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Thierry Robert : "L’allongement de la durée des contrats aidés, aurait des répercussions néfastes"


Invité(e)
Jeudi 7 Février 2013

"Je voulais vous donner mon ressenti par rapport à la réunion de mardi à la préfecture. Ce n’était pas une commission de transparence comme annoncé mais une simple réunion d’information sur les emplois d’avenir. Tout était calé, l’arrêté sorti, d’ailleurs nous l’avons reçu en mairie".


Thierry Robert : "L’allongement de la durée des contrats aidés, aurait des répercussions néfastes"
"A aucun moment, au cours de cette réunion, notre avis n’a été sollicité. Nous n’avons même pas pu parler de la répartition des contrats aidés. Encore une fois, sur un sujet aussi sensible que les contrats aidés, l’Etat décide de jouer solo.

Mardi, avec deux autres maires, nous avons prévenu le préfet que l’allongement de la durée des contrats aurait des répercussions néfastes sur l’attribution des contrats aidés.

Répercussions, que nous, élus de proximité allons devoir subir. Malgré l’insistance de trois maires, censés connaître le terrain  nous nous sommes heurtés à des arguments qui relèvent de la théorie.

C’est sûr, les technocrates de la préfecture sont très loin d’imaginer la réalité du terrain vu qu’ils ne la vivent pas au quotidien. S’ils considèrent que nous ne connaissons rien à la réalité de nos territoires, il faudrait révoquer les 24 maires et les remplacer par des technocrates.

Dans la même teneur, la sous-préfète de St-Benoît a envoyé un courriel en début d’année aux DGS de l’Est afin de leur indiquer qu’il y aurait un ratio de 4 CAE-CUI pour 1 emploi d’avenir. C’est tout bonnement illégal. Comme ils se sont aperçus qu’il n’était pas possible d’imposer cette contrainte aux communes, ils ont modifié le taux d’aide de l’Etat concernant la tranche d’âge des 16-25 ans e passant à 60 % le taux d’aide de l’Etat.

Pendant cette réunion, nous avons eu droit à des comparaisons incessantes avec la métropole, comme si nous n’étions pas à la Réunion, et que nous n’avions pas de spécificités ici.

Devant l’urgence sociale, allonger la durée des contrats relève de l’irresponsabilité. Le préfet souhaite par exemple qu’une cantinière travaille 10 mois dans une école. Sur une année, une seule personne pourra occuper ce poste de cantinière alors qu’auparavant, on pouvait proposer un contrat à 2 personnes.

Devant la montée en flèche du chômage, 500 personnes par exemple attendent un emploi à St-Leu. L’attente pour bénéficier d’un contrat aidé passera de 3 à 6 ans.

Pour reprendre les propos d’un Conseiller Général PS, aujourd’hui on dit aux gens de revenir dans 3 ans, on leur dira bientôt, revenez dans 6 ans….

Devant notre masse salariale déjà conséquente, l’allongement de la durée du contrat fait qu’on ne pourra pas utiliser la totalité du quota qui nous est alloué. Il est donc tout à fait probable que des contrats non pourvus retournent à Paris. Ceux qui ont imaginé ce dispositif n’ont peut-être pas vu cet effet pervers.

Au final, devant la situation actuelle, allonger la durée des contrats aidés est irresponsable. Il ne faut pas arrêter le dispositif de contrats aidés, c’est un dispositif d’urgence.

Aujourd’hui , nous sommes en droit d’attendre de l’Etat des solutions pérennes pour l’emploi à la Réunion. Les emplois d’avenir, mesure phare annoncée comme la panacée par l’Etat, sont des contrats aidés, à croire que la finalité pour la Réunion, ce sont les contrats aidés. C’est triste.

Je ne veux pas de cet avenir pour nos enfants, d’autant que des solutions pérennes existent :
5 axes pour contrer le chômage à La Réunion :
- Relancer l’artisanat local,
- Mettre en place des mesures de défiscalisation dans le domaine du tourisme, des NTIC et des énergies renouvelables,
- Relancer la production locale par l’adaptation des procédures des marchés publics,
- Booster la construction de logements sociaux,
- Relancer les grands chantiers pour que les grands travaux reprennent à leur tour.

Pourquoi ne pas avoir orienter le dispositif "Emplois d’avenir" vers le secteur marchand ?  D’ailleurs, j’avais proposé cinq amendements en ce sens, amendements qui ont rejetés, pour des raisons partisanes, je pense.

Pour conclure, l’Etat s’était présenté comme le grand seigneur qui allait sauver la Réunion grâce aux emplois d’avenir, aujourd’hui, la réalité est toute autre et on s’interroge sur la finalité réelle de cette mesure.

L’Etat nous a affirmé qu’il participerait à hauteur de 75 % alors qu’en réalité, en y rajoutant les charges patronales, la participation s’abaisse à 65%. Quel est l’objectif de ce dispositif ? Permettre à l’Etat de faire des économies ?

Voilà, je vous ai fait part de mon analyse sur ce dispositif d’emplois d’avenir".

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