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Mgr Gilbert Aubry : "La séparation des pouvoirs est une attitude franco-française"


Édito
Mardi 12 Février 2013

La démission du pape Benoît XVI, la quatrième dans l'histoire de l'Eglise, intervient dans un contexte social, économique et politique, complexe et tendu. Le Vatican n'échappe pas aux vicissitudes de la crise mondiale, de la gouvernance et des restrictions budgétaires. "Pour gouverner la barque de Saint-Pierre, la vigueur du corps et de l'Esprit, vigueur qui ces derniers mois, s'est amoindrie", a dit le pape qui s'arrêtera le 28 février.


Mgr Gilbert Aubry : "La séparation des pouvoirs est une attitude franco-française"
Le chef de l'Eglise de La Réunion a reçu la presse pour commenter la démission du pape Benoît XVI. Si la première partie où il a montré "combien est importante", l'œuvre amorcée par le successeur de Jean-Paul II, s'est déroulée dans un silence religieux, dans la deuxième, l'évêque n'a pas pu contenir sa colère lorsque les journalistes ont insisté sur "les affaires qui secouent l'Eglise" et le positionnement de la religion dans divers dossiers.

L'Eglise fait-elle ou doit-elle faire de la politique ? Quid de la séparation des pouvoirs ? "Une affaire franco-française", répond l'intéressé. Dans beaucoup de pays, cette question ne se pose pas". Mais se pose tout de même, la recherche d'équilibre entre la religion et la politique. Laquelle prime sur l'autre ? Quid du "Mariage pour tous" ? Même réponse. "L'Europe, c'est 27 pays, et pas seulement deux ou trois pays".

C'est un paradoxe. Car, le Vatican, état à part entière de 40 km 2, se comporte en tant que tel. Ses différents positionnements politiques dans les conflits armés, dans les guerres de religion et lors de projets de loi comme l'avortement, l'euthanasie, le mariage pour les couples du même sexe, la procréation médicalement assistée… ont souvent placé l'Eglise en première ligne. Ce que dit la Bible doit-il être texte de loi. Ceci est vrai dans certains pays musulmans. "Les deux sont liés".

Sauf que ce lien étroit n'a eu de cesse de créer également des ambigüités et de desservir l'Eglise au fil de l'Histoire. Même s'il est vrai qu'il y a parfois manipulation et "instrumentalisation", Mgr Aubry ne doit pas occulter un fait : la presse se bat aussi contre une attitude : le silence entretenu autour de la pédophilie de plusieurs religieux. "J'ai dénoncé cinq cas à la justice". Sans doute. Mais que dire du cas du père Jean-Marie Vincent de La Source ?

La presse ne juge pas. Elle expose les faits. Souvent implacable. Elle pointe du doigt ce qui ne va pas. C'est son rôle et sa mission. Avec ses qualités et ses faiblesses. Et si Dieu pardonnera tous les pécheurs, la presse elle, travaille au respect de la justice des hommes. Car, personne n'aime qu'on fasse du mal aux enfants…




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