sak ifé nout jordu ék nout demin

La diabolisation de Tariq Ramadan occulte l'intérêt, la qualité et la profondeur de son message


Édito
Jeudi 11 Avril 2013

Il y a d'abord l'homme. Charismatique. Plus chercheur que professeur. Conquérant. Cartésien, sauf pour sa foi en sa religion. Pédagogue tout au long de son intervention. Sobre dans ses propos et son gestuel. L'homme cultive l'humilité. Il a contenu les applaudissements, mais s'est soumis avec plaisir à l'assaut de ses "fans" qui l'ont assailli pour un autographe, une photo ou juste pour quelques mots. C'était à la fin de sa conférence. C'était hier soir à l'ancienne mairie de Saint-Denis.


La diabolisation de Tariq Ramadan occulte l'intérêt, la qualité et la profondeur de son message
La Réunion dans toute sa diversité, a une nouvelle fois honoré l'"islamologue, théologien, professeur et universitaire d'Oxford". C'est un paradoxe de faire tout un fromage d'un "p'tit Suisse". A voir les visages radieux (il y a même un qui a plané) des 250 personnes présentes hier soir, Tariq Ramadan a touché les cœurs, les consciences et sans doute certaines âmes, qu'ils soient "musulmans, hindous, chrétiens, juifs, athées ou agnostiques". Il est vrai que l'intervention a été de qualité. Et, la quête commune reste "une société égalitaire".

Hier soir, tous étaient égaux dans l'ancienne mairie de Saint-Denis. Ils en ont eu la sensation au moins le temps de la conférence. Exit la tenue vestimentaire, les signes religieux ostentatoires, les limites confessionnelles ou identitaires et les controverses ou polémiques autour de ce qu'est ou pas Tariq Ramadan. "C'est vrai, je suis diabolisé, mais cela ne me touche pas. Et ce même si cette image négative que l'on véhicule peut être une barrière à mes messages". L'intéressé préfère mettre l'accent sur l'essentiel. "C'est ce que j'ai fait ce soir (ndlr : hier soir), parler, échanger et l'éducation populaire".

Hier soir, l'image de Tariq Ramadan a encore grandi à La Réunion. Car, il a parlé de La Réunion à des Réunionnais. Il a parlé d'égalité. Justice. Respect ("Nous l'est pas plus, nous l'est pas moins, respect à nous). Et dignité. "Ne laissez pas ceux qui viennent de l'extérieur faire évoluer cet exemple que vous êtes, sans vous. Votre exemplarité. Ce vivre-ensemble. Cette pluralité multi-culturelle". "Un équilibre fragile" a précisé l'universitaire à Fatma. "Pourquoi, notre vivre-ensemble est fragile", a-t-elle demandé.

Tariq Ramadan avait répondu pendant son intervention. "Ne laissez pas la crise, les difficultés ou d'autres éléments, mettre en péril cet équilibre. Ne vous laissez pas tenter par le repli identitaire".

La foi, la religion, l'athéisme, l'agnosie, et leur pratique joue un rôle essentiel dans la recherche de solutions et le maintien de cet équilibre, "dans la séparation du pouvoir, la laïcité et l'égalité". L'universitaire ne l'a pas suggéré. C'était sous-jacent. Hier soir à l'ancienne mairie de Saint-Denis, Tariq Ramadan a suscité l'intérêt : la place et la mission de chacun(e) dans la quête de l'égalité et l'équilibre...




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Les commentaires

1.Posté par Jako le 11/04/2013 06:59
Encore une goyave de dehors qui nous trouve bons pour être exhibé aux yeux des Européens pour la couleur qui se dégage de notre exemple harmonieux… Déjà vu, ils sont tous comme ça !
Lé la jus pou bouche not zyé, é pass la min ousa i ginye avan dalé si i rés pa la… Kréol i inm kan i karés a li… é banna la konpri !

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