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Le Rectorat, une éducation au rabais et une posture méprisante


Édito
Mercredi 31 Août 2011

Mostafa Fourar, Recteur de La Réunion, veut que la commune de Sainte-Suzanne transporte les enfants des "Hauts" vers les "Bas", suite aux différentes fermetures de classes intervenues lors de cette rentrée scolaire. A-t-il pris le temps, ne serait-ce quelques secondes, de réfléchir à tout ce que cela entraîne pour les enfants et les parents.


Le Rectorat, une éducation au rabais et une posture méprisante
Comme réponse à la demande légitime des parents d'élèves de Ste-Suzanne, le Rectorat propose une "mesurette" qu'il n'aura même pas à assumer : "demander à la municipalité de transporter les élèves des "Hauts" vers les écoles des "Bas" de la commune".

Le Recteur préfère la logique de comptable à celle du service public. Première certitude. Le patron de l'Education nationale a fait son choix : les bonnes notes de sa hiérarchie (c'est essentiel pour la carrière), plutôt que les bonnes statistiques de réussite des élèves.

Seconde certitude. Le Recteur, dos au mur face à des parents déterminés, n'a pas mesuré la portée de cette proposition. Celle-ci est en premier lieu discriminatoire. Pourquoi, seuls quelques élèves doivent "émigrer" vers les "Bas'. Comment les choisir (ou les punir : réveil plus tôt et mise en place d'une autre organisation) ?

Et à quels parents faut-il créer plus de soucis, le matin ? Remarquez si ça marche, les écoles des "Hauts" pourront être "vidées", et celles des "Bas" atteindront rapidement les trente élèves par classe. C'était déjà le cas dans les années 70/80. Le nombre croissant d'illettrés le confirme.

Troisième certitude. L'Education nationale à La Réunion, est en marche arrière depuis des années déjà : suppression de postes d'enseignant et de fonctionnaires, réduction des outils de l'enseignement spécialisé, abandon de la construction de deux lycées pour manque de professeurs, absence de véritable projet pédagogique propre à l'environnement local…

Volontairement ou involontairement. Mostafa Fourar prépare la fermeture des écoles des "Hauts". C'est logique. Si quelques enfants des "Hauts" peuvent descendre vers les "Bas", pourquoi s'arrêter en si bon chemin, surtout que la tendance est aux économies d'échelle.

Un pays définit son avenir à la qualité de l'éducation proposée à ses enfants. Il y a ici une incohérence entre les objectifs de l'Education Nationale et la gestion à la petite semaine du Rectorat. Et l'égalité des chances ? "Nous ressentons cette proposition comme du mépris", ont dit des élus et des parents d'élèves.

"Chacun a le droit de penser à sa carrière. Nous, nous pensons à l'avenir de nos enfants. Au lieu de proposer des solutions, le Rectorat en rajoute à nos problèmes. Un  Recteur remplacera ce Recteur. Un fonctionnaire remplacera un autre fonctionnaire. Nos problèmes, ceux des parents et des enfants, eux, seront toujours là. Notre peur de l'avenir. Aussi."

C'est une certitude.




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