aide publique et européenne n’est pas certaine d’être renouvelée en 2014.
- L’agriculture vivrière représente un CA de 144 millions, dont 8 de subventions.
- Nous somme autonomes à 75% sur les fruits et légumes, à 10% sur la viande, éloignés de l’objectif.

En l’absence de subventions, dont on ignore d’ailleurs la répartition - à qui profitent-elles ? -, l’avenir de la canne est incertain. Et ce n’est pas l’utilisation d’autres variétés comme la canne-fibre qui changera la donne.

Si l’objectif est cette sécurité, la canne doit passer APRES. Cependant il existe de puissants lobbyings associés aux résistances de la représentation de la canne dans l’imaginaire populaire. Or La Réunion n’a pas toujours été une île cannière.

On ne nous parle que de contraintes :
-"la canne est indispensable car elle "tient" la terre" ;
- le maraîchage pose un problème d’horaires pour la vente des légumes et fruits fraîchement cueillis sur les marchés (levers avant l’aurore)" ;
- l’agriculture maraîchère n’est pas la priorité de la Chambre, encore moins le bio.

La terre réunionnaise est appauvrie par les intrants, même si la canne en consomme peu. Pour parvenir aux fins de sécurité alimentaire, il faudra contraindre les contraintes, pratiquer l’agri-forestation pour "tenir" la terre, l’enrichir, et remplacer progressivement la canne par de l’agriculture maraîchère pour environ 30% de la surface. N’ayez crainte. La canne n’aura pas disparu.

Nous importons 600 millions d’euros pour nourrir nos animaux d’élevage, essentiellement en OGM (tourteaux de soja). Nous devons réfléchir à d’autres débouchés d’importation comme la zone Océan Indien, et à favoriser l’emploi à partir des subventions.

Le tout dans un absolu respect environnemental : l’Europe impose en 2020 un objectif de 20% d’agriculture biologique. On est loin du compte, y compris en France métropolitaine. Or la conversion en bio se fait sur 5 ans, et sur 8 ans dans l’arboriculture : l’urgence vers le bio est donc absolue et immédiate ! Et les débouchés existent : AMAP, Rûches (deux à La Réunion), cantines, et ne demandent qu’à se développer.

Quelles actions mener ? La première est l’information, le conseil près des élèves dans les lycées agricoles. Savez-vous que la matière la mieux notée est la manipulation des pesticides chimiques ! Auprès des agriculteurs : la protection des captages d’eau, l’utilisation exclusive d’agriculture bio au voisinage de ces captages, pour ne citer que deux exemples.

Propose-t-on d’autres solutions que la canne ? Les budgets d’étude ne doivent ils qu’exclusivement porter sur le rendement en sucre ? Sur l’agro-écologie, les techniques d’allélopathie, c’est-à-dire de mixage, sur une même terre, de diverses cultures s’accordant entre elles et s’entraidant, comme le Milpa au Mexique (maïs, courge, haricot), ou le push-pull au Malawi (maïs, herbe à sorcières, herbe à éléphants), n’y a-t-il aucune recherche possible ?

Ce sont là aussi sources d’emploi qualifié. Des solutions peuvent sortir de conférences de consensus entre producteurs et consommateurs, de l’apprentissage des produits auprès des consommateurs, de développements de jardins partagés. Evidemment c’est plus compliqué que la monoculture canonnière…"

Dr Bruno Bourgeon, membre EELV Réunion



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Les commentaires

1.Posté par Jako le 28/02/2013 06:44
Oui, il faut arrêter avec les intrants…
Rendez-vous à la prochaîne rentrée scolaire…

2.Posté par Bayoune le 28/02/2013 16:39
San alé gardé sate i so pass au Mexique ou o Malwi, avan ke sète montruosité de départementalisasiyon i prann kor la Réniyon, bann, noute granpère lavé pa bezwin konséyé i sorte déor, zot té i koné koman prodwire pou nouri domoune. Nou na sate i fo anou isi pou nouri noute popilasiyon, solman la désidé fé la kane o maksimom pou anrisi bann groblan - qui sont ou plito qui étaient les actionnaires dans les usines sucrière, et avec une main mise sur le crédit agricole qui devait aidé les planteurs, cette banque a fait le contraire et a aidé à la ruine des petits planteurs. Le maraîchage ou les vergers n'ont pas été tellement encouragé. En nous basant sur les cultures anciennes, nous avons à la Réunion suffisamment de tubercule de graminée pour nourrir sainement nos animaux sans importer les aliments OGN qui empoisonnent la vie animale et humaine. Il faut les remettre à l'ordre du jour pour arrêter ou du moins freiner l'importation massive d'aliment pour les animaux. Pour nous rendre moins dépendant , Il faudra laisser l'initiative aux réunionnais, qui ont su garder la culture du travail. Les anciens qui restent seront des aides précieuses.

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