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La Région Réunion de nouveau pointée du doigt sur sa gestion


Politique
Samedi 2 Juillet 2016

Le Conseil régional de La Réunion avait déjà été considérée comme « la région la plus mal gérée de France », son président, comme faisant parti des « 500 qui bloquent la France ». En cause, l'explosion des dépenses de fonctionnement depuis 2010 avec notamment une envolée des dépenses de personnels et les choix politiques qui sont faits en matière d'investissements.


​Tribune libre de Thierry Robert

La Région Réunion de nouveau pointée du doigt sur sa gestion
La Chambre régionale des comptes évoquait elle-même dans un rapport « l'écart entre les charges de personnels de la Région Réunion et les régions de métropole s'est fortement accentuée ».

La dernière enquête de l'INSEE pointe à son tour les dépenses de personnels de la collectivité régionale : alors que ces dépenses ont évolué moins fortement en 2015 par rapport à 2014 dans les administrations, la Région détient le « record toutes catégories » avec une augmentation de ses dépenses de 9,7%.

Le Compte administratif et le bilan d'activités de la Région présentés à la dernière assemblée plénière indiquaient des dépenses de personnels à hauteur de 129 millions d'euros en 2015, soit 2531 agents. En 2010, ce poste de dépense à la Région représentait 62 millions d'euros pour environ 1 400 agents. En d'autres termes, les effectifs de la Région ont doublé depuis l'arrivée de ce Président de Région !

Même s'il s'agit d'emplois et parce qu'il s'agit, faut-il le rappeler d'argent public ces chiffres interpellent. Certes la Région a du faire face à des transferts de compétences et à l'instauration de nouveaux services, mais cela suffit-il à justifier une telle augmentation ? Créer de l'emploi ne veut pas forcément dire créer du travail.

La question est légitime et il appartient au Président de Région d'apporter des éclaircissements, des réponses aux questions voir, de lever les suspicions que peuvent susciter ces chiffres et notamment l'augmentation conséquente des dépenses de personnels en année électorale.

L'assurance d'une bonne gestion de l'argent public et le maintien d'une bonne santé financière de la collectivité permettra aussi de garantir le financement des investissements.

Or, à la lumière des dérives constatées lorsque Didier Robert était à la tête de la mairie du Tampon et de la Casud et du gouffre financier qu'il a creusé, cette flambée des dépenses de personnels est un indicateur négatif en terme de gestion et requiert une grande vigilance.

Il ne faut pas oublier que ces chiffres concernent que la Région mais qu'il y a aussi les satellites de la Région: SPL Maraina, SPL Energies, Nexa, IRT, ... sur ce point pas plus de transparence et de vision mais une chose est sûre, c'est que ces organismes vivent en très grande partie quand ce n'est pas totalement, sous perfusion financière de la Région.

Face à ces chiffres inquiétants, l'autre constat que révèle cette étude de l'INSEE est que l'action de la Région n'est pas, comme j'ai eu l'occasion de le dire à la dernière assemblée plénière, à la hauteur des enjeux économiques et sociaux.
Le chantier de la NRL sur lequel est mis pour le moment, 1,6 milliard d'euros d'argent public a des effets très limités sur l'économie locale : il limite à peine la casse engendrée par les choix politiques de ces dernières années. D'ailleurs selon l'INSEE, l'impact du chantier sur l'économie est moindre en 2015 qu'en 2014 !
Quant à la branche bâtiment, elle poursuit sa descente aux enfers sur laquelle les professionnels du secteur ne cessent d'alerter les pouvoirs publics.

Ainsi il semble que la Région dépense plus pour moins de résultats, c'est un problème d'objectifs, de choix et de prise en compte du retour sur investissement : une politique au service de La Réunion et des Réunionnais ou une politique en faveur de quelques uns au détriment de tous les autres.

Toutes ces questions, qu'ils s'agissent des dépenses de personnels qui flambent ou de la pertinence des choix en matière d'investissements auraient eu toute leur place au sein de la commission d'évaluation qu'a suggérée le LPA dès le début de la mandature et refusée par la majorité régionale. Il n'est jamais trop tard pour bien faire...

Thierry ROBERT



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