sak ifé nout jordu ék nout demin

Le nationalisme, cette "rougeole de l’humanité" (A. Einstein)


Courrier des Lecteurs
Lundi 6 Février 2012

Alors que Madame Le Pen est en visite dans notre île, nous, étudiants engagés à l’UNEF, nous ne pouvons passer sous silence nos convictions. Nous ne pouvons-nous résigner à nous taire au nom de la démocratie. Nous ne pouvons accepter le discours du Front National car il porte en lui les germes de la division, du rejet et de la haine des uns envers les autres.


Le nationalisme, cette "rougeole de l’humanité" (A. Einstein)
Modestement, à travers cette tribune, nous souhaitons faire entendre notre voix, considérant que la venue de la Présidente du parti d’extrême droite est une insulte à notre terre de métissage et de partage.

Notre histoire commune, le métissage de notre population, la culture créole en elle-même, représentent la volonté d’un groupe d’individus de vouloir vivre-ensemble dans le respect mutuel et l’acceptation des différences. La diversité des cultures, des religions et des origines de chacun d’entre nous donne à notre île cette beauté reconnue bien au-delà du territoire national.

Pacifistes et respectueux des êtres quels qu’ils soient, nous n’allons pas empêcher La Présidente du Front National de s’exprimer lors de sa visite, nous faisons confiance aux citoyens et notamment aux jeunes pour leur lucidité quant à sa candidature et aux idées nauséabondes qu’elle porte.

Lors du quinquennat qui est en passe de s’achever, nous avons été témoins des désastres de toutes les politiques à penchant nationaliste développées par messieurs Hortefeux et Besson ou encore, l’actuel ministre de l’Intérieur, Claude Guéant qui nous apprend chaque jour que le risque zéro de la bêtise n’existe pas.

Cette proximité de la droite avec les idées nationalistes renforce incontestablement le Front National, qui défend d’ailleurs l’idée de refuser le droit au logement dans les résidences universitaires aux étudiants étrangers.

Nous le disons avec force et conviction : l’Université de La Réunion, forte de son rayonnement dans l’Océan Indien, doit pouvoir accueillir les étudiants d’où qu’ils viennent, quel que soit leur nationalité, car le partage des savoirs et des compétences ne doit avoir aucune frontière.

Résolument tournés vers l’avenir, nous pensons que les défis que l’humanité doit relever au cours des décennies à venir nécessitent de favoriser la solidarité et la coopération plutôt que la fragmentation. Il est grand temps de construire des ponts, et non plus des murs entre les populations.

Nous n’oublions pas l’histoire du Front National, nous n’oublions pas que les idées défendues par la famille Le Pen mettent en danger la cohésion de notre génération, de nos universités, et de notre île unie dans la diversité. Nous gardons en tête que le Front National de Madame Le Pen n’est aucunement différent de celui de son père, Jean-Marie Le Pen. Seul le visage de la présidence a changé.

La nouvelle Présidente poursuit dans la même voie : pour s’exonérer des vrais problèmes auxquels nous sommes confrontés, elle désigne des boucs émissaires qui seraient responsables de tous nos maux.

A cette manière très primitive et simpliste de faire de la politique, nous opposons à notre échelle la complexité des enjeux et donc des réponses à apporter. Les idées du Front National sont celles d’un autre temps, d’une autre époque.

Nous en sommes persuadés: notre génération saura impulser de la radicalité en humanité pour que nos démocraties ne soient plus la proie d’extrémistes qui, comme Marine Le Pen, tente de sacrifier sur l’autel du fanatisme, le vivre-ensemble de nos sociétés.

Les militants de l’UNEF Réunion.

UNEF



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