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La langue créole Réunionnaise en voie de disparition ?


Culture - Kiltir
Lundi 11 Juin 2018

Les Réunionnais perdent leurs traditions, leur mode de vie, leurs connaissances et savoirs, leurs art culinaire, mais qu'en est-il de leur langue ?


Jusqu'au début des années 90 la quasi totalité des réunionnais ne parlaient que le créole. Le parler français était "honteux" pour cette grande majorité.
Alors qu'elle est la langue de la réussite scolaire, le garant de la réussite sociale. Avec le taux de chômage ravageur que nous connaissons actuellement.

Aujourd'hui encore beaucoup de nos parents et de nos grands parents ne parlent pas le français. 
Presque trois générations plus tard, les Réunionnais se sont emparés de cette langue, malgré l’effort nécessaire pour laisser sa langue maternelle au portail de l’école. Instruits, diplômés, la grande majorité maîtrise la langue française et bon nombre d’autres langues aussi. 

Cette évolution qui peut paraître comme très positive, a une ombre à son tableau et pas des moindres. Notre langue maternelle à été "l’oubliée" du cursus de l'éducation nationale à La Réunion. La langue de nos parents, de nos grand parents et de leurs parents et de notre naissance ne doit plus être visible à partir du moment où l’enfant Réunionnais met ses pieds dans la cour de l’école. Il doit dans bien des cas faire en silence et dans la douleur, la liaison entre ce qu’il sait et ce ce qu’il doit acquérir. 

Comment ne pas faire un rapprochement entre cette "oubli" et l’échec scolaire ?
Comment peut on ne pas se sentir exclu quand sa langue maternelle n'est pas enseigné et n’a pas droit d’exister dans le temple des apprentissages ?!
Comment survivre dans une école qui tente de vous inculquer de force une histoire qui n’est pas la votre ? 

Cette exclusion de la langue et de l'histoire des Réunionnais des programmes scolaires, à pour effet, la perte de confiance en soi et le développement d’un sentiment d'infériorité qui ne leurs laisse que peu de choix : 
- ou s'assimiler à un pays qui n'a pas la même langue, ni la même histoire, ni les même modes de vie, ni les mêmes traditions, ni les mêmes saisons, etc… 
- ou le décrochage scolaire,
dans les deux cas, il s’agit d’un suicide social. 
Et certains se demandent encore lors de réunions dans des bureaux climatisés pourquoi il y a environ 120 000 illettrés à La Réunion...

Les conséquences de ces exclusions dans la société Réunionnaise sont une frustration immense.
Il a entraîné le refus de beaucoup de parents Réunionnais d’utiliser leur langue créole avec leurs enfants. Allant même jusqu’à l’interdiction du parler créole dans les familles et privant ainsi l’enfant de sa langue maternelle. 

Ce triste constat est le résultat d'une assimilation qui a poussé une majorité de Réunionnais à croire que sa langue n'était pas une langue, que parler leur langue maternelle était dévalorisant, que parler français était signe d'intelligence et qu'il était impossible de réussir sa vie si on parlait créole.

Des artistes et personnages en vues se sont donnés à cœur joie de dénigrer cette langue toujours dans le but d’inférioriser une partie de la population.

Heureusement que des Réunionnais ne se sont pas laissés bercer par le chant des sirènes… Ils aiment et sont fiers de leur langue. Chanteurs, écrivains, poètes, conteurs, enseignants, citoyens parlent, chantent, écrivent, racontent, enseignent notre langue. 
Notre langue créole survivra-t-elle grâce à tout ceux qui en sont fiers ou finira-t-elle par disparaître dans les années à venir ? 

Un peuple, qui oublie son passé, oublie sa langue, perd son identité, se fait dicter son avenir par d’autres, est condamné à disparaître. 
 


LORAN DALO



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Les commentaires

1.Posté par Dzhinms le 12/06/2018 22:08
Gayar zartikk, Loran. Si, konm ou di, réyoné té koz kaziman aryink kréol zané katrevin-dis, fodré war kosa la shanzhé depu tan-la : télé, lordinateur, téléfone, smartfone... tout tèknolozhi dstans i pe ètt zouti po kraz kultur lokal. Bétonizasyon èk supèrmarshé lé kouyon osi, sa.

2.Posté par Monik le 13/06/2018 12:44
"Le déracinement et la perdition commencent par la perte de sa langue maternelle" Nanan-akassimandou la ékri. M'i koné pa mesyé-la mé sat l'i di-la i toush amwin akoz m'i koné sa lé vré pou vréman. Mwin lé dakor sanm ou Loran Dalo. M'i oi sa otour d-mwin toulézour: si n'i bat in zyé n'i pérd nout lang matérnèl. Mon prop tizanfan té i koz rienk kréol. Dék la rant la krèsh la komans antann rienk fransé otour d-li. La l'i fini son ti séksion matérnèl. Koméla l'i koz rienk an "je" (lo "je" lé inportan pou li dan son vi toulézour!!!) é l'i may sa èk bann striktir an kréol akoz l'i koné bien lo bann striktir. Na défoi l'i sort kalité fraz an fransé ousa l'i anploiy bann "pronon konpléman dobzé dirék" , "Hallucinant"....M'i koné pa kansa li va demann ali kèl lang li l'apou kozé, koman sa s-fé l'i koz pa konm nou...Tardra viendra ousa li sora asé gran pou konprann sa. I fodra nou lé bien prézan zour-la pou di ali lé inportan gard son lang matérnèl, la lang son papa-manman la donn ali.
"C'est un devoir d'aimer sa langue maternelle. La négliger est un signe de décadence morale". (Docteur Motta). M'i koné pa kisa li lé non pli mé m'i trouv sat l'i di lé vré osi.

3.Posté par Armand GUNET le 26/06/2018 15:23
Sela fé lontan ke gé di à Axèl Govin kil été le fosoyeur du patwa kréol an lékrivan kom du p'ti nègr.
Avek plu de 90 % de mo fransé, il fo ékrir le kréol de fason étimolojik.

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