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Ne "Mélenchon" pas tout !


Édito
Mardi 19 Avril 2011

"C'est un vrai discours de gauche". Paul Vergès a apprécié chaque seconde de l'intervention de Jean-Luc Mélenchon, co-président du mouvement national : le Parti de gauche. Hier soir à La Possession, le patron de l'Alliance s'est immergé dans une fontaine de jouvence. Et après ?


Ne "Mélenchon" pas tout !
L'ancien ministre du gouvernement Jospin, a encore clamé hier soir à La Possession, "qu'il n'y a rien au-dessus de la souveraineté populaire". Le sénateur de l'Essonne veut tout changer, y compris les institutions. "Les institutions nous appartiennent", a dit le député européen.

L'évolution institutionnelle (à des niveaux différents), c'est sans conteste le dénominateur commun entre Paul Vergès et Jean-Luc Mélenchon. Paul Vergès veut l'Assemblée unique "pour adapter les structures et cela pour mieux répondre aux besoins des Réunionnais et leur apporter des réponses plus efficaces".

Jean-Luc Mélenchon, candidat potentiel à l'élection présidentielle, lui, veut "une refondation républicaine de la France : élection d'une Assemblée constituante et fonder la Sixième République ; la sortie du traité de Lisbonne et la désobéissance europénne ; une sortie de l'Otan et de nos soldats d'Afghanistan".

Il est vrai que le discours de l'ancien ministre de l'Enseignement professionnel du gouvernement Jospin, tranche avec les positions traditionnelles et politiquement correctes. Il est vrai aussi que le parlementaire propose des solutions radicales : "Smic à 1.500 € nets, une retraite décente à 60 ans, l'instauration d'un salaire et d'un revenu maximum…"

Il est vrai enfin que "la révolution citoyenne" passe aussi par un repli de la France sur elle-même en matière économique : "la réduction de la libre-échange et un nouveau protectionnisme international et solidaire".

Paul Vergès pourra affirmer le contraire s'il le souhaite, mais ce n'est pas du tout sa vision politique et économique. Le communiste le sait : c'est l'argent qui confère le pouvoir, le peuple ne fait que légitimer ce pouvoir.

Aussi, ne croyez pas que Paul Vergès va adhérer au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Ce partenariat temporaire est intéressé. L'ancien président de Région Réunion a juste besoin d'un partenaire de dimension nationale qui "légitime" "la nécessité d'une évolution institutionnelle en France métropolitaine et dans les Dom-Tom". Ça c'est fait depuis hier soir à La Possesion.

Maintenant, il s'agit pour Paul Vergès de trouver l'autre partenaire, celui qui a une véritable opportunité pour gagner les présidentielles. Paul Vergès est trop stratège pour croire que Jean-Luc Mélenchon fait partie des présidents potentiels pour 2012.

Une certitude, si Mélenchon est bien placé, c'est sûr Paul Vergès aurait voté pour lui. Ne serait-ce pour la qualité de son discours et le courage et la témérité de proposer un véritable projet de gauche, et ce dans un contexte où l'économie (et surtout l'argent) a pris depuis longtemps, le pas sur la politique.

Jismy Ramoudou



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