inforeunion : Un regard Réunionnais - Ile de La Réunion - Océan Indien
sak ifé nout jordu ék nout demin

Pierre Vergès : "Le CRADS avait créé les conditions du changement à La Réunion"


Invité(e)
Vendredi 10 Mai 2013

"À l'époque (qui précède la Départementalisation du 19 mars 1946), La Réunion connaissait une situation économique et sociale  catastrophique. Sur le plan politique, tout n’était pas non plus très facile. C’est dans ce cadre que naît le CRADS (Comité républicain d'action démocratique et sociale). Les luttes sociales menées en France, dans les années trente, ont eu un écho considérable ici".


Pierre Vergès : "Le CRADS avait créé les conditions du changement à La Réunion"
"Dans les années qui ont précédé la Deuxième guerre mondiale, le mouvement syndical joue à La Réunion, un rôle décisif de remise en cause de la structure sociale.
 Le 11 mars 1945, se crée un mouvement politique, le CRADS (Comité républicain d’action démocratique et sociale).

Celui-ci regroupe les ouvriers, les fonctionnaires, entrés massivement dans le mouvement syndical, les planteurs et différentes personnalités, à l’image d’un grand propriétaire terrien, pourtant gaulliste affirmé.

 Le CRADS a eu une double caractéristique : il fut un large rassemblement très diversifié et a connu à sa tête des hommes réputés pour leur engagement syndical avant-guerre.

Il a aussi été la convergence des courants progressistes, de la petite et moyenne bourgeoisie locale, des intellectuels, des ouvriers et des paysans.

 Le CRADS est né de la volonté de deux Réunionnais : Raymond Vergès et Léon De Lépervanche qui avaient estimé que pour résoudre le problème de  la misère, il fallait changer le statut et passer de celui de la colonie à celui de département français.

Et, le statut de département permettait de bénéficier des lois et mesures contre la pauvreté existant en France : allocations familiales et vieillesse, salaire minimum, accès au soin, écoles etc.

1ère étape : les Municipales

Comme toute idée progressiste, celle de faire passer La Réunion du statut colonial à celui de département français a déplu aux conservateurs et aux réactionnaires.
Ceux-ci y voyaient la perte de leurs privilèges et un risque de ne plus détenir aucune parcelle de pouvoir.

 Parmi les mots d’ordre du CRADS pour ces élections municipales : La Réunion, département français ; les personnes âgées pourront ainsi bénéficier d’une allocation vieillesse, d’une meilleure protection sociale, la scolarisation gratuite pour tous les enfants.

Le 27 mai 1945 ont lieu les élections municipales.

Pour cette première élection au suffrage universel à La Réunion, l’administration ne soutient pas les fraudeurs.

Et pour la première fois, le résultat correspond au vote de la population.

Les listes présentées par le CRADS remportent les élections municipales dans 12 communes sur 23, dont toutes les grandes villes (Saint-André, Sainte-Suzanne, Saint-Denis, Le Port, Saint-Paul, Saint-Louis, Saint-Pierre).

 Les listes du CRADS totalisent plus de 60% des voix, consacrant le socle du changement.

2e étape : le Conseil général
 
Le 7 octobre 1945, pour les élections cantonales, malgré la fraude électorale, le CRADS obtient 22 des 36 sièges de conseillers généraux.
Léon de Lépervanche devient président du Conseil général.

 À noter que le CRADS a assuré l’élection des deux premières femmes conseillères générales : Vivienne Hoarau, épouse du maire de Saint-Leu, Mario Hoarau, et de Marie Vergès, tante de Raymond Vergès, maire de Saint-Denis.

3e étape : l'Assemblée nationale
 
Deux semaines plus tard, aux élections d’octobre 1945, Raymond Vergès et de Lépervanche sont élus à l’Assemblée nationale.

Les deux compatriotes réunionnais demandent avec des députés antillais et guyanais le changement de statut de l’île, ainsi que celui de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane.

Ils retrouvent à l’Assemblée nationale Aimé Césaire, Léopold Bissol et Gaston Monnerville.

Tous veulent rompre avec un système à bout de souffle.

Cela sera fait avec la loi du 19 mars qui stipule dans son 3e article : 
« Dès la promulgation de la présente loi, toutes les lois et décrets édictés pour la métropole seront automatiquement appliqués à ce nouveau département, sauf dispositions contraires insérées dans le texte ».

Un automatisme qui aura tout de même pris 50 ans à s’appliquer.

En se fixant comme ligne de conduite le rassemblement sur l’essentiel des intérêts réunionnais, le CRADS avait créé les conditions du changement à La Réunion".

Sur son blog



      Partager Partager

Les commentaires

1.Posté par changement au Port 2014 le 10/05/2013 07:18
restez dans votre tour d'ivoire, en 2014 les conditions du changement sont réunis au PORT

2.Posté par J.Claude Barret du MAR le 10/05/2013 10:38
"Deux semaines plus tard, aux élections d’octobre 1945, Raymond Vergès et de Lépervanche sont élus à l’Assemblée nationale." C'est vrai, mais à l'Assemblée Nationale Constituante - qui avait pour vocation de donner à la France désorganisée, ruinée une Constitution. L’Assemblée Constituante pouvait -elle légiférer pour transformer la Réunion - à 13 000 kms de la France en département français,? Ce qui a été fait, la loi de départementalisation votée le 16 mars 46 a été décrétée 3 jours plus tard, soit le 19 mars et les deux députés, en agent du colonialisme, les parrains de cette loi ont été jeté viré par les électeurs, l'un le 2 juin 46, soit 77 jours après à ce qui ressemble à un acte de forfaiture, et l'autre le grand mandarin viré le 16 juin, 91 jours après son vote - après une âpre bataille électorale sanglante où A; De Villeneuve fut assassiné par "une main noire". Comment ce l’extrait de " Cimendef" peut-il expliquer que cette loi de néo-colonisation a été décrétée 3 jours après konm si lé dépité navé lo feu o fèss, alors que les autres loi pour certaine ont dû, attendre 50 ans " Un automatisme qui aura tout de même pris 50 ans à s’appliquer. " On dirait bien que vous êtes prêt a refaire un grand manzé koson pour faire durer le plaisir et vous remplir les poches. Osons espérer que le peuple ne laissera pas abuser encore une fois pour éviter d’autres endiguement de la Rivière des galets.

3.Posté par Jako le 10/05/2013 11:07
Ré-écrire l'histoire est aussi une spécialité des hommes lettrés de Gauche…
Le Changement au Port arrive de la commune voisine avec le spécialiste de l'endiguement de la Rivière des Galets qui serait de retour avec la complicité de l'édile de la commune de Saint-Paul ?

4.Posté par crade le 10/05/2013 13:57
ouais on veut du crads mais a une condition, que popol di la vérité sur son patrimoine.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 27 Décembre 2013 - 01:00 Carburants : plus de 1000 emplois en danger