sak ifé nout jordu ék nout demin

Pour l’affirmation de la dimension spirituelle


Dans la presse
Dimanche 8 Septembre 2013

Les crises, avant d’être un problème d’argent, sont d’abord un problème d’idéologie qui ne voit de bonheur pour l’humanité que dans la course à l’accumulation de richesses matérielles, où l’avoir matériel prime sur l’être essentiel sans autre considération morale ou spirituelle.


Pour l’affirmation de la dimension spirituelle
Ces systèmes, libéralisme, socialisme, communisme,  capitalisme sont concomitants d‘une explosion des inégalités entre les nations et entre les hommes dans les nations. Par le gonflement des bulles qui explosent, par la formation des rentes au détriment du travail, ces systèmes déstabilisent en permanence l’économie et amorcent une bombe sociale à retardement.

De cette inconscience de la dimension spirituelle,  naissent toutes les crises. Cette ignorance initiale engendre la confusion d’où naît la frustration, l’angoisse et la peur. « La possession d’argent apaise notre inquiétude et celle-ci se mesure à la prime que nous exigeons pour nous séparer de cet argent » selon Keynes. La consommation matérielle outrancière et les comptes en banque donnent l’illusion de sécurité croyant dissoudre les angoisses inconscientes  par l’assouvissement d’une soif insatiable.  Partout dans le monde ces systèmes censés faire le bonheur de l’humanité mènent à la faillite et causent malheur.
Le  vrai problème est d’abord en soi. Pour transformer notre société,  il faut au préalable se transformer soi même en profondeur. L’émergence d’une conscience intégrale de l’être permet une vision globale de la société et des hommes. Alors, la conscience d’être, prime sur l’avoir et le paraître.

A défaut, les crises financières ressurgiront toujours d’une façon ou d’une autre, parce qu’on ne  saura pas mieux maîtriser les relations de la finance et de l’économie réelle tout le temps que l’homme n’aura pas dépassé le ’’désir morbide de liquidité’’  qui renvoie à ’’la pulsion de mort’’ nichée au cœur du capitalisme, pulsion qui le pousse à détruire et à s’autodétruire selon Keynes approuvé par Freud.
Sans cette prise de conscience fondamentale, on pourra réformer, fignoler, bricoler tous les plans de développement possibles, avec tous les outils techniques  que l’on pourra inventer. Au fond rien ne changera. Bien au contraire la dérive actuelle continuera de crise en crise. Nous faisons cela depuis des générations et les crises demeurent et s’aggravent.

Dés lors que la dimension spirituelle inspire et dirige la politique, et les affaires, alors face à l’évolution du monde, à ses défis, aux crises répétitives,  aux aléas climatiques, La Réunion aura les moyens et le pouvoir de subvenir aux besoins prioritaires de sa population, seule façon pour notre territoire d’atténuer les secousses d’une mondialisation sur lesquelles nous n’avons aucune prise pour les infléchir et encore moins pour les dévier. Les patrons comprendront alors la nécessité de répartir équitablement  les richesses, comprenant enfin que les salariés des uns sont les clients des autres et que les salaires des uns font le chiffre d’affaire des autres. Toutes les grandes entreprises implantées sur le territoire, oublieront le service d’eux-mêmes pour la primauté au service du territoire,  en comprenant  alors que leur enrichissement ne peut se faire au détriment du territoire et de sa population, car en  appauvrissant   ceux qui sont à la source de leur enrichissement elles  finiront alors  par s’appauvrir aussi, avant de quitter le territoire devenu désert économique. Restera au politique le devoir  de définir le cadre législatif d’un compromis économique et social vertueux pour réunir les conditions  d’une telle société de fraternité et de responsabilité.


à suivre…

Paul JUNOT



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