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Mialy Robert : "Une question de choix"


Courrier des Lecteurs
Vendredi 9 Décembre 2011

"La vie politique n’est pas un long fleuve tranquille. Il est agité régulièrement non seulement par des élections, mais souvent et surtout par des prises de position. Ce sont celles-ci qui ont réellement un impact sur le cours des événements".


"Dans n’importe quelle société, et de tous temps, il y a des conflits d'intérêts :

Sarkozy défend l’idée d’une Réunion, modèle du développement durable, marchant vers l’autonomie de production électrique, mais ce même Sarkozy, coupe les ailes au photovoltaïque. Soit disant pour faire des économies budgétaires.

Existent aussi des conflits idéologiques : une société dans laquelle 52% vit sous le seuil de pauvreté est-elle à même de poursuivre son développement lorsque une partie des 48% restant vit plus que bien grâce aux surrémunérations ?

Des conflits sur des stratégies de développement : faut-il privilégier le tout automobile ? Ou faut-il prendre en compte les besoins actuels et les enjeux d’une île d’un million d’habitants ?

Mais est-ce bien en ces termes que s’est posée la question il y a un peu plus d’un an ? L’explication n’est-elle pas plus simpliste : puisqu’il est pour et qu’il est mon adversaire, je suis contre. Non par principe et philosophie. Mais seulement par opportunisme. Et surtout parce que je n’ai rien à proposer.

La contestation, c’est aussi une façon de faire éclore ses aspirations personnelles. Mon parti est pour l’incinérateur. Mais comme je suis à la tête d’une collectivité, et que mes administrés sont inquiets, alors je suis contre, même si je trouve que, finalement, cela peut être une solution.

Le divorce est passager et repose sur analyse différenciée. Le point de vue n’est pas le même, que l’on soit dans un bureau climatisé ou sur le terrain.

Mais la contestation peut naître aussi de positions divergentes sur la stratégie fixée par son parti. Ce n’est pas la contestation d’une stratégie, mais bien une  stratégie de contestation. Une manière d’exister politiquement.

Sur quoi repose cette stratégie de contestation ? Tout y passe, de la déclaration intentionnelle en vue de nuire (les « petites phrases assassines ») au lancement de rumeurs (un art savamment dosé, où l’on organise des fuites envers la presse).

Et les amis d’hier sont les ennemis de demain. Celui qui a « fait » tel politique se trouve cloué au pilori. Celui qui a été désigné successeur « tue le père » pour pouvoir régner en maître.

Le « maître » réagit, ce qui provoque une réaction de « l’ancien élève ». Et ainsi de suite.
Et pendant ce temps, au fil des élections, des confrontations, des succès ou des défaites, il n’y a toujours pas de rocade au bon endroit. Ou de port sec ailleurs.

Généralement, on définit la stratégie comme étant l'art de l'action humaine visant à atteindre des buts clairement définis.
On affirme également que c’est une attitude volontariste, puisqu’elle repose sur la volonté d’un groupe bien identifié et qui a envie d’agir.

Et c’est bien parce que le but et le groupe sont d’accord que la stratégie existe.
C’est d’ailleurs la condition fondamentale pour son succès. Tout comme sont indispensables les efforts que chacun devra fournir pour atteindre cet objectif en respectant les étapes préalablement définies conjointement.

Il y a parfois des incidents de parcours. Rappelez-vous avril 2002 : on fait l’union au 2e tour. Encore aurait-il fallu y être ! Chacun se rappelle la suite : un vote non d’adhésion à un homme (ou à un parti) mais un votre contre l’idéologie d’un autre. Pas facile de couler un bulletin au nom de quelqu’un qu’on a combattu pendant des années ! Mais ce choix était fait en toute connaissance de cause. On a choisi « le moins pire ».

En tant que socialiste convaincue mais non plus encartée du tout, j’ai gardé ce traumatisme. Je souhaite ne plus jamais le revivre et surtout pas en mai prochain.
Pas en France, mais pas non plus à La Réunion. Ce qui se passe à Sainte-Suzanne, même si ça ne me concerne pas car je n’ai pas non plus la carte du PCR, et que je n’habite pas directement la commune, tout cela m’interroge.

Certains disent que derrière les grévistes de la mairie de Sainte-Suzanne, ce n’était pas la droite. Je l’ai entendu dire plusieurs fois ces derniers jours. Si c’était vrai, c’est dangereux. Pour la commune, et pour la gauche.

Les socialistes réunionnais se querellent sans cesse, pour des questions tout aussi futiles. Ils se retrouvent, ils se séparent, ils se parlent, ils se tournent le dos. Mais au moins c’est quelque chose que je peux leur reconnaître : ils peuvent être unis au pire moment.

Mais c’est vrai que certains dépassent les bornes et vendent la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Certains affichent des soutiens. Mais je suis sûre qu’une sait à la fois où sont ses amis et où sont ses ennemis. Et un bon coup de gueule n’a jamais empêché de construire ensemble, un peu après".

Mialy Robert



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