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Les profs sont-ils sous payés ?


Dans la presse
Dimanche 12 Juin 2011

Ce dossier signé Gilles Grandpierre, publié en juin 2010 est sur le site L'union - l'Ardennais. La lutte contre l'échec scolaire passe-t-elle par une revalorisation salariale pour attirer  les meilleurs enseignants ?


Les profs sont-ils sous payés ?
L'angleterre et la Finlande ont trouvé la solution pour lutter efficacement contre l'échec scolaire. Les deux pays ont massivement augmenté le salaire de début des enseignants et abondamment communiqué sur le prestige du métier. L'effet ne s'est pas fait attendre. En moins de dix ans, les candidats ont afflué, redorant du même le blason d'une profession en mal d'image et de reconnaissance. « En Angleterre, c'est même devenu un des métiers les plus populaires parmi les jeunes diplômés », constate un récent rapport de l'Institut Montaigne qui fait de la revalorisation salariale la clé de voûte de la motivation enseignante.

Et donc de son niveau de performance.
Résultat : en Finlande, la réduction drastique de l'écart entre le salaire initial des enseignants et le salaire de fin de carrière a été ramené à moins de 18 %.
Notre système éducatif pourrait s'en inspirer mais la France est loin du compte.
Actuellement, un prof des écoles en fin de carrière gagne en effet 2 465 € net, soit près du double d'un débutant (1 301 €).
Et que dire de l'écart entre les rémunérations du primaire et celles des agrégés en fin de carrière (3 062 € net) ! Ou encore des primes refusées aux enseignants du 1er degré mais accordées à leurs collègues du secondaire, bénéficiaires d'une indemnité de prof principal, de conseil de classe ou de suivi et d'orientation des élèves ?


«Et pourquoi les heures supplémentaires sont-elles payées 21 € dans le primaire et 36 dans le secondaire ? », s'insurge une directrice d'école rémoise.



Autant de salaires que d'enseignants



Curieusement pourtant, ces disparités ne mobilisent guère les syndicats enseignants : « Le gouvernement a instillé dans la tête des fonctionnaires qu'ils étaient des nantis. Alors ils ne la ramènent pas », résume le secrétaire régional de l'Unsa, Éric Hébrard. Certes, mais c'est peut-être aussi pour éviter de voir remises à plat les très absconses grilles indiciaires et de supplément de traitement qui rythment les évolutions de carrière.

Des monuments de complexité qui font qu'il y a à peu près autant de salaires enseignants que d'enseignants eux-mêmes.
Le tout sur fond d'avancement systématique à l'ancienneté.
Pour l'institut Montaigne, c'est précisément là que le bât blesse.
«Pourquoi continue-t-on d'affecter et de rémunérer les enseignants en fonction de leur ancienneté et non en fonction des besoins des élèves ?», note le rapport pour qui l'Éducation nationale « ignore les principes de base de gestion des carrières ».


Pour l'Institut, une bonne « politique des ressources humaines » consisterait ainsi à éviter de nommer les débutants, donc les « petits salaires » sur des postes difficiles. Ou - plus iconoclaste encore - à introduire dans le salaire, une part fixe et une part variable « indexée sur les résultats obtenus par les équipes pédagogiques et pouvant aller, sous forme de primes, jusqu'au doublement du salaire de base » !
Il n'est pas certain que la proposition suscite un enthousiasme délirant…

Jismy Ramoudou



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