sak ifé nout jordu ék nout demin

Pour l’ouverture d’un travail mémoriel et muséal sur la condition féminine en terre réunionnaise


Citoyen
Mardi 8 Mars 2016

La journée du 8 mars 2016 est la Journée internationale pour les droits des femmes. Sera-t-elle consacrée à la folklorisation médiatique, à la dérive commerciale et consumériste imposée par une élite de nanti-es ou alors à l’engagement total pour un changement de politique en faveur des victimes de la colonisation ?


​8 mars : Journée internationale des Droits des Femmes

Plus personne n’ignore aujourd’hui que La Réunion est un Département socialement hors norme. C’est le triste résultat d’une politique qui a refusé aux Réunionnaises et Réunionnais l’application de l’article 2 de la loi du 19 mars 1946, dite loi d’Egalité. Pourtant tout était clairement exprimé lors des législatives du 21 octobre 1945 et qui avaient vu la victoire de Raymond Vergès et Léon de Lépervanche. Ils prônaient de mettre fin au statut colonial par le Département. La section réunionnaise de l’Union des Femmes de France, devenue en 1959 l’Union des Femmes de La Réunion, avait largement contribué à cette victoire.

À Paris, les gouvernements successifs qui ont bafoué ainsi le choix démocratique de la population réunionnaise, portent l’entière responsabilité de la crise actuelle. On ne peut pas vouloir le Département sans ses exigences logiques d’Egalité. Dans cette trahison, ces gouvernements ont bénéficié de complicités réunionnaises durant des dizaines d’années.

Honte à ces politiques qui n’ont pas fait honneur aux Femmes qui votaient, pour la première fois, à une élection législative, alors que les Hommes avaient acquis ce droit dès l’abolition de l’esclavage en 1848, soit 97 ans avant. Il est vrai que les Réunionnaises avaient voté majoritairement dans l’espoir que ce changement radical allait mettre fin à près de 300 ans d’abus de toutes sortes. Qu’on se rappelle qu’à certains moments, on importait 80 % d’hommes et 20 % de femmes.

À cette époque, la grande majorité des Réunionnais n’avait pas le statut d’être humain. Les propriétaires des plantations avaient avant tout besoin de la force physique des hommes. Les femmes étaient considérées comme des « reproductrices », et étaient là également pour subir les violences sexuelles des possédants qui les traitaient comme des objets. Ces violences ont laissé des traces qui peinent à s’effacer, 167 ans après l’abolition de l’esclavage.
 
 70 ans après la promulgation de la loi d’égalité, ce sont les inégalités qui restent la norme à La Réunion. Mais pour une partie de la population, les femmes, cette injustice est encore plus flagrante. Nos compatriotes sont encore plus touchées par le chômage. Quand elles ont un emploi, elles ont trop souvent des salaires inférieurs pour un même travail. Elles subissent des discriminations pour le déroulement de leurs carrières, et l’accès à des postes à responsabilité. Si la loi peut aider à faire reculer ces inégalités, cela ne suffit pas. Le PCR estime qu’il est nécessaire d’opérer une révolution dans les mentalités, grâce à l’éducation, la solidarité et au travail de mémoire.

Le PCR se félicite d’avoir contribué à la proposition de loi qui a conduit à ce que la France reconnaisse l’Esclavage “crime contre l’Humanité”. De nombreuses initiatives existent déjà. Le PCR préconise que le 8 mars 2016 soit l’occasion de réclamer l’ouverture d’un travail mémoriel et muséal sur la condition féminine en terre réunionnaise durant 350 ans.
Ce travail doit être ouvert à toute la société pour débattre de l’avenir commun ainsi que de la cohésion sociale, débarrassée de l’héritage de violence socio-historique.


Simone Yée Chong Tchi Kan 
Ghislaine Cataye 
Ginette Sinapin 
Camille Dieudonné




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