inforeunion : Un regard Réunionnais - Ile de La Réunion - Océan Indien
Pour une info de qualité…

"La Région veut maintenir l'île sur la route du NON développement durable !"


Politique
Vendredi 15 Mars 2013

"Alors que l'octroi de mer alimente notre modèle féodal, encourage le clientélisme de nos politiques, préserve les rentes et privilèges d'une oligarchie locale, la Région persiste dans cette voie. Sans stratégie fiscale notre île est condamnée au marasme économique et social".


"La Région veut maintenir l'île sur la route du NON développement durable !"
Or, la fiscalité de la Réunion est historiquement assise sur les intrants sur le territoire, à travers les droits de douanes. L'impôt indirect (octroi de mer, TVA, taxe sur la consommation de tabac) constitue la principale source de recettes de nos collectivités locales. Ces ressources fiscales s'appuient essentiellement sur l'impôt indirect car la fiscalité directe demeure limitée (sur 1534,6 M€ d'impôts en 2008, 76% d'impôts directs contre 24% d'impôts indirects).  

En effet, notre fiscalité avantage le contribuable : abattement d'IR (30%) et d'IS (1/3) ; rendement faible des quatre taxes locales (taxe d'habitation, taxe foncière sur les propriétés bâties, taxe foncière sur les propriétés non bâties, contribution économique territoriale) car la base fiscale est plus faible qu'en métropole et les bases d'imposition sont elles-mêmes faibles.

L'octroi de mer est donc la première source de recettes fiscales pour les communes et assure une forte contribution au budget de la région. Viennent ensuite la taxe spéciale de consommation sur les produits pétroliers (TIPP) qui alimente les caisses de la région, le droit de consommation sur le tabac, le département et la TVA, l'Etat.

Dans ce contexte, on n'est pas surpris que la Région Réunion encourage les importations au détriment de la production locale et de l'export. On n'est pas non plus surpris qu'elle veuille alimenter le clientélisme et l'esclavagisme de nos élus et serve les intérêts d'une minorité économique.

Et pourtant, une alternative serait de supprimer l'octroi de mer en faveur d'une TVA à deux vitesses, à taux plein sur tous les produits et services (alors que les services sortent du champ de l'octroi de mer) que nous pouvons produire ici et à taux réduit sur les autres biens et services.

Cette alternative a le mérite d'inscrire notre île dans une véritable stratégie fiscale au service du développement, préservant ainsi la production locale et contribuant à la transparence des prix.

Enfin, la TVA est déjà en place à la Réunion, les coûts et procédures "d'adaptation" seraient limités ...

Depuis les années 1960, l'octroi de mer est utilisé comme outil d'appui à la production locale et au développement économique. Mais peut-on parler de développement quand aujourd'hui plus de 50% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ? Peut-on parler de développement quand nos indicateurs sociaux et économiques sont tous dans le rouge ?

Le temps du bon sens et du refus du nombrilisme, c'est maintenant !

Yanis Payet



      Partager Partager

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter