sak ifé nout jordu ék nout demin

La pièce de Mme Dindar


Courrier des Lecteurs
Mardi 20 Mars 2012


On pourra dire ce qu’on veut, mais c’est sur le long terme que l’on peut comprendre une trajectoire politique.
 
Parfois, cette trajectoire est fulgurante, car elle ne s’embarrasse pas de principes. Un seul objectif : exister ! Une seule qualité : être capable de trahir, pardon, de retourner sa veste ! Un seul défaut de cette qualité : dire n’importe quoi, pourvu que ce soit en bon français, pour espérer que ça passe !
 
François Bayrou est un homme bien, quoi qu’on en dise. Il a le courage de ses idées. Il les défend souvent seul, contre les appareils politiques de droite et de gauche.
 
En voyage aux Antilles, le candidat du Modem à l’Elysée déclare « indispensable de se mettre autour de la table et de dire voilà ce qu'on va faire dans 5 ans, 10 ans ou 20 ans, un plan de développement pour chacune des régions d'outre-mer».
 
Honnêteté, en ce sens qu’il ne cache pas le vide de ses propositions pour l’outremer, préférant, c’est tout à son honneur, s’en remettre aux propositions locales.
 
C’est là que je veux en venir. Pièce de théâtre en plusieurs actes. Impossible de les citer tous. Citons seulement quelques-uns.
 
Acte 1 - Après avoir « flirté » avec Sarkozy, Nassimah Dindar s’est « pacsée » avec la gauche en allant pleurer dans les bras de Paul Vergès, parce que la droite locale voulait la virer, lui préférant Jean-Louis Lagourgue.
 
Acte 2 – En 2010, après avoir montré que le candidat UMP Didier Robert n’avait pas sa faveur, elle annonce son soutien pour celui-ci au 2e  tour des régionales.
 
Acte 3 – En 2011, elle constitue à nouveau une majorité avec PS et PCR ! Bien sûr, c’est pour le bien de La Réunion (Ahahah), rien à voir avec le fait que c’est parce qu’elle reste présidente !
 
Acte 4 – Le lendemain de son élection à la présidente du département, elle annonce sur Radio Réunion que pour les présidentielles, son cœur bat pour Jean-Louis Borloo. Vous savez, celui qui a été candidat pendant quelques semaines, avant de « jeter l’éponge » restée sèche.
 
Acte 5 – Alors que le fait de voter aux primaires socialistes les 9 et 16 octobre impliquait que soient partagées les valeurs de la gauche, la citoyenne Dindar déclare se réjouir de participer à ces primaires pour un parti qui ne sera jamais le sien. Là, je m’avance beaucoup, les robes peuvent aussi être roses et réversibles !
 
Acte 5 – Janvier 2012, après avoir dit qu’elle retrouvait sa famille politique, la voilà qui veut rouler pour… Bayrou. Ne riez pas : c’est sans arrière pensée ! D’ailleurs, elle a lancé un mouvement, « J’adhère », qui serait différent de la « Droite sociale » de Ibrahim Dindar, tout ça étant aujourd’hui au service du Modem de Thierry Robert ! Vous suivez ?
 
Acte 6 – Le 8 mars 2012, au meeting de lancement de la candidature de Nassimah Dindar aux législatives (pas de lancement de la campagne de Bayrou aux présidentielles, faut quand même pas déconner !) Ibrahim Dindar, qui décidément n’en rate pas une, déclare sur une télé que sa femme serait bien restée à l’UMP, mais ce sont les umpéistes locaux qui ne voulaient pas d’elle. Bonjour les convictions !
 
Acte 7 – Retour en arrière avec le communiqué du 28 janvier de Nassimah Dindar expliquant son choix pour Bayrou. Est-ce pour le projet Modem pour l’outremer qui n’existe pas ? Non, et qu’importe puisque la généreuse désintéressée Dindar souligne que Bayrou «ne manquera pas de travailler pour l’avenir de La Réunion et son rayonnement dans la France, dans l’Europe et dans l’Océan Indien.
 
Est-ce pour une simple préoccupation présidentielle ? Comment en douter puisque « Convaincue par l’homme et son projet » (sic), elle a décidé de lui apporter son «  soutien dans sa démarche et de porter haut les couleurs de sa candidature».
 
Et comme Bayrou n’est pas « chien » selon l’expression populaire, il devra tenir compte de la volonté  de Dame Dindar d’être candidate et que lui soit renvoyé « l ‘ascenseur ». Après qu’elle se soit prononcée pour Hollande au second tour ? Ou pour Sarkozy ? Attendez, ne soyez pas impatients, la pièce de théâtre n’est pas achevée. En attendant applaudissez !
 


Sandrine Manon



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Les commentaires

1.Posté par MCB le 20/03/2012 14:26
3 actes pour un Vaudeville.
Dans un Vaudeville, se mêlent quiproquos, chutes, méprises, malentendus ... Si vous n'avez pas bien suivi le début de la pièce, au 3è acte, vous avez en général tout compris.
Mais une pièce en 7 actes, ça a de quoi vous embrouiller l'esprit, tant l'intrigue paraît complexe. Entre les flirts, les pacs, les mariages forcés, les divorces, les remariages ... même une chatte ne retrouverait plus ses petits dans cet imbroglio, qui s'apparente davantage à une tragédie grecque au théâtre de Dionysos.
Applaudir oui mais encore faut-il saisir l'essentiel de la pièce!

2.Posté par spectateur le 21/03/2012 03:57
Mais qui se cache derrière Sandrine Manon, le Parti Comme Reste
arrêtez vos critiques et vos remarques insignifiantes
Vous avez fait la même chose dans le passé c'est cela le jeux politique et ND a compris comment surfer sur ces vagues et d'autres femmes politiques vont et le feront aussi demain, bienvenu dans le jeu théâtral du monde du pouvoir, n'est ce pas Pierre V

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