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Pierre Verges : Les raisons de mon soutien à Jean Piot sur Saint-Louis


Politique
Dimanche 16 Février 2014

Dans la vie politique, un engagement déterminé, même si nous l'estimons juste, peut nous amener à commettre des erreurs. Parmi ces erreurs figure, en ce qui me concerne, celle commise à la veille des élections cantonales et municipales de 2001.


L'importance de ces échéances électorales de mars 2001 était d'autant plus évidente que celles-ci s'inscrivaient dans un contexte de fracture de la société réunionnaise. En effet, La Réunion était partagée entre les partisans et les adversaires de la bi-départementalisation.
 
C'est pourtant à ce moment périlleux que j'ai été chargé avec d'autres responsables, au nom de la direction du PCR, de rencontrer Jean Piot. Il s'agissait de le convaincre de démissionner de son poste de conseiller général.
 
Celui-ci, brillamment élu 3 ans plus tôt, et respecté au département pour son sérieux et sa connaissance des dossiers, avait été prié par la direction du PCR, de démissionner de son mandat qui ne devait s'achever qu'en mars 2004.
 
L'objectif poursuivi était de laisser la place à Roger Hoarau, conseiller régional démissionnaire, afin que ce dernier soit candidat à une élection cantonale partielle qui s'ajoutait au renouvellement de la moitié des conseillers généraux en mars 2001.
 
Jean Piot, dans son entretien avec nous à la permanence du PCR à Saint-Pierre, ne contestait pas qu'il détenait son mandat en grande partie grâce au soutien du PCR.
 
Estimant que les élections s'annonçaient difficiles, Jean Piot nous avait alors proposé de s'engager par écrit à démissionner. Mais il demandait que cette démission devienne effective et soit rendue publique après les municipales.
 
Malheureusement, notre "mandat de négociation" était strict : Jean Piot devait démissionner sans plus attendre. Il a donc accepté, à contrecœur.
 
Les conséquences de cette initiative s'avéreront désastreuses :
 
au 1er tour de ces élections cantonales, le candidat de la droite contre Roger Hoarau, s'est retrouvé en ballotage plus que favorable dans le canton de Saint-Louis. Dans le même temps, la liste qu'il conduisait aux municipales mettait en ballotage "serré" la liste du maire sortant Guy Ethève ;
 
au deuxième tour, il l'emportait largement dans le canton, et bénéficiant de cette dynamique, l'emportait aux municipales d'un petit écart de 267 voix sur Guy Ethève.
 
Malgré cette erreur stratégique, Jean Piot est resté fidèle au PCR.
 
En politique, il ne s'agit pas d'inscrire comme "règle d'or" le "droit à réparation" des erreurs commises. Mais les ignorer, et de surcroît les renouveler, ne peut que conduire leurs auteurs à prendre aujourd'hui une lourde responsabilité dans un contexte aussi difficile que celui de 2001.
 
En juin 2013, j'ai décidé de ne plus faire partie de l'organisation. Je préfère, comme je l'ai dit dans une tribune libre parue alors dans la presse, garder le souvenir d'une "grande famille" qui portait haut le flambeau de principes forts, notamment le respect, le désintéressement, la solidarité et  la fraternité, que d'aucuns reconnaissaient manquer dans les partis politiques traditionnels.
 
En tant qu'homme politique engagé, aux convictions inchangées, je voudrais donner mon point de vue sur ce qui se passe dans une commune qui souhaite "tourner la page".
 
Je sais que ce n'est pas la position adoptée par Paul Vergès. Cela n'affecte en rien le profond respect que j'ai envers lui. Cela n'entame en rien l'affection que je lui porte.
 
Par ailleurs, le respect envers des personnes qui se sont manifestées dans le passé, et pour certains encore aujourd'hui, par un engagement militant que je ne conteste pas, reste intact.
 
Mais je considère que les responsables actuels du PCR se trompent dans cette compétition électorale saint-louisienne. La voie de la sagesse nous dicte de soutenir celui qui conduira une liste susceptible de donner un signal fort dont l'écho dépassera les limites de Saint-Louis.
 
Ce signal s'adresse à des citoyens inquiets, mais motivés pour construire, ensemble, un avenir pour des générations qui ont grandi sans que certains s'en aperçoivent.
 
La création de la commune de La Rivière auraient aujourd'hui des conséquences incertaines au regard de la situation financière difficile de Saint-Louis et des restrictions budgétaires imposées par les gouvernements successifs.
 
Que souhaite la population de Saint-Louis ? A l'évidence, retrouver un climat politique apaisé, en choisissant une équipe municipale soudée, dont le principal objectif sera de redresser les finances de la commune. 
 
Le docteur Piot est celui qui a les qualités exigées pour assumer avec réussite cette lourde tâche :
 
courage, celui de dire la vérité, quoi qu'il en coûte, en refusant de donner de fâcheuses illusions dans un contexte de difficultés budgétaires persistantes, et même croissantes, par des promesses inconsidérées;
 
détermination, celle de protéger les plus démunis sans les dresser contre ceux qui, contribuables, ont aussi à assumer de plus en plus de charges financières;
 
ouverture d'esprit - celle de faire le maximum pour rassembler au-delà de toute volonté partisane.
 
C'est ce respect envers ses interlocuteurs quels qu'ils soient, qui fera la différence ; c'est cette écoute sincère à l'égard de toutes et tous, qui fera la différence; c'est cet appel à un engagement citoyen marqué par la considération envers chaque administré, qui fera la différence.
 
