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PS : "Nicolas Sarkozy persiste dans la méconnaissance de la réalité réunionnaise"


Invité(e)
Vendredi 6 Avril 2012

"Les déclarations de Sarkozy à la Réunion démontrent sa méconnaissance de notre île et son manque de sérieux dans la recherche de solutions à apporter à la grave crise que nous subissons. En un mot : son mépris …"


PS : "Nicolas Sarkozy persiste dans la méconnaissance de la réalité réunionnaise"
"Nous craignions le pire suite à ses déclarations le 28 février dernier en réaction, sur une radio nationale, aux évènements qui ont récemment secoué notre île. Malheureusement, Nicolas Sarkozy persiste et signe.

Il persiste dans la méconnaissance de la réalité réunionnaise et jette le discrédit sur lui-même en tant que président sortant, sur ses collaborateurs parisiens au premier rang desquels la Ministre de l’Outre-Mer, Marie-Luce Penchard, et sur ses relais locaux que sont Didier Robert, Michel Fontaine et René-Paul Victoria qui se sont affichés à ses côtés tout au long de sa visite à La Réunion.

Les erreurs qu’ils font tous ne demandent pas des connaissances d’experts, d’universitaires ou d’autres sommités internationales, il s’agit d’erreurs grossières qui font injures au bon sens et à la connaissance du terrain. Elles sont énoncées avec un tel aplomb que même les journalistes locaux pourtant informés n’osent les contredire.

Comment annoncer que La Réunion verra son salut dans un développement endogène qui trouvera des débouchés suffisants dans un grand marché francophone de l’Océan Indien constitué de 80 millions de consommateurs ? Où vivent ces 80 millions de francophones ?

A Madagascar ? La population y est de 20 millions d’habitants avec une part de francophones très minoritaires et le pouvoir d’achat global d’un des pays des plus pauvres du monde ! Les îles environnantes cumuleraient 3 à 4 millions à terme (Il n’y a pas 90 000 habitants aux Seychelles) … Et surtout aucune organisation commerciale régionale ne permet de parler d’un marché unique ou accessible et les chiffres d’exportation de la Réunion vers ces pays restent structurellement embryonnaires.

En plein marasme économique, sans réelle piste pour une nouvelle dynamique, sans effort public pour retrouver la croissance, dans un marché local de l’emploi au point-mort, miser à nouveau sur des exonérations de charges patronales pour les secteurs économiques prioritaires et pour les jeunes de moins de 26 ans restera sans effet pour l’économie réunionnaise et pour l’ensemble des réunionnais.

Une fois de plus, face à la pénurie d’emplois, la seule aide va aux employeurs qui sont libres ensuite de les utiliser par aubaine ou pour améliorer simplement les profits de leurs entreprises. Ces mesures qui existent déjà ne créent pas d’emplois mais introduisent un risque de voir des pans de chômeurs restés exclus du marché du travail car leur recrutement ne bénéficierait d’aucun avantage.

Que dire de la façon insistante avec laquelle le président sortant présente le développement de l’agriculture et notamment de l’élevage comme une piste sérieuse de développement et un moyen de lutte contre la vie chère !

Les filières d’élevage sont certes performantes à la Réunion et servent d’exemple dans tout l’outre-mer français. Cependant, de par la taille des exploitations et le peu d’économies d’échelle possibles dans les structures de transformation, ces filières ne sont pas en mesure de proposer des produits « bon marché ».

Les industriels locaux de produits carnés préfèrent même s’approvisionner auprès des grands industriels européens pour leurs matières premières. Penser que la Réunion devrait s’appuyer sur ces compétences pour valoriser ses « vastes espaces » et ses pâturages, c’est méconnaître de façon élémentaire, et la géographie de notre île, et les contraintes imposées par le statut de Parc national et par le classement au Patrimoine mondial de l’Unesco !

Pour lutter contre la vie chère, celui qui se considère comme étant toujours le président en exercice au vu de la démonstration de précautions sécuritaires prises par l’Etat lors de ce voyage, claironne qu’il donnera six mois à l’Autorité de la Concurrence pour mettre à plat l’ensemble du système de distribution à La Réunion et dans les outremers.

Qu’a-t-il fait depuis les manifestations du LKP en Guadeloupe, de l’intersyndicale à Mayotte et du Cospas à La Réunion ? A quoi ont servi les Etats Généraux et Conseil Interministériel de l’Outre-Mer ?  Et surtout, pourquoi n’a-t-il pas donné cet ordre dès ces premiers évènements ? Cela nous aurait évité les répliques du mois de février.

Et encore, pourquoi ne pas donner un ordre aussi clair sur la question des prix des produits pétroliers plutôt que de chercher à assouplir les normes des produits achetés et donc se tourner vers des produits de moindre qualité ? C’est dans ce secteur que les monopoles et marges abusives semblent les plus évidents !

Dans le domaine de l’Education, là aussi, le président sortant semble réinventer des solutions qu’il a, jusqu’à encore récemment, nié ou pire démantelé. C’est une très bonne idée de lutter à la Réunion contre l’échec scolaire mais comment prendre au sérieux cette idée d’une somme individualisée destinée à un accompagnement personnalisé des élèves en difficultés. Pourquoi avoir réduit les moyens humains dans les écoles réunionnaises ? Pourquoi la lente agonie des RASED ?

Pourquoi la casse du service publique de l’Education de façon systématique pendant ces cinq dernières années ?
Nous découvrons à travers cette proposition le dessein régulièrement dénoncé d’une privatisation progressive de l’éducation.

Dicté par l’idéologie de l’UMP en la matière, le choix qui sous-tend est encore une fois de faire intervenir des intervenants privés pour un accompagnement des enfants. Cette vision de l’école nous ne pouvons l’accepter puisqu’elle reste guidée par la seule question budgétaire. Nous réclamons pour l’école à La Réunion une véritable ambition, une ambition de Haute Qualité Educative !

Au contraire du "grand prometteur, petit donneur", François Hollande a pris des engagements forts et clairs pour un développement solidaire de la Réunion avec, à l’esprit, une véritable espérance pour notre jeunesse !"

Parti socialiste



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Les commentaires

1.Posté par TEGO le 06/04/2012 06:05
Zilber ANET PS local grand stratège quand il ouvre la bouche , il ne sait ce qu'il dit sauf pour répéter à tout bout de champ " respect a mwin " en visite sur le Chaudron ou mieux dans les différents quartiers de la commune de Saint Denis . A part ça tout va M. Le marquis PS local !

2.Posté par petite citoyenne le 06/04/2012 06:29
Je regrette tellement que le candidat Sarkosy n'ait pas encore intégré dans son programme des mesures visant la moralisation de la vie politique.
Pourquoi n'aborde t-il pas la question de l'inéligibilité définitive des élus condamnés, comme il lui a été suggéré ici à la Réunion ? Comme certains membres de son partis ou des partis affiliés le prônent ?
Une proposition de loi a même déjà été faite par un député UMP à l'assemblée en juillet 2011.
Hollande et Bayrou proposent eux de reporter à 10 ans la durée de l'inéligibilité, c'est hypocrite.
Seule une mesure radicale pourra être efficace.
Pourquoi faire le choix de préserver quelques élus, quelques personnalités ayant fait preuve de malhonnêteté au lieu de miser sur le retour de la confiance des Français dans le système de gouvernance politique ?
Il est encore temps, non ?

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