L'urgence est à la réconciliation de tous à Saint-Louis et à La Rivière, en transcendant les oppositions entretenues par des partis sur des bases parfois erronées.
 
C'est pourquoi j'appelle toutes celles et tous ceux qui veulent préserver un espoir pour les échéances futures, à voter pour la liste conduite par le docteur Jean Piot.

Pierre Vergès



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Les commentaires

1.Posté par Jako le 17/02/2014 06:15
i doit être compliqué les repas de famille…

2.Posté par arrete maltraite à nous le 17/02/2014 06:25
" En politique, il ne s'agit pas d'inscrire comme "règle d'or" le "droit à réparation" des erreurs commises. Mais les ignorer, et de surcroît les renouveler, ne peut que conduire leurs auteurs à prendre aujourd'hui une lourde responsabilité ( ..)
Cela ressemble étrangement à ce qui se passe sur Sainte -Suzanne
Merci pour cet éclairage Pierre

« courage, celui de dire la vérité, quoi qu'il en coûte, en refusant de donner de fâcheuses illusions dans un contexte de difficultés budgétaires persistantes, et même croissantes, par des promesses inconsidérées »
Et oui Pierre, la vérité éclatera encore et encore et cela pour évincer les massacreurs de la démocratie et ceux qui ont mis votre parti en déroute, c'est de la déconfiture

Je vous félicite pour votre analyse censée et clairvoyante.
Mais voyez vous dans ce parti , seuls les anciens décident et ignorent et humilient ceux qui les ont servi, n'est ce pas ? Après on vous maltraite de traître


3.Posté par jade le 17/02/2014 14:43
c'est une bonne analyse Monsieur VERGES, y'en a marre de voir dans ce parti des gens qui ne font qu'insulter les autres qui n'ont jamais été élus et qui font de la politique dans leur bureau climatisé, qui donne des leçons et qui veulent nous faire croire que c'est eux les meilleurs, le pcr de paul vergès a fait beaucoup pour la réunion, maintenant, c'est un parti de vieux avec des jeunes à la te^te ils disent la même chose que les vieux... mais ils trahissent, en plus
courage, pierre verges

4.Posté par Foutant le 17/02/2014 21:27
Je n'ai jamais été communiste mais pour une fois, je suis entièrement d'accord avec vous. Parce que Monsieur Fabrice Hoarau est le fils de.... il se voit intronisé en tete de liste PCR sur Saint-Louis : ville où il n'a jamais été élu et où il n'a guère mené de combat politique. Inexistant dans l'opposition etang-saléenne, cet individu veut s'imposer sur Saint-Louis. Mais quelle honte. Rassurez-vous monsieur Vergès, nous saurons lui envoyer un message fort au soir du 1er tour...

5.Posté par Yvrain le 18/02/2014 10:42
Parce que Monsieur Fabrice Hoarau est le fils de.... il se voit intronisé en tete de liste PCR sur Saint-Louis
@@@@@@@@@@@@

Bof. PIOT aussi est fils de l'ancien maire et il attend cuit depuis petit sans être communiste même pas de gauche.

6.Posté par @Yvrain le 18/02/2014 14:12
Et pourtant Piot a été plébiscité par la quasi totalité des militants PCR des sections de Saint Louis et de La Rivière... avant d'être débarqué par le clan Hoarau parce que Piot ne souhaitait pas voir le fils de, plus "actif" sur Etang Salé avec le bonheur que l'on sait (demandez aux Leperlier comment il s'est comporté), sur la liste à Saint Louis. Tellement gros doigt que le protocole proposé à Piot et rendu public dans le Temoignages prévoyait que Fabrice Hoarau serait maire de l'ex future commune de La Rivière... comme si les Rivièrois n'avaient pas à dire leur mot avant que le gâteau ne soit espèr-cuit !!!!!!

7.Posté par JB le 18/02/2014 14:36
Pauvre Pierre, pour être poli ,tu sèmes l'embrouille partout ou tu passes.C'est bien reste à ta place,le Parti Communiste a besoin des élus gens qui travaillent et défendent la cause des petits peuples.Fabrice est un mec qui bosse depuis des années pour le parti et il porte fièrement la couleur de son parti à La Réunion , sur le sol Métropolitain et il est en contact avec les compatriotes de l’hexagone.

8.Posté par Garde à vous le 18/02/2014 20:48
Je suis d'accord avec JB : quand on est dans un parti, surtout comme le parti communiste, on doit fermer sa gueule et être aux ordres. Mieux : on doit chanter LiInternationale même si par ailleurs on doit faire des promesses, notamment de contrats d'embauches, qu'on ne tiendra pas, pourvu que l'élection soit gagnée. Après on pourra toujours dire que c'est le gouvernement, de droite ou du PS, qui ne donne pas les contrats !!! Et en ce qui concerne Jean Piot, il suffit de dire, maintenant qu'il n'est plus avec nous, que c'est un traître, comme Pierre, car il n'est pas avec le petit peuple (même s'il le côtoie en tant que médecin). En fait, on oublie trop souvent que le parti doit désigner le militant de base, surtout quand c'est le meilleur militant de base sur Saint-Louis (il a été élu secrétaire général au dernier congrès). D'ailleurs, le parti déconne parfois, par exemple quand il a fait voter les militants de section pour Piot. Il faut montrer que nous ne sommes pas comme les autres, tous les autres, et porter l'emblème des deux doigts sur notre chemise. Au moins on verra qui sont les vrais camarades !

